<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134</id><updated>2011-10-01T08:48:10.908-07:00</updated><category term='Villa Tunari'/><category term='Espiritu Pampa - Ivochote'/><category term='Vallee Sacree'/><category term='La Paz'/><category term='Argentine'/><category term='Trinidad'/><category term='Cusco'/><category term='Chili'/><category term='Choquequirao - Salkantay'/><category term='Nord-Ouest-Argentin'/><category term='Sajama'/><category term='Lago Titicaca'/><category term='Rurrenabaque'/><category term='Potosi'/><category term='impressions de voyage'/><category term='Patagonie'/><category term='Cordillere Vilcabamba'/><category term='Nevado de Cachi'/><category term='Reserva de la Biosfera Pilon Lajas'/><category term='Huayna Potosi'/><category term='Machu Picchu'/><category term='Iskanwaya'/><category term='Perou'/><category term='Colca'/><category term='Lima'/><category term='Ausangate'/><category term='Arequipa'/><category term='Bolivie'/><category term='Pequeno Alpamayo'/><category term='Salar d&apos;Uyuni'/><category term='Santa Rosa'/><category term='Nord-Chili'/><category term='Buena Vista'/><title type='text'>Tout au pif</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>37</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-4234644381844379751</id><published>2008-03-24T07:46:00.000-07:00</published><updated>2008-03-24T07:47:53.732-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Patagonie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chili'/><title type='text'>La montagne qui était plus jeune que nous</title><content type='html'>&lt;style type="text/css"&gt;&lt;!--   @page { size: 8.5in 11in; margin: 0.79in }   P { margin-bottom: 0.08in }  --&gt;&lt;/style&gt; Elle fumerole encore gentiment sur les bords du petit cratère Navidad né un jour de Noël, il y a un peu plus de 20 ans. Il a poussé gris-noir au pied de son grand frère rose-grenat, bien plus âgé et bien plus haut, le volcan Lonquimay. Un immense fleuve de lave figée en coule et comble une immense vallée. Son front a par endroits obstrué le lit du rio Colco : des lagunes vertes et complètement limpides mais angoissantes, où surnagent les troncs morts des arbres piégés par les eaux, sont coincées entre le front de lave et la piste. Ailleurs, ce sont des immensités de cendres, de sable noir, de scories, de blocs de basalte où le pied ne tient pas. Souvent, le sol s’affaisse sous nos pas - un terrier de tuco-tuco ou de lapin, trop fragile dans ce sol aéré.    &lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;Le tour du cône est l’occasion d’une marche de sept jours, pour goûter chaque pas de cette dernière escapade sauvage de fin d’été. De splendides forêts jalonnent l’itinéraire ; les araucarias surtout, parfois millénaires, sont magnifiques, encore plus beaux que ceux dont on se souvenait depuis le Lanin, avec leurs troncs-puzzles décorés de lichens, leurs têtes burlesques qui dépassent de la forêt, et ils ont fait mûrir leurs fruits ! De temps en temps, les arbres nourrisseurs jettent des graines, les piños de Pewen, comme des pignons de pin géants, au goût plus doux, très savoureux grillés et très appréciés des perroquets aussi. De beaux cadeaux des arbres, comme des châtaignes pointues, dégustés en marchant, ou à l’apéro, ou avec les pâtes du soir.  &lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;L’avant-dernier jour, au bout d’une équipée éreintante à travers le sol mouvant, dans un vent cinglant, on découvre le cratère coloré du Lonquimay, aux parois fines et hautes, rempli de neige, vers 2700 m. Tout près, son pseudo jumeau, le volcan  Tahualpa, beaucoup plus glaciaire et sauvage (il y a trois télésièges plantés en bas du Lonquimay, dérisoires mais très laids) au pied duquel on a campé les premiers jours du trek ; un peu plus loin, le fameux Llaima, redevenu tout sage depuis ses éruptions de janvier, et le Villarica couronné noir sur fond blanc en arrière dans la brume. Pour la dernière fois, des condors nous survolent, surtout un jeune très curieux, au point qu’on le soupçonne de vouloir s’emparer du sac à dos de J, abandonné un peu en contrebas.&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;Des pics de Magellan couinent, car ici aussi les lengas s’ocrent en prévision de l’automne. De petits groupes de perroquets passent en criaillant, souvent haut dans le ciel qu’ils griffent de leur vol nerveux. Des chouettes et des chauve-souris viennent inspecter notre camp à la tombée de la nuit, et les clairs de pleine lune sont cacophoniques d’animaux inconnus. Il fait bon, parfois même un peu trop chaud, c’est le bonheur parmi nos volcans.  &lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;Les sacs s’allègent au fil des jours, mais on se charge de gros paquets de nostalgie. On sent bien que les quelques pas qui nous séparent de Malacahuelo, où passe la route, sont les derniers vraiment libres. Après, tout s’enchaînera un peu trop mécaniquement, et surtout trop vite. Dernière rencontre impromptue de campagne en attendant le bus : un chauffeur-livreur nous embarque dans son camion jusqu’à Curacautin, juste pour le plaisir de discuter, et nous offre à l’arrivée quelques paquets de galettes, qui font partie de son chargement. Pris en stop sans même demander, nourris à l’arrivée… on mesure les progrès réalisés depuis la journée loose de Molinos où le destin nous avait laissé sécher six heures dans le désert en attendant un suisse allemand medio borracho qui nous avait embarqué dans le sens contraire !&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-4234644381844379751?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/4234644381844379751/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=4234644381844379751' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4234644381844379751'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4234644381844379751'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2008/03/la-montagne-qui-tait-plus-jeune-que.html' title='La montagne qui était plus jeune que nous'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-1091280396954045383</id><published>2008-03-07T12:11:00.000-08:00</published><updated>2008-03-08T06:50:39.286-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Patagonie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chili'/><title type='text'>Au large</title><content type='html'>Respirez à grandes goulées, vous êtes à Chiloe ! Une île comme une demi-Bretagne, à quelques encablures de la côte mais à mille lieues de l'esprit fìévreux du continent tel qu'il nous a marqués jusqu'ici. La vie chilote est plus tranquille, plus souriante, plus généreuse, la mer tout autour élargit les perspectives sûrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la prime histoire coloniale ici est un peu différente du reste du Chili. L'île a été isolée longtemps de la métropole quand les Mapuche résistaient fort, si bien que colons et indigènes se sont fortement mélangés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les églises en bois participent à l'unité de Chiloe ; construites et reconstruites au fil des incendies et des terremotos, il y a cent ans et plus, elles portent un charme particulier. Assez sobres en général, elles se distinguent les unes des autres par des détails : une frise sur le frontispice, la présence de colonnes dans l'entrée extérieure, les couleurs à l'intérieur, les statues souvent naïves. L'ambiance tout en bois les rend chaleureuses et douillettes, comme un chalet d'alpage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Chiloe a deux visages. Son front Pacifique bat et rebat la côte, une houle furieuse et incessante qui ressemble à celle du Nord : pas question de s'y baigner, d'ailleurs le vent est fort aussi, qui rend le fond de l'air un peu frais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une promenade de trois jours au départ du petit village de pêcheurs de Cucao nous entraîne sur une plage déserte, isolée et extrêmement sauvage, nichée au creux d'une forêt luxuriante et humide, aux accents amazoniens. Le dernier tronçon de trois heures de marche n'est plus entretenu et commence à s'ensevelir sous les troncs des arbres tombés, les entrelacs des quilas, la boue. Les ponts et passerelles sont en piteux état, complètement avalés par la forêt et décorés de lichens. Peu de monde s'aventure pour camper jusqu'ici, c'est pourquoi la plage nous appartient pour deux nuits, solitaires au bout d'un monde. La plage s'atteint en traversant l'embouchure d'un rio à marée basse ; à marée haute, on est prisonniers ou, au contraire, encore plus libres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On joue les Robinsons, excités comme les enfants qui partent en expédition dans le grenier de leurs grands-parents. Les trésors jonchent la plage, bois flottés, coquillages et galets, algues, empreintes de loutres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des dauphins ont élu domicile dans la baie pour au moins deux jours comme nous. Ce sont des toninas, blancs dessous, noirs dessus. A la fin de leur jourmée de pêche, ils se laissent aller comme des fous joyeux, à surfer les rouleaux puis à les remonter en s'envoyant en l'air, à l'endroit, à l'envers, des bonds de plusieurs mètres, toujours à plusieurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Côté terre, les zozios sont encore ici très curieux ; à l'arrêt, ils fondent sur nous et nous observent un moment avant de repartir, lassés de notre apparente apathie. Le pudu est venu brouter pas loin de la tente un matin. Cerf minuscule, haut comme un grand chien et roux foncé, il a détalé furtivement à notre approche, adapté pour cheminer dans les sous-bois denses de la forêt d'ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une après-midi, un lion de mer sort des flots pour se reposer sur la grève. Effleuré par une vague, il se hisse un peu plus haut et tour à tour se couche ou s'appuie sur ses nageoires, la tête au ciel, postures courantes pour l'animal. Mais une paire d'heures plus tard, des vautours s'approchent ... Etonnés de ne pas le voir réagir, on s'approche aussi, sans beaucoup d'espoir quand les affreux oiseaux de mort se posent sur son corps. Il vient bel et bien de mourir sous nos yeux. La tête renversée, les yeux et la gueule grand ouverts, maigre, abandonné, presque humain. Tristesse, même les dauphins jouent moins cet après-midi là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu au nord, près du port d'Ancud, la jolie baie de Puñihuil abrite une colonie de manchots. Magellans et Humboldt y nichent de concert. Joie de revenir ici après cinq ans, et que ce soit toujours aussi charmant. Canards-vapeurs qui ne savent plus voler, aux moignons d'ailes comme les manchots, oies en couple - grande blanche femelle, petite noire mâle -, huîtriers tout noirs, goélands et vautours, loutres qui font la planche pour mieux déguster le poisson fraîchement pêché, tout le monde a l'air de glander à marée haute. Un matin (décidément !), un manchot faiblard vient s'allonger sur la grève de galets où on a planté la tente pour une nuit. On le ramène à la cabane de la fondation Ottway, installée sur la plage faisant face aux colonies, à une demi-heure de marche. Il a l'air vieux avec son bec tout élimé et ne se débat pas quand on l'attrape. L'Allemand polyglotte volontaire à Puñihuil le temps d'un été le nourrit de poissons découpés, mais il a quelque chose de bizarre à la gorge. Plus tard, un jeune manchot sort de la mer et se dandine jusqu'à la cabane. Soigné et nourri ici pendant une semaine il y a quelque temps, il revient chercher sa pitance à la même heure tous les jours, pas complexé de son manque d'autonomie. D'ici 15 jours ou un mois, il devrait avoir appris, on espère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'autre visage de Chiloe est bien plus calme, plus serein, un golfe tranquille parsemé de petites îles à bocages, avec en toile de fond la magnifique cordillère qui s'étend sur quasiment 500 km depuis l'Osorno jusqu'à un énorme champ de glace immaculé au sud, qui semble perché sur les eaux. Castro est la "capitale" de Chiloe, ville-port nichée au fond d'un estuaire, reconnaissable à sa splendide cathédrale en bois, jaune pâle et bleu pastel, et à ses palafitos, maisons sur pilotis qui naviguent presque à marée haute. Chaque île de l'archipel possède une église en bois, et les plages regorgent d'innombrables coquillages, palourdes, pétoncles percés en haut du chapeau et burlesques pico-rojos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Chiloe, c'est aussi la surpêche, l'aquaculture sans limites. Les locos, de rares coquillages, sont ramassés en plongeant côté Pacifique, souvent illégalement ; les élevages de saumon et de moules pullulent outrageusement côté continent... fragile équilibre environnemental et social. Et la sécheresse sévit ici comme dans le reste de la Patagonie ; les incendies ravagent l'intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On resterait bien encore un peu, d'autant qu'on rencontre des gens charmants et intéressants, venus y faire du volontariat. Torsten à Puñihuil, qui après sept semaines sur place commence à maîtriser les environs, espère convaincre les locaux de travailler ensemble pour assurer la prospérité des manchots en même temps que la leur. Damian à Castro, qui s'emploie depuis un an à faire émerger des projets locaux liés au tourisme, sous les auspices du CG29 (!). Mais la fin de la route approche pour nous et, comme les oiseaux migrateurs, il est temps de remonter au Nord et dans nos montagnes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-1091280396954045383?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/1091280396954045383/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=1091280396954045383' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1091280396954045383'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1091280396954045383'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2008/03/au-large.html' title='Au large'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-10319455367638246</id><published>2008-02-17T15:52:00.000-08:00</published><updated>2008-02-22T11:54:42.885-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Patagonie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chili'/><title type='text'>Des châteaux en Patagonie</title><content type='html'>Assis au bord de la route à la sortie de Puerto Ibañez, l'esprit de la Patagonie s'offre à nous. C'est la Patagonie de sous-le-vent, quand les épais nuages du Pacifique se sont déchargés de leurs eaux sur les sommets glacés le long de la côte. Ils défilent au-dessus de nos têtes en se dispersant dans le ciel bleu, adoptent des formes étranges, extravagantes, de rouleaux ou de soucoupes volantes. Le vent crie, rugit et chante dans les peupliers arrimés là pour tenter d'adoucir la tempête, de bloquer le sable, de protéger les maisons. C'est un avant-poste chilien aux confins d'un immense lac aux eaux laiteuses comme celles qui tombent d'un glacier, un peu à l'abandon, un peu las de vivre. Les toits rouillent, les vitres se fendent, malgré les efforts de-ci de-là pour planter des arbustes ou rénover une avenue. Sec l'été, glacé l'hiver. Le bord du lac est une friche un peu sale, des canards vapeur et pilet s'en accommodent très bien. Les cris métalliques des ibis fauves, oiseau croisé le plus fréquemment en ville avec le vanneau huppé depuis notre entrée en Patagonie, participent à l'atmosphère hitchcockienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La descente vers le sud s'arrête pour nous ici, au bout de six jours de marche autour des puissants Cerros Castillos. Le rio Ibañez s'accapare toute la vallée devant le petit village de Villa Cerro Castillo, où débute la ballade. Ses eaux gris-lait coulent d'un volcan, nous dit-on. La Careterra Austral dévide ici ses touristes par paquets, à moto, en vélo, en 4X4 ou en bus ; plus loin, c'est Cochrane puis tout au bout Villa O'Higgins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'itinéraire traverse une large plaine alluviale, où les couleurs de l'automne commencent à pointer, à moins que les jaunissements ne soient dus à la sécheresse du mois dernier. Un groupe d'une trentaine d'oies a envahi le pâturage des vaches, et tiennent conciliabule. Très en avant dans la campagne, des fermes de tôle et de bois sont nichées dans leur barrière de peupliers. Puis le lenga envahit les pentes, en forêt claire et sans sous bois, avec toujours sa chevelure de lichens secs et jaunes fluorescents qui pendent loin. Plus haut, la guerre avec le vent rend les lengas nains, les troncs épousent les pentes, on croit les voir ployer sous la neige comme en hiver. Quand l'arbre abdique, ce sont le caillou, la moraine, le névé et très vite le glacier qui prennent place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pic de magellan et le rayadito, le houet-houet et le troglodyte, habituels hôtes de la forêt de lengas, et tous déjà rencontrés bien plus au Nord, sont encore là à dévorer les insectes, pas du tout intimidés, souvent très curieux de nous. Et le huemul !!! Chassé par la chaleur de janvier, il s'est aventuré plus haut qu'à l'accoutumée, et c'est à la frange de la forêt qu'on en découvrira trois, parfaitement immobiles, à nous fixer de loin, altiers et défiants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paysage est inlassablement fascinant, avec des perturbations et des nuages, du brouillard et du soleil, le ciel bleu puis le vent, en quelques secondes, tout change. Les alentours proches sont constellés de volumineuses masses de granite poli garnies de lacs aux teintes plus ou moins foncées, du lapis-lazuli au vert émeraude. A l'horizon, des sommets évanescents, plus durs, plus déchiquetés, chargés de neige et de glace. De l'autre côté, les glaciers des Cerros Castillos et de leurs compères, sont à fleur de peau tout au long de la marche. Des cascades en bruine ou en rafales chutent de partout, parfois un sérac se brise en mille éclats. L'ambiance vers 2000 m nous transporte encore une fois aux cimes des Écrins, mais des Écrins démultipliés, en ribambelles. Les pointes des châteaux sont bien affûtées, des figures effilées découpées dans la pierre sont les sentinelles du chemin de ronde. Le dernier jour, une bonne pluie cinglante nous oblige à faire étape dans une clairière ; en deux heures, elle nous trempe jusqu'à l'os et les flaques se multiplient car la terre infortunément ne s'imbibe pas. Ouf ! le lendemain, un rayon de soleil fugace nous sèche. Plusieurs groupes de randonneurs qui font le trek dans l'autre sens ont décidé de rebrousser chemin, dégoûtés par le rinçage d'hier ; un Israélien un peu blasé nous dépasse pieds nus en courant, pour calmer ses nerfs sans doute : il vient de se tremper une fois de plus dans le rio en traversant le gué. Arrivés sur la Careterra Austral, un Argentin sybillin au volant d'une 4X4 limousine nous amène à Puerto Ibañez, que J voulait voir avant de rentrer. Le lendemain, un couple de Néerlandais en camping car blindé, équipé pour dix ans de baroude dans le désert, nous libère de ce bout du monde un peu glauque et nous ramène à Coyhaique. On quitte avec soulagement Puerto Ibañez, petit port-frontière perdu dans la pampa. La Patagonie est ici trop âpre et le village désolé ; la tristesse nous y envahit à mesure que passent les heures. Quel contraste avec la Patagonie maritime et pluvieuse pas si éloignée au nord, exhubérante de milliers d'espèces de mousses, de fougères et d'arbres !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les réjouissances argentines de El Bolson, on opte pour un retour au Chili par Futaleufu, un petit village de campagne hyper touristique, dédié à l'aquatique occupation du rafting. Y processionnent beaucoup d'Etats-Uniens, et on est en plein sur le fameux itinéraire initiatique Jérusalem-Jérusalem. Pas notre tasse de maté tout ça, à part une après-midi de farniente-baignade au bord d'un rio remuant. Une grande veine de courant en boucle nous entraîne dans le flot sans efforts, et nous ramène à notre point de départ. Un trio de mémés fofolles nous héberge ; elles boivent de la bière à longueur d'après-midi, avant d'aller danser à la fête-rodéo toute la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, les retrouvailles avec la mer, le Pacifique, qui vient se perdre dans une baie ample entourée de montagnes à Chaiten. On se sent bien dans ce port tranquille, à l'ambiance insulaire, battu par un vent marin et rafraîchi par une légère brume. Curieusement, le sel dans l'air fait un peu défaut, sans doute à cause des formidables masses d'eau douce qui se déversent dans l'océan. Mais pour l'heure, il fait un temps exceptionnel, ce qui est même un peu décevant dans un endroit pareil. Il est censé pleuvoir 366 jours par an : "si hay sol, disfrute ; si hay lluvia, encontraran la verdadera Patagonia". La sécheresse n'est pas non plus du goût des agriculteurs, qui souffrent beaucoup au campo, ni de celui de la forêt qui se consume un peu partout. On se croirait revenus entre Rurre et Trinidad, en pleine Amazonie fumante. Autour de Coyhaique, les pentes sont jonchées d'immenses troncs blancs, qui gisent comme des allumettes tombées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe deux jours à Chaiten à se promener dans la forêt presque vierge du parque Pumalin. Les alerces sont ici légion, ce qui les dépouille un peu de leur mystère. Un vénérable spécimen de 3000 ans se prélasse au milieu d'un bosquet humide ; le diamètre du tronc est en conséquence, mais le feuillage reste chétif. La chaleur fâne un peu les "algues", les mousses qui donnent une fourrure au tronc, de la cîme aux racines. Le sous-bois est impénétrable : des bambous, toutes sortes de fougères, parfois très hautes qui ressemblent à nos fougères aigle, ou aux feuilles-parasol géantes et râpeuses ou en bouquet sur une sorte de pied cylindrique, et puis les lilliputiennes dans l'humus des troncs pourris, et partout des petites fleurs-lianes épiphytes. Une New-Yorkaise énergique de notre âge, déjà croisée à Futaleufu, très mondaine "à la campagne", marche avec un Israélien solitaire ou presque, pour une fois. On se baigne tous dans une petite lagune fondue entre falaises et forêt. En chemin, un tapaculo chucao vient nous voir, il s'approche à portée de main en ne cessant pas de sautiller sur le sol et dans les branches basses. On ne se lasse pas d'observer ses postures rigolotes et la beauté de sa parure rousse aux reflets bleus, avec son col blanc tacheté de noir, et son sourcil marqué. Retour à Chaiten en stop, difficilement ; la dernière famille chilienne qui nous ramasse nous apprend tout des dernières frasques "sentimentales" de Sarkozy... on débarque un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la petite histoire, le parc Pumalin est un parc privé, créé par un certain Tomkins, bien vu à Chaiten, où il paraît qu'il se promène en pantalon de laine une manta sur les épaules... Milliardaire propriétaire de lignes de vêtements bobos au sport et à la ville, il se rachète des châteaux "nature" un peu partout dans le monde. Sa propriété en Patagonie n'est pas mal du tout, même s'il n'a sans doute pas eu le temps d'en faire le tour. Elle s'étend du Pacifique à la frontière argentine, un peu pluvieux peut-être...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-10319455367638246?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/10319455367638246/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=10319455367638246' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/10319455367638246'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/10319455367638246'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2008/02/des-chteaux-en-patagonie.html' title='Des châteaux en Patagonie'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-815665971470389140</id><published>2008-02-08T07:38:00.000-08:00</published><updated>2008-02-08T08:45:18.766-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Argentine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Patagonie'/><title type='text'>Canicule bohème post-hippie</title><content type='html'>Festival du lupin à El Bolson ; feria artesanal trois fois par semaine. La vie est concentrée autour de la pièce d'eau : des familles, des ados en bandes, des jeunes couples, des touristes étrangers, dont deux assez drôles, leurs chopes en plastique knorr à la main, piquent-niquent ou font la sieste, jouent de la guitare ou de l'harmonica, participent gaiement aux spectacles de rue, naviguent en pédalo, vendent des bracelets tissés, confectionnent des bijoux avec du métal ou des pierres semi-précieuses. Des groupes de rock country, de musique folklorique ou de flûte de Pan se succèdent sur le gazon arrosé tous les soirs. La feria est le paradis de la grosse laine de mouton tricotée - assez incongrue car la température dépasse joyeusement les 30 degrés, du jus de framboise, de la bière artisanale, des fringues légères et colorées de l'été, jupes patchwork, pantalons afghans, de bibelots divers comme d'affreuses horloges en bois ; il y a un stand tenu par une harpiste qui vend de la musique zen, un stand de musique médiévale "Languedoc", des livres sur la Patagonie, faune, flore et Indiens disparus ou Mapuche, un clown échange des caramels contre des abrazos ; les papilles affamées trouvent aussi leur bonheur odorant, tourtes aux légumes, empanadas al horno, tartes aux fruits, frites, confitures artisanales au sureau ou à la rosa mosqueta (cynorrhodon ou gratte-cul chez nous).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nora Luca investit le milieu d'une allée, trois jeunes porteños magnifiques, qui jouent de la musique ... des balkans ! Une basse, un gros accordéon, une guitare classique, un beau trio. On aime bien, on va les écouter en concert un soir et acheter leur CD. Leur musique des Pays de l'Est est personnalisée, agrémentée des couacs d'un petit canard de bain en plastique et d'un magnéto qui fait entendre une voix de femme répéter "¿ Holá, qué tal ?" et des bouts de phrases un peu énigmatiques, ça rappelle un peu Yann Tiersen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dommage que la ville soit archibondée, c'est encore un peu la galère pour se loger... Dans l'après-midi, une torpeur torride s'abat et immobilise l'activité. Les siestes sur l'herbe s'accumulent, ou bien les gens émigrent vers les rives du rio. La ville s'éveille tard le matin et s'endort tard le soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il paraît que dans les années 70, des hippies du monde entier sont venus s'installer là, juste avant la période de la dictature. L'atmosphère est restée, et l'aspect vestimentaire aussi. Quelques hommes et femmes sexagénaires, peut-être des rescapés de cette époque, occupent des étals à la feria. La ville est devenue mythique pour les nombreux jeunes Argentins bohèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un p'tit trek de six jours dans la réserve du rio Azul nous emmène un peu plus au frais. Il y a au moins dix refuges, et il faut théoriquement camper là aussi. On échappe à la police de l'entrée en arrivant tard le premier jour, puis on dort de-ci de-là en se cachant au milieu des lenguas ou à la belle étoile sous les coigues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de monde se promène, avec toujours la même allure bohème. On fait un peu tache avec nos sacs à dos de compet' remplis à ras-bord, nos carlines et nos grosses godasses de marche. On croise souvent des jeunes locaux en sandales ou en tongues, et même un Suisse qui s'est mis à la sauce. Forêts de lenguas, forêts de cyprès de la cordillère, bosquets d'alerces, la végétation évolue selon le versant et la proximité avec le Chili. Du haut des sommets, vers 2000 mètres, on admire encore les Andes et ses volcans, avec quelques condors. Le paysage nous fait penser au Sud des Ecrins, même les Aiguilles d'Arve pointent... Le dépaysement n'est donc pas total, mais l'endroit est quand même agréable et la chaleur réveille les odeurs suaves et parfumées des conifères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De drôles d'oiseaux (des tapaculos) nous accompagnent le matin. Entre le merle et la poule d'eau, ils ressemblent à de petits gnomes emplumés, avec leur grosse tête ornée de gros yeux. Ils nous tournent autour, l'air inquiet et inquisiteur, en se cachant furtivement derrière les troncs. Le houet-houet est connu par son cri avec lequel il harangue les promeneurs. Il y a aussi le rayadito, une drôle de petite mésange, souvent en bande ou en famille, qui nous harcèle au passage en un pépiement incessant. C'est l'oiseau qui ne respire jamais, et chaque plume de sa queue est ornée d'une longue pointe. Mais toujours pas de puma, et pas vu non plus le huemul, le cerf patagon qui pourtant devrait avoir ses quartiers argentins par ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un refuge-ferme, le Cajon del Azul, est un modèle de petit havre de paix sur le mode bio, potager et verger, prairie, pain maison, bière maison, quelques cochons et quelques poules... Ça fait envie, il ne manque que la mer !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-815665971470389140?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/815665971470389140/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=815665971470389140' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/815665971470389140'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/815665971470389140'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2008/02/canicule-bohme-post-hippie.html' title='Canicule bohème post-hippie'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-8065634227117341532</id><published>2008-01-31T15:54:00.000-08:00</published><updated>2008-01-31T19:35:12.895-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Argentine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Patagonie'/><title type='text'>La Isla del Tigre</title><content type='html'>Ce jour là, Bariloche avait des airs plutôt antipathiques. Du béton maussade et du gros bois pesant découpé en rondins au coin des rues, un vent glacial, un contingent massif d'estivants - mais que viennent-ils chercher ici ? La montagne peut-être, et on s'attendrait à la voir surgir au bout des rues, chargée de neige fraîche, si le ciel si sombre ne faisait pas écran. Ou bien la mer, et c'est vrai que le grand lac qui borde la ville est agité, houleux et sombre comme un océan. Un kite-surf en érafle même la surface avec une voile minuscule dans la tempête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eaux et cimes, Bariloche aime à se croire suisse ; chocolat et fondues sont à l'honneur au restaurant, entre une parrilla et un asado. La recherche d'un gîte est ardue, mais au bout de deux heures d'investigations, on déniche un hospedaje familial, quasi vide (comme c'est étrange, à deux pas du centre), tenu par une vieille dame revêche, où il faut accéder à la salle de bains en bottes et où l'eau goutte dans la chambre quand il pleut. On écope et on ronge notre frein en se consolant, bien à plaindre, avec une fondue bourguignonne et du bon vin. Au bout de deux jours, peu d'amélioration météo à espérer dans l'immédiat, mais on s'élance quand même furieusement pour un itinéraire de 5 jours, qui se révèle bien sauvage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En s'extirpant du bus à Colonia Suiza, c'est l'hiver qui nous accueille avec de la neige fraîche dans les arbres à 1300 m. Pas une âme qui vive sur l'itinéraire qui mène du Refugio Segre à Pampa Linda. Le chemin sillonne et grimpe à travers une forêt majestueuse, moussue et allumée de lichens fluorescents, de lengas - entre un hêtre et un bouleau, mais qui peut dépasser 40 m et qui devient nain et courbe comme nos aulnes avec l'altitude. Au-dessus de la Laguna Negra et de son refuge bicolore, alu d'un côté, grenat de l'autre, on débouche sur un col où comme par magie les éléments se calment. Un paysage qui finit par nous devenir familier se découvre alors : de grandes forêts pentues aux sous-bois de bambous, mille et une lagunes perchées au-dessus du grand lago Nahuel Huapi - L'Île du Tigre en mapuche, une infinité de sommets enchapeautés de neige, tous à 2000 mètres à peu près. Et trônant en cacique, pointant ses nombreux pics et mamelons dans le ciel changeant, le Monte Tronador, Jupiter tonnant qui lâche ses glaces au-dessus de falaises noires pour reformer des névés gris en-dessous. De plus près, quelques jolies fleurs, les amancay orangées en bas, les armerias roses en haut, et tant d'autres, souvent blanches et minuscules, complètement exotiques. Peu d'animaux mais des oies pimpantes dans chaque lac, qui se dandinent sur les névés, et même une famille de canards-vapeur, et des petits oiseaux curieux qui viennent criailler presque sur nos têtes . Des baies roses et blanches charnues et fruitées poussent sur les pentes les plus ensoleillées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et on chemine à travers ce paysage, par un vague sentier, marqué au petit bonheur de traces rouges peintes, parfois dans un brouillard opaque et venté, parfois entre des bancs de nuages. La marche est parfois forcenée, à patauger dans des profondeurs insoupçonnées de boue, dans les nombreuses zones humides, les "mallin", ou à escalader les troncs brisés, ou à se faufiler entre les bambous affaissés par l'hiver. On est content d'utiliser enfin pleinement les bottes made in Ecuador achetées au Pérou, trimballées depuis six mois. AJ fait d'ailleurs presque tout le trek en bottes, ayant malencontreusement chuté dans un rio frais les chaussures aux pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sensation d'isolement est splendide, et il nous paraît étrange au bout de ces quelques jours de croiser tant de monde à Pampa Linda - un peu le Pré de Madame Carle local, mais avec une énorme auberge-bar - alors que le temps est revenu au beau fixe. Du coup, tabanos (des bandes de taons monstrueux aux dards longs ou courts, avec parfois les yeux rouges, qui au moment crucial de piquer couinent comme s'ils allaient jouir) et moustiques deviennent présents  et nous communiquent leurs humeurs fébriles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme il nous reste quelques pâtes au fond du sac, on en profite pour enchaîner avec deux autres jours de marche en aller-retour vers le Paso de las Nubes, Col des Nuages, qui mène a la laguna Frias - comme son nom l'indique, un défi pour la baignade. Le chemin, bien balisé cette fois, longe les glaciers du Tronador à travers une épaisse forêt de coïgue et de lengua. Petit à petit, l'ambiance se charge d'humidité. Au bout du chemin poussent les Alerces, immenses conifères vieux de plusieurs milliers d'années, typiques des Andes méridionales, mais rares car leur bois est d'une qualité exceptionnelle. Ici, de petites fleurs rouges grimpent sur les troncs moussus, les arbres en imposent par leur port, la forêt vierge prend possession des pentes et les cris de certains oiseaux nous replongent aussi dans une atmosphère tropicale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour à Bariloche la sèche, sous un soleil limpide cette fois-ci et dans un nouveau gîte bien plus agréable où la cuisine donne sur le lac. Ravis de cet intermède bleu, aussitôt dit aussitôt fait, nous voila repartis dans les entrelacs du Nahuel Huapi pour 6 jours de marche. La traversée débute cette fois à Villa Catedral, toute petite station de ski à fleurs des champs. On franchit plusieurs cols avec toujours l'alternance forêt-caillasse, et des vues à couper le souffle à chaque nouvelle vallée. Certains camps sont assez peuplés, avec beaucoup d'ados venus camper au frais et à l'oeil, avec des fois une guitare, souvent des colliers partout et des converse aux pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tracé des sentiers est assez exotique ; ils se perdent dans les marécages - mallines où ils ne sont plus marqués que par quelques bambous plantés ou par quelques branches ou troncs disposés aux endroits les plus boueux. Leur lutte avec la végétation basse des lenguas est terrible, et ils se referment vite entre deux passages de machette. Et dans les montées aux cols, ou les descentes, point de lacets, ils filent tel un ruisseau et parfois par le ruisseau, en suivant la ligne de plus grande pente, dans des nuées de poussière. On y croise souvent des groupes d'ados ou des familles, les sacs à dos ornés de duvets, guitares, casseroles, sur des sections qui ressemblent plus à de l'escalade qu'à de la marche. Le refugio Grey et son lac sont un vrai nid de grimpeurs, des locaux mais aussi une faune internationale venue se frotter aux clochers du Cerro Catedral.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les étapes sont tranquilles, levés tard et posés tôt. Beaucoup de temps pour admirer les alentours, vastes, et des pauses, même pour se couper mutuellement les cheveux au bord d'un lac au son d'une guitare proche. Au troisième jour, on profite d'une queue de beau temps pour s'offrir une belle traversée, tout seuls, avec un peu d'escalade, beaucoup de névés, une marche de crête le long du Cerro Navidad, en surveillant la dépression qui commence à entamer le Chili. Bingo ! On arrive largement à redescendre se mettre à l'abri avant que le ciel ne nous engloutisse. Tout au long de la journée, les nuages ont défilé dans un grand ciel bleu, presque un à un, vite, se parant des formes incroyables que leur donnait le vent. Ultime avertissement avant de partir, un vol de condors tournoyant quelques minutes au dessus de notre camp...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dernier jour est une sorte de condensé-apothéose au Cerro Lopez, qui plonge directement dans le Brazo Tristeza, l'un des milliers de fjords du Lago Nahuel Huapi. Le Tronador, l'Osorno et son cône parfait immaculé, le volcan Puntiagudo et sa silhouette dégingandée, portant son cratère très haut au bout d'un long cou très fin, et les milliers de montagnes enneigées de la cordillère, la chaîne sèche du Cerro Catedral, qui d'ici ressemble vraiment à un édifice aux mille clochers incorporés à une tour en orgues démesurée. Le ciel est complice, bleu clair et la vue lance loin. Des condors apprécient également le coin, et certains ont l'air de s'amuser des promeneurs, en rasant les crêtes ou en les observant en se grattant, posés sur un rocher proche.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-8065634227117341532?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/8065634227117341532/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=8065634227117341532' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/8065634227117341532'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/8065634227117341532'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2008/01/la-isla-del-tigre.html' title='La Isla del Tigre'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-2012733639766030528</id><published>2008-01-09T12:34:00.000-08:00</published><updated>2008-01-17T05:48:40.674-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Argentine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Patagonie'/><title type='text'>Chapeaux pointus</title><content type='html'>En route pour la Patagonie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bagatelle de six heures de bus pour atteindre la tropicale Tucuman où on ne fait pas escale, dix autres heures pour Cordoba, la deuxième ville du pays, qui nous accueille trois jours durant entre deux fêtes, et pour panacher 25 heures non stop mais confortables pour rejoindre notre première étape patagonienne : Junin de los Andes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cordoba a un air de Madrid en plein été : assez déserte, les musées et autres curiosités parfois fermés jusqu'à janvier, un soleil pressant qui nous fait raser les murs, un coin ancien avec des bâtiments coloniaux, un coin moderne avec son quartier branché récent. On y dort dans des residenciales du quartier de la gare, le moins cher ; ce sont de vieilles demeures un peu désuettes avec lavabos et bidets en porcelaine années trente. Les préservatifs y sont en vente à l'unité...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Difficile de visiter certains musées, l'ancien couvent et la crypte, fermés pour vacances d'été ou fermés le week-end. L'antique demeure d'un négociant, le Marquis de Sobremontes, nous enchante : mille patios et mille recoins, une architecture très sobre avec de hauts plafonds, des murs épais ; des fenêtres et des volets en bois gardent au frais toute une collection de meubles, de porcelaines, d'armes, d'objets religieux, d'instruments de musique de l'époque. De l'autre côté de la grande cour, qui abritait autrefois un verger, la moins enchanteresse baraque des esclaves, toute riquiqui. L'église de la Compagnie de Jésus est exceptionnellement belle ; c'est la plus ancienne église d'Argentine, bâtie au début du XVIIème siècle. Sa façade est curieusement nantie de mille petites niches dans un mur de pierres très simple. Et l'intérieur resplendit de bois peint, doré et sculpté. De fait, Cordoba porte encore une marque traditionaliste, qui la distingue de sa rivale réputée plus ouverte et exubérante, Buenos Aires. La Place de Cordoba reste animée malgré la basse saison ; s'y promènent des touristes argentins avec leurs enfants, qui nourrissent les pigeons au maïs. De grands arbres, surtout des conifères, dispensent l'ombre indispensable, une famille en costume danse une sorte de flamenco, deux Français petit-déjeunent, et les contemplatifs, les amoureux, prennent d'assaut les bancs crottés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Office du Tourisme organise des visites guidées thématiques ; on découvre ainsi le quartier moderne de Cordoba, Pueblo Nuevo, où les immeubles de briques très nets s'enfoncent dans le ciel, et où le lacis des ruelles est plus compliqué que le quadrillage sans surprise du quartier ancien. Les arbres avaleurs de promeneurs ombragent les rues, petite touche exotique. Non loin, un canal le long duquel on se promène comme au canal Saint-Martin rejoint une feria artisanale un peu bohème, qui regorge d'idées et de créativité : bijoux, objets en bois, vannerie rustique, vêtements, marionnettes-animaux en mousse synthétique, matés et ceintures de cuir... Le Paseo del Buen Pastor, une prison pour femmes dans les années 1850, a été réhabilitée en Plaza branchée, avec un feu d'artifice de jets d'eau toutes les heures, assez impressionnant, excepté l'ambiance sonore, musique conventionnelle de spectacle. Non loin, une curieuse église néogothique, construite vers 1930, est truffée de statues et de flèches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir, c'est cinéma en plein air dans un jardin public d'un quartier résidentiel. Un grand écran gonflable, un projecteur, un vendeur de pop-corn et un public clairsemé en chaises de camping ou allongés sur l'herbe. Le film, "Valentin", est argentin, mis en scène par Alejandro Agresti : c'est l'histoire d'un petit garçon très mature, racontée de son point de vue et avec sa voix.  Délaissé par ses parents, il s'en cherche de nouveaux à la mort de sa grand mère avec qui il vivait. Il se sélectionne un père adoptif, une mère adoptive, organise une rencontre, et ça marche ! Assez drôle, touchant, et heureusement sous titré en espagnol ; il ferait sûrement une bonne carrière dans les ciné-club de l'hexagone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 30 décembre vers 21 heures, un bus semi-cama nous emporte vers le Sud. Il arrive à Junin in extremis le lendemain à 22 heures un peu en retard, et nous laisse légèrement hébétés dans ce village horriblement désert. Les quatre hébergements sont complets, mais Aldo et Marita nous invitent à installer la tente dans le jardin de leur auberge ; dernière sardine plantée à 23h59... Feu d'artifice, et on trinque à la nouvelle année avec la joyeuse bande qui a élu domicile ici ce soir : plusieurs Argentins en vacances, de Cordoba et de Buenos-Aires, un Allemand qui travaille comme jardinier à Cordoba pour son service militaire, et deux Espagnols en voyage pour en voir le plus possible sur tous les continents. Moyenne d'âge 25-30 ans. Nous voilà initiés au Fernet-Coca, très populaire à Cordoba, bu à la bombilla dans un demi melon, et plongés dans notre première conversation politique, qui tourne au monologue. Notre interlocuteur nous décrit "una situación de mierda", où les travailleurs ont peu de droits : 15 jours de vacances, 6 jours sur 7 au boulot, un salaire mensuel de 3.000 Pesos (soit 650 €, mais la vie n'est pas loin de deux fois moins cher que chez nous) pour décharger les bateaux sur le port de Buenos-Aires. Les syndicats, les médias et le gouvernement ont l'air de bien s'entendre pour endormir ou réprimer les mouvements d'opposition, par ailleurs très divisés. Mais même pour ce jeune opposant un poil révolutionnaire, le bien-fondé de la souveraineté argentine sur les Îles Malouines est incontestable... L'après-midi du premier janvier, belle baignade au saut du lit dans la rivière limpide et pressée qui borde Junin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours plus tard, changement d'ambiance depuis le cratère rempli de neige du Volcan Lanin, qui frise les 3.800 mètres d'altitude. Tout autour, 1.500 mètres plus bas, s'étend une plaine de petites montagnes aux pointes à peine enneigées, parsemée d'une myriade de lacs et percée de chapeaux pointus bien reconnaissables : à un coup d'ailes, le volcan Villarica autour duquel on avait cheminé sept jours il y a cinq ans, dont la fumée blanche et suffoquante s'est estompée ; au nord, le Llaima, noir sur blanc, depuis trois jours crache par à-coups ses humeurs sombres qui ensuite se diluent joliment dans le ciel ; au sud, l'Osorno et son cône parfait, immaculé, flanqué non loin d'un gros massif glaciaire, le Tronador. Avec un peu d'imagination, la côte du Pacifique se distingue, pastel sombre sur pastel clair. L'ascension depuis le camp de base, où les condors font les poubelles, est vertigineuse, très aérienne, on croirait voler et pouvoir atterrir instantanément dans les eaux du lac Tromen, que l'on surplombe comme d'un plongeoir haut de mille mètres. Depuis une petite forêt de lengua, on traverse des zones dépourvues d'arbres, anciennes coulées de lave, couloirs d'avalanches ou cônes de déjection. Très vite, le basalte aux facettes anthracite  tranchées et luisantes s'affirme ; le chemin roule dans les scories et les pierres-ponce jusqu'au dessus du refuge où enfin les névés bien ondulés nous affermissent le pas. Une petite arête raide nous mène au chapeau glacé du sommet, entouré de crevasses. De l'autre côté, en bas de la face sud plus téméraire à grimper, un autre lac s'étend : l'immense Huechulafquen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se promène les jours suivants le long de sa rive arborée et paradisiaque. Les arbres nous y jaugent de très haut, parfois près de cinquante mètres, et forment une forêt vierge mixte, aux allures déconcertantes. De loin, un feuillu aux feuilles microscopiques fait penser à un conifère ; certains araucarias - l'arbre roi de la région - prennent des allures de palmiers, avec un tronc strictement droit qui porte un bouquet de feuilles rigides et piquantes, et de haut en bas des filaments de lichens jaune fluorescent. De temps en temps, un couple ou un trio de gros pics de Magellan, clownesques avec leur huppe retroussée et la tête rouge du mâle, tapent furieusement sur un gros tronc et nous invectivent. Des quilas, une sorte de bambou, envahissent les sous-bois, souvent morts en masse ; leurs tiges très dures sont étalées par paquets comme des jeux de mikado géants. En fait, cette plante fleurit une seule fois, puis trépasse ; les graines attendent le moment opportun pour  reprendre possession des lieux, par exemple après un incendie que les tiges sèches auront elles-mêmes alimenté. De belles baies rose-mauve en forme de minuscule pommes  ont un goût douceâtre de pastèque, et sont bien plus faciles à cueillir que les myrtilles. Dans les quelques prairies qui hébergent quelques vaches, lapins et églantiers en fleurs s'égaient sous les araucarias géants, qui solitaires ont une physionomie très différente. Le tronc s'épaissit au lieu de s'allonger, et les branches rayonnent jusqu'à terre. De gros ibis fauve nous survolent régulièrement ou pâturent à proximité. On dort deux nuits dans cet univers de conte de fées, à peu près seuls avec le volcan qui se regarde dans le lac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le premier janvier, le temps est stupéfiant : splendide, pas un nuage, pas un coup de vent; mais depuis le 8 et l'arrivée à Bariloche, 200 km plus au sud, fini le bikini et les baignades dans les rios et lacs à truites... On sort les gros bonnets pour affronter la douche et le vent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-2012733639766030528?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/2012733639766030528/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=2012733639766030528' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/2012733639766030528'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/2012733639766030528'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2008/01/chapeaux-pointus.html' title='Chapeaux pointus'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-1239427914394273796</id><published>2008-01-09T07:11:00.000-08:00</published><updated>2008-01-09T08:41:59.948-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Argentine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nord-Ouest-Argentin'/><title type='text'>Du raisin dans les oueds</title><content type='html'>Les vallées calchaquies, on adore, che !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un art de vivre tranquille et décontracté, basé sur la confiance. Une atmosphère agréable et détendue, légèrement appesantie par la chaleur qui pointe à certaines heures de la journée, juste avant l'orage. Un été qui commence comme un charme, l'oasis à deux pas, les déserts tout autour, de mille couleurs et textures, arides ou plein d'épineux, parfois même de vieux algarrobos pluricentenaires ont réussi à s'y enraciner. Cachi, Molinos, Angastaco, Cafayate, autant d'étapes délicieuses entrecoupées de journées plus ardues à affronter soleil et sécheresse, à pied, à vélo ou en stop. Les villages, plus ou moins peuplés, - Cafayate est le plus grand, avec 10.000 habitants - s'égrènent sur 150 km de la Ruta 40, la plus longue du pays, qui relie la frontière bolivienne à la Terre de Feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Molinos est riche d'une église merveilleusement ouvragée en bois de cactus. Un chemin de croix tissé par des artisans locaux orne les murs de la nef. Sise en bordure du village, des champs qui longent le rio la touchent et une vieille demeure lui fait face, construite par l'un des gouverneurs de Salta - chasseur d'Indiens. Dans le reste du hameau, de belles baraques en adobe sont en train de s'écrouler. Le portail d'un salon de coiffure nous paraît magnifique de loin ; de près, il faut bien admettre qu'il est en fait en polystyrène ! Deux jours durant, on va se perdre dans le désert environnant à la recherche de fabuleuses montagnes qui, depuis le mirador de Molinos, ressemblent à la Scandola en Corse. Comme d'habitude, on fait quelques réserves d'eau avant de partir. Et cette fois-ci, c'est vraiment vital car les alentours sont épouvantablement secs. Juste coule, à mi-temps et très coloré, le principal rio, qui descend du Nevado de Cachi à une cinquantaine de kilomètres. On quitte rapidement ses rives ; la progression n'est pas si facile car de chemin sous nos pieds, point. Une errance au fil des oueds commence, sous un soleil de plomb, plus ou moins toujours dans la même direction, avec un vague objectif mais sans bien savoir où aller. La végétation pique et agresse peau et vêtements. On remonte finalement une petite vallée sèche qui mène à un col, mais les rouges montagnes sont encore loin derrière. Seules des chèvres menées par un chien donnent une vie bêlante et aboyante au paysage. Au bout d'une jolie marche de crête, un petit sommet panoramique nous offre un site extraordinairement planant pour camper. Avec au loin la fameuse arête du Cachi, la seule enneigée, tout autour ces montagnes sèches, inhospitalières, tranchées d'oueds sablonneux, et au près mais inaccessibles, les montagnes ensorcelantes, moutonnées d'un granite opulent. Une immense solitude se dégage de l'ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au petit matin, les réserves d'eau s'amenuisant, il est temps de prendre le chemin du retour ; on ne résiste pas à un ultime détour le long de la crête pour atteindre un petit pic encore plus vertigineux. Puis c'est la descente à la va-comme-je-te-pousse, au pif, pour rejoindre l'oued tout en bas. On se bataille avec les cailloux qui débloquent, et les agaves qui aiguisent les passages, mais on finit par y parvenir, non sans qu'une croix plantée au milieu de ce rien piquant et assoiffant, n'avise l'improbable randonneur : "salva tu alma".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Molinos, une tentative de stop nous laissera assez tranquillement planifier le reste du voyage pendant six longues heures. Puis un Suisse-Allemand qui fait la route des vins, seul dans sa voiturette, accepte de nous charger avec nos sacs - on se rend compte alors de leur gigantesque volume... Mais il va dans la direction opposée, vers Cachi ! L'occasion d'une ultime pause, toujours aussi calme et tranquille dans ce charmant village, et les retrouvailles avec la Mamama et le directeur du Musée. Le lendemain, direction Cafayate au Sud, par la grand-route de Salta, en bus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cafayate est un poil plus grande, touristique et animée que Cachi et Molinos. Une famille exceptionnellement gentille nous y accueille pendant plusieurs jours. La région se prête facilement à des excursions à vélo. Le premier jour, on avale 100 km de bitume entre les roches colorées aux formes fantômatiques de la Quebrada de las Conchas. Au milieu de falaises rouges et tourmentées, un couple de condors se pose tout près de nous, puis joue à reconnaître un endroit plus tranquille pour installer un jour son nid. Au soir, on embarque nos vélos vers Angastaco, le village vers lequel le stop n'avait pas voulu de nous. C'est le dernier bus avant Noël, il est bondé et mettra plus de trois heures à accomplir le trajet de 75 km qu'on se propose de faire à vélo au retour le surlendemain. Angastaco est pour nous le plus charmant des villages du rio Calchaqui. Perdu dans un univers minéral, le hameau et son oasis apportent une belle touche de vert. Quelques vignes, beaucoup d'arbres fruitiers - abricotiers, pruniers, figuiers -, des canaux où l'eau coule à flots, et toujours de mignonnes habitations d'adobe avec treilles sous vérandas à colonnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est Noël un soir, au petit restaurant de campagne "el Rincón Florida", en compagnie d'un couple d'allemands, et de la famille de l'hôtelier. On trinque au cidre, la famille découvre ses cadeaux, chants et guitare accompagnent les toasts. C'est assez reposant d'être là, comme des petites souris sans cadeaux, dans la fête mais un peu en marge. Puis un bal de cumbia attire les plus jeunes sur la place du village.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voilà couchés tard, mais levés tôt pour profiter d'une dernière balade à remonter une gorge labyrintique, au milieu d'un massif ultra sec avec des pans de roches découpés, tous orientés dans la même direction, des flèches. Vers 11h, c'est avec appréhension que l'on met la tête dans le guidon vers Cafayate... et c'est vrai que c'est très dur ! Les quebradas hyper arides défilent, silencieuses et intransigeantes, presque moqueuses, tandis qu'on se débat sur une piste hargneuse, tour à tour ensablée,  tôlée ou caillouteuse.  Comme dans un monde parallèle, se succèdent maisons où festoient les convives en ce jour de Noël, une église ouverte avec sa crèche, et même un petit village ; de très élancés perroquets vert-sombre nous harcèlent quand ils nichent dans les falaises. A chaque jet de roue, il faut trouver le fil de la piste le moins pourri, mais finalement on rentre à temps avant la nuit... jamais été aussi heureux de retrouver du goudron, à une vingtaine de kilomètres de la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un défi au désert, les bodegas pullulent par ici, fondées voilà plus d'un siècle. Quantités de vignes s'étirent sur des treilles, très hautes le plus souvent, car le vin blanc est à l'honneur avec au top le Torrontes, au parfum et à la saveur exotiques, très fruité. Les bodegas sont suffisamment proches de Cafayate pour enchaîner deux dégustations à pied. La vigne profite d'un climat sec et ensoleillé ; elle produit ainsi des vins généreux, aux arômes riches et inconnus. La fraîcheur nocturne est bénéfique pour le raisin, car elle élimine naturellement beaucoup de parasites. L'association avec l'élevage permet d'apporter les engrais naturels : la mode du vin bio est nettement en train de se développer. Le Torrontes se consomme surtout en Asie du Sud-Est car il accompagne à merveille la cuisine locale ; les rouges sont en revanche assez lourds, et moins fins que plus au sud, vers Mendoza. Leurs variétés artisanales - vins patero - de raisin foulé au pied, sont parfois goûteuses, mais se digèrent un peu en catastrophe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On quitte encore une fois le coeur serré ce charmant coin de pays où on s'est vraiment sentis adoptés.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-1239427914394273796?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/1239427914394273796/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=1239427914394273796' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1239427914394273796'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1239427914394273796'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2008/01/du-raisin-dans-les-oueds.html' title='Du raisin dans les oueds'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-3597887789809617722</id><published>2007-12-20T15:49:00.001-08:00</published><updated>2008-01-05T10:27:28.867-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Argentine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nord-Ouest-Argentin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nevado de Cachi'/><title type='text'>Le Nevado Caché</title><content type='html'>Après Jujuy, difficile d'échapper à Salta, l'escale urbaine suivante, l'une des gloires touristiques de l'Argentine. Le centre est effectivement charmant, hétéroclite mais peu étendu. Les bâtiments coloniaux sont bizarrement couverts de myriades de papillons sombres qui s'y reposent le jour. Comme à Jujuy, la "buena onda" règne et on passe quelques jours très agréables en promenades, musées, visites à l'Alliance Française. Bonne aubaine, on y projette les "Poupées Russes" de Klapisch, qu'on avait zappé à sa sortie en France. Ça sent un peu la suite du retour de "l'Auberge Espagnole", mais c'est quand même amusant de voir les pitreries de Duris, surtout quand il joue à Thierry La Fronde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On goûte donc l'insouciance argentine, qui nous plaît autant que la nonchalance bolivienne. L'actualité n'y est pas aussi riche, et le changement dans la continuité règne en maître : Christina succède à Nestor, un peu comme si chez nous Jacquot avait cédé l'Elysée à Bernadette. On a un peu l'impression que tant que les affaires tournent, que le ballon circule, que l'asado grille et que la bière mousse, tout va bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'air de la campagne et le ciel pur de la montagne nous manquent encore, et on rejoint Cachi, un charmant village en bordure d'un grand massif très sec qui culmine à plus de 6300 mètres, au Nevado de Cachi. Un vague topo de Camptocamp indique que l'ascension est jouable en 6 jours, sans crampons ni piolets en absence de neige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le village se révèle l'un des lieux les plus agréables du voyage ; c'est un délice d'y voir passer le temps très lentement, au fil des quelques ruelles blanchies, de visiter les bâtiments qui les bordent, à la curieuse architecture intérieure. Les plafonds, parfois les planchers, sont ouvragés en bois de cactus massif, les énormes poutres soutenant les toits à deux pans sont parfois d'une seule pièce. Des portes à double battant, vert sapin, marquent le coin des rues. Notre maison ici, c'est la Casa de Familia Mamama, qui est un peu comme la maison bleue de San Francisco, sans clefs ! Une plantureuse glycine âgée de quelques siècles ombrage la véranda ; un dalmatien débonnaire nain monte la garde, on ne l'a pas entendu aboyer une seule fois. Les dueños sont adorables et affectueux. Un jeune argentin a élu résidence ici pour s'entraîner au demi-fond car à 2200 mètres, c'est l'altitude idéale ; on ne l'a pas vu courir, mais il remplit plein de carnets pour noter ses temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un taxi nous dépose au bout de la piste de "Las Pailas", à 15 km de Cachi, ce qui économise une journée de marche. Et ce n'est pas un luxe, car les sacs sont gonflés à bloc, avec sept jours d'autonomie et 10 litres d'eau (les habitants de Cachi ne sont pas unanimes sur la présence d'eau le long de l'ascension). Le trek débute dans une très longue vallée, plantée de cactus cierges de plus de 5 mètres de haut, et d'innombrables petites touffes d'un autre genre d'épineux, qui fleurit rouge, rose, orange, et tous les dégradés. Le massif en toile de fond est très sec, rocailleux, sous un ciel d'un bleu pur vraiment enivrant. Sur les pentes, les couleurs sont tranchées, comme si l'ombre des nuages y était restée accrochée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bivouacs sont paradisiaques. Le plus bas d'entre eux, Piedra Grande, à 4000 mètres, est un replat herbeux où coule une eau cristalline ; un immense bloc coloré nous y abrite, ainsi qu'un couple de colibris hargneux. Guanacos et viscaches abondent à proximité. Un renard a aussi établi sa tanière non loin, et on s'observe mutuellement ; il a l'air blasé, emmitouflé dans sa longue queue blonde, quand il plisse des yeux. Le deuxième campement, bien abrité lui aussi, jouxte un ruisseau à 4600 mètres, en face d'une falaise qui sert de reposoir au condors. Un soir, on en compte jusqu'à 9, mais seuls deux d'entre eux s'envolent sous nos yeux le matin à 8 h ; il aurait fallu se lever plus tôt... Plus de chance un peu plus tard : lors d'une pause dans un bofedal, trois des spectaculaires rapaces nous survolent de tout près, visiblement curieux. Deux adultes et un jeune, peut-être une séance de reconnaissance du dangereux être humain... Les filets d'air bruissent entre leurs rémiges quand ils cerclent au-dessus de nos têtes. Le camp le plus élevé est encore très agréable, perché à 5400 mètres, et surplombant tout l'itinéraire. Là, on est vraiment tout seuls !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la montée, entre 4000 et 4600 mètres, un joli détour nous entraîne sur un chemin qui commence à s'effacer, mais qui a dû longtemps être utilisé par des mineurs ; au bout, on devine sur la crête rocheuse une petite zone d'extraction de minéraux dans une veine de quartz. Le sentier s'élève en pente douce, en lacets, ou serpente tranquillement, très ouvragé. Les llaretas dessinent comme des joints dans les bas-côtés. Seule trace de passage humain dans toute la vallée, il résiste au temps et parfois s'efface, assez émouvant dans cette grande solitude. On découvre aussi l'ancien hameau des mineurs - quelques murs, et des restes de charpente en cactus- ainsi qu'un groupe d'habitations plus anciennes avec des vestiges de petites maisonnettes rondes et des corrals. Des fragments de céramiques jonchent le sol, et on trouve même une vieille aiguille à tisser en métal. Interrogé à notre retour, le charmant directeur du petit musée de Cachi est intarissable sur plein d'autres sujets. Il semblerait quand même que le site ait été occupé entre 1000 avant JC et 1000 après JC par les farouches tribus locales, brièvement colonisées par les Incas juste avant la conquête espagnole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le quatrième et dernier jour d'ascension est assez homérique ; le temps est heureusement radieux car une nuit perturbée par l'altitude nous empêche de décoller avant 7 h. Arrivés sur une première crête à 6000 mètres, le sommet nous paraît encore très éloigné... L'univers est totalement minéral, assez coloré, avec quelques pauvres névés qui subsistent. Seule une vigogne, comme égarée, trottine allégrement vers une antécime. Les cailloux de toute sorte, clairs ou sombres, débris de schistes, granite et plein d'autres jonchent le plateau. En deux heures, le sommet convoité est atteint. On apprendra plus tard qu'il s'agit en fait du Melenda, d'altitude inconnue mais sans doute vers 6200 mètres. Le temps est toujours au beau fixe. Sur le flanc sud, "ombragé" du massif, quelques langues de pénitents fondent à grande vitesse ; ils font un peu pitié. Mais la crête-plateau continue, et au loin semble finir sur un sommet plus enneigé, sûrement le "vrai" Nevado de Cachi. On atteint son antécime, à une bonne heure de marche. Le paysage devient vraiment lunaire, toujours parsemé de petits névés. Après, il faudrait encore descendre à un col, et remonter, une grosse demi-heure aller... Mais on commence à se sentir mal, on arrête là. La vue plongeante sur la vallée à l'ouest est fabuleuse ; toutes les couleurs des roches se mêlent au vert des bofedals. Très loin sur l'horizon, un autre imposant sommet neigeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est 12h30, et le retour au premier col salvateur est vraiment pénible : le mal des montagnes nous happe alors qu'il nous faut encore marcher en montagnes russes une bonne heure et demi au dessus de 6000 mètres. Arrivés au camp, on est épuisés, et J a un mal de tête atroce... il nous paraît quand même plus prudent de descendre d'un ou deux étages. Pliage de tente, remplissage de sacs, c'est vraiment très dur, et une descente dans un terrain pourri de gros blocs prêts à nous broyer les jambes nous attend. C'est la lutte, parmi les deux heures les plus difficiles qu'on ait vécues en montagne, il faut se concentrer au maximum sur chaque pas. Au camp du condor, on se pose enfin, sauvés mais à bouts de force. Peu après, mal de tête et nausées disparaissent, et le moral revient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au dernier jour de la promenade, c'est une véritable odyssée à la recherche d'un endroit sec. Les gouttes sonnent sur la tente depuis 16h la veille, et ne cessent pas. Ça bruine, ça vente, ça tonne et ça coule à flots ; 8 heures sous la pluie pour rentrer à Cachi, avec une longue pause déjeuner dans un abri sous roche, à attendre une accalmie qui ne vient pas. Un pauvre condor tout humide prend son envol en catastrophe, surpris par notre apparition au détour d'une moraine. Immense vu d'aussi près, il disparaît presque immédiatement dans le brouillard, comme sortant d'un rêve. Plus bas, même les quelques vaches ont l'air décontenancées par toute cette eau tombant du ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trempés jusqu'aux os dans l'une des montagnes les plus sèches d'Argentine ; mieux qu'une baguette de sourcier, mieux qu'une danse ridicule autour d'un poteau, JAJ en randonnée...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-3597887789809617722?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/3597887789809617722/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=3597887789809617722' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/3597887789809617722'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/3597887789809617722'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/12/le-nevado-cach.html' title='Le Nevado Caché'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-6375597650415961722</id><published>2007-12-16T14:24:00.000-08:00</published><updated>2007-12-16T15:18:55.402-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Argentine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nord-Ouest-Argentin'/><title type='text'>Tropique du Capricorne</title><content type='html'>Le Nord-Ouest argentin représente un grand inconnu à nos yeux, même si J a passé du temps à enquêter ici il y a 5 ans, et même si un guide déniché à San Pedro signale quelques treks dans le coin. Un itinéraire surtout nous attire, qui traverse de hauts plateaux, débute dans la forêt subtropicale et aboutit dans un désert de cactus, tout en suivant le Tropique du Capricorne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autocar très années 80 nous transporte de Jujuy à Ledesma, languissante et décontractée, chaude et plantée de palmiers géants aggripés par des philodendrons avides de grimper. Ce petit bourg très provincial répond en fait officiellement au nom pompeux de Libertador General San Martin : la géographie de l'Argentine est truffée de références à l'histoire de son indépendance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bus de campagne tressautant et coloré emprunte une piste forestière et s'arrête pour une pause d'une demi-heure à San Francisco, village champêtre des yungas argentines, à 1500 mètres d'altitude. Une visite impromptue à la boutique nous permet d'affiner nos plans auprès d'une asso locale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le trek débute un peu plus loin, au lieu-dit Peña Alta, et c'est parti pour 4 à 5 jours de marche. Retrouvailles agréables avec les ambiances des basses terres tropicales : chaleur, perroquets, vautours, plantes exhubérantes, chants entêtants des insectes, terres rouges, arbres bizarres aux troncs distendus, comme s'ils avaient avalé un marcheur. Le chemin est large, bien entretenu d'un bout à l'autre, très emprunté par les locaux qui vivent tout au long de l'itinéraire, parfois très à l'ancienne. Très aérien, ce magnifique sentier nous promène en balcon au-dessus d'une gorge, puis sur le fil d'une très longue crête vertigineuse et à travers un haut plateau planté d'ichus et balayé par les vents, avant de redescendre sur la quebrada aride d'Humahuaca.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux villages ponctuent la route, chacun pourvu d'une école. San Lucas fait très alpin, très vert et panoramique, avec son église et son cimetière plantés dans un champ d'herbes grasses. Vers 10 h, l'instit et ses élèves débarquent sur le terrain de foot pour une séance de culture physique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ravitaillement en eau est problématique tout au long du trek : les quelques ruisseaux ne sont pas souvent buvables et en dehors des villages, il faut insister pour obtenir quelques litres du précieux liquide. De fait, quand on toque à leur porte, les gens sont très réservés et distants. Mais on échange toujours quelques mots avec les marcheurs locaux, souvent des hommes accompagnés par leurs chiens. Les fermes, très dispersées, sont facilement à un jour et demi de marche du village le plus proche. Juste après une tempête de grêle, une famille fait une pause avec nous auprès d'un col : époux, épouse, belle-mère et trois gamins. Une petite fille porte sur le dos un magnifique cartable rose Barbie. Leurs chevaux sont harnachés de sacoches colorées et brodées de fleurs naïves, mais la Señora nous défend formellement de les photographier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les soirs, une petite pluie rafraîchit l'atmosphère, renforçant l'aspect Préalpes du paysage, très vert et rocailleux, où chaque replat est un pâturage. Après la pluie, les falaises délavées fument et prennent corps, comme si elles allaient marcher. De temps à autre, les condors nous survolent, mais on cherchera sans succès la falaise où ils doivent nicher. Au milieu d'arbres majestueux qui ressemblent à de vieux aulnes, J manque de piétiner un joli serpent vert vif, qui se laissera observer un moment avant de se fondre dans les herbes. Mille fleurettes égaient aussi les abords du sentier ; il y a même des crocus et des cactus-poupées. Entre deux bouquets, notre première grosse araignée poilue se laissera tranquillement chatouiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A trois jours de Peña Alta, l'école de Mollulo (3 familles) est déserte ; on refait provision d'eau à une source qui ressemble plutôt à une mare. Souvent, de petits cimetières sont installés sur les cols, très colorés, et des croix fleuries de plastique, plantées de guinguois, sont noyées dans les ichus. Malgré leur isolement, les lieux sont encore très habités ; c'est une Argentine très indienne, avec des scènes de vie qui nous font penser à la Bolivie et au Pérou. Quant à nous, on ne marche jamais plus de 6 h par jour, en goûtant les petits bonheurs du chemin, son ambiance harmonieuse et décontractée, ce petit air de chez-soi dans le paysage, le sentier large et bien tracé - pas besoin de regarder ses pieds. Quand on ne croise personne, on tente d'engager la conversation avec les caravanes de vaches, chevaux, ânes, qui utilisent eux aussi le sentier d'un air déterminé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout de quatre jours d'une montée progressive mais soutenue, nous voici à 4200 m d'altitude, sur un petit altiplano désert et minéral, où on découvre quand même quelques habitations mimétiques en tendant un peu l'oeil. L'orage nous poursuit, et un guanaco (le chameau local qui prend ici le pas sur la vigogne) fuit avec nous le mauvais temps. Des grêlons s'abattent en rafales, et couvrent les premiers cactus d'un manteau hivernal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée à Tilcara endormie vers midi, un bourg-oasis lui aussi très détendu, environné de hauts cactus, de rochers colorés, de demoiselles qui ont perdu leur coiffe, et de mille vestiges archéologiques. Le village ressemble un peu à une retraite de jeunes intellos porteños (les habitants de Buenos Aires), qui fuient le tumulte de la capitale pour s'installer là, au soleil et au calme. Beaucoup d'artisans, d'artistes, un musée palpitant, des activités d'éveil et d'art pour les enfants et les moins jeunes, et une Pucara, forteresse précolombienne. Très en ruines, sauf quelques îlots reconstitués, l'ambiance est un peu irréelle dans les endroits laissés à l'abandon : seuls subsistent le dessin des rues, les fondations des maisons et la nécropole, le tout envahi par une végétation piquante et fleurie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Purmamarca est un petit village de la même quebrada, devenu hyper touristique car adossé à une colline multicolore qui explose au soleil du petit matin contre les montagnes grises qui l'environnent. On habite deux jours dans une casa de familia, partagée un soir avec un jeune Espagnol très chaleureux, puis avec deux Italiens joviaux, et c'est l'anniversaire de l'un d'entre eux. La famille habite en fait un peu plus loin, et Jose ou son père passent de temps à autre pour discuter. Le loyer, on le dépose sur le haut du frigo qui ne marche pas, la confiance règne et c'est très agréable...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe toute une après-midi à siroter le maté, à l'argentine, en bouquinant ce qui traîne sur les étagères... comme à la maison !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-6375597650415961722?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/6375597650415961722/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=6375597650415961722' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6375597650415961722'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6375597650415961722'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/12/tropique-du-capricorne.html' title='Tropique du Capricorne'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-974109327794107110</id><published>2007-11-26T17:15:00.000-08:00</published><updated>2007-12-08T07:33:03.286-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chili'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nord-Chili'/><title type='text'>Choc culturel</title><content type='html'>Le passage au Chili est assez progressif ; on se contente au début de traverser la frontière sous le Parinacota pour rejoindre le village du même nom, situé un peu plus loin. Pourtant, dès la frontière, le choc des cultures est déconcertant... Les camions n'acceptent plus les passagers clandestins, et les bus font payer le prix fort. Le revers positif, c'est que le stop fonctionne, et une ONG belge nous amène à bon port en jeep (sièges en cuir). Les feuilles de coca passent la frontière sans problème et déclarées, et les graines récoltées dans la jungle ne sont pas détectées par les douaniers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Parinacota, minuscule hameau tout blanc, une grand-mère, Francisca, accepte de garder le surplus de nos bagages et de nous préparer une soupe au vermicelle ainsi que des pâtes aux oeufs et au vrai ketchup. On s'en va se promener vers les volcans en haut et vers la lagune aux mille oiseaux en bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En haut, c'est sec, volcanique, vaguement neigeux, et parsemé de petits monticules de basalte en cailloux et de petites lagunes aux eaux peu profondes où nichent et se nourrissent foulques géantes, canards et flamants roses. Les seuls prédateurs sont les mouettes : on assiste impuissants à un rapt de caneton, la mouette perfide ayant profité du dérangement occasionné par notre arrivée. Les viscaches se laissent admirer, assoupies, certaines se sont fait plumer. L'ambiance est surnaturelle avec en toile de fond le Parinacota et le Pomerape, que J n'a pas envie de grimper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En bas, c'est un immense bofedale vert, qui tourne autour d'une grande lagune, elle aussi remplie de piafs de toutes couleurs, et autour des alpacas, des vigognes et même de loin des nandous, cette espèce de petite autruche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est le même silence, la même immensité qu'à Sajama, le même dénuement au village, voire plus pauvre encore : chez Francisca, pas d'eau courante... mais qu'est-ce que la chambre dortoir est douillette, avec ses courtepointes et ses napperons tissés et tricotés main !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pris en stop par un couple de chiliens, on arrive à Putre, quelques kilomètres plus bas. La route est extraordinaire, un altiplano sec en général mais rempli de vie autour des quelques cours d'eau ou lagunes, avec énormement de vigognes qui jouent dans les ichus. Une route à rouler à bicyclette, qui débouche en plein sur le Pacifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Putre, beaucoup de militaires avec leurs affiches de recrutement, mais surtout une fête Aymara, qui rassemble par delà les frontières les aymaras du Chili, du Pérou, de Bolivie, pour partager gastronomie, danses, artisanat... sous l'oeil bienveillant de l'alcalde. Des groupes venant d'Arica se produisent aussi, et notamment un groupe théâtral où s'affrontent les riches, vêtus à l'espagnole à grands renforts d'éperons et de grands chapeaux, et les pauvres, qui font les idiots. Deux grand mères françaises assez charmantes sont dans l'assistance depuis la veille, toutes excitées par la fête et pas embêtées du tout de ne pas dormir jusque 4 h du matin. Le choc culturel est déjà tangible : la fête n'investit pas tout le village mais reste cantonnée tout en bas, autour d'un podium monté pour l'occasion, et les orchestres sont rares. C'est plus un spectacle pour les gens qui ont eu les moyens de se déplacer que la vie partagée en direct.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au soir, le bus nous amène à l'air de la mer, après une traversée fantasamagorique de déserts hétérogènes, et une section habitée de cactus candélabres, magnifiques arbres qui de loin ressemblent à des feuillus, et qui poussent dans des endroits insensés, en haut d'une crête toute érodée, ou au milieu d'un oued asséché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Arica, on croise notre premier Mac-Do, qui clignote clair dans la nuit noire, et c'est aussi l'heure de notre première altercation avec la gent locale, un taxi qui nous réclame plus d'argent que prévu et menace d'appeler les carabineros.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la nuit, une secousse assez brutale réveille J, qui réveille AJ mais trop tard, ça s'arrête vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le port d'Arica, visité longuement le lendemain, est une vraie débauche de vie marine : lions de mer, pélicans, mouettes, goélands, hérons se battent pour la moindre écaille de poisson, et les vautours lorgnent sur les déchets. Un chien s'amuse à défier les lions de mer en aboyant, les pieds dans l'eau, mais un simple grognement des bébêtes le fait reculer. Un peu plus loin, une messe à la mémoire de récents naufragés est célébrée en plein air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jet de bus à travers de sempiternels déserts, ponctué d'un contrôle de police interminable, nous amène à Iquique, ville étirée le long d'une côte désertique au relief chahuté. Née de l'exploitation du "salitre", un mélange naturel de nitrate de sodium et de nitrate de potassium qui servait à confectionner des explosifs, Iquique a survécu une première fois grâce à la pêche, et aujourd'hui, suite au déclin des ressources, elle est devenue une plaque tournante commerciale centrée sur un port de marchandises dynamique, et sur une immense zone franche. La ville peaufine son image pour attirer les estivants : de grandes plages de sable plantées de palmiers, des vagues à surf, des casinos, une rue piétonne branchée, beaucoup d'étudiants et d'enfants. Le vieux centre est charmant, des maisons géorgiennes en bois coloré et aux très hauts plafonds bordent les larges rues. Le choc culturel est ici définitif : un petit Nice sans le charme méditerranéen. Un soir, une série de concerts est organisée sur la grande place : on se croirait en été à Grenoble, avec en prime les parfums de la mer. Les groupes se succèdent, il y en a pour tous les goûts : ska, rock métissé, vieux crooner, jazz, pop latino, il manque juste les musiques traditionnelles ! Le groupe de rock vient de Concepción, et scande dans une de ses chansons que "la marijuana me pone muy feliz", devant pas mal d'élus car c'est une fête culturelle organisée par la ville. On est à 2000 lieues de la Bolivie ! Pourtant, lors d'un intermède discursif de l'attachée culturelle, un groupe de mineurs en grève essaie de prendre la tribune. Ils protestent contre l'entreprise qui les exploite tout en réalisant des profits scandaleux. Ils sont applaudis par une partie de la foule, puis évacués en douceur par les organisateurs du spectacle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On profite des quelques avantages du retour à la vie de citadins à la mode européenne : les voitures cèdent le passage aux piétons, et on s'offre un baptême de parapente car Iquique est un spot majeur pour le vol libre ; on peut même voleter de nuit ! Le décollage d'AJ est un peu difficile car des rafales de vent balaient la piste d'envol ; avec Leo le moniteur, on ne fait pas le poids malgré 5 kg de lest. Une fois en l'air, tout devient calme et suave, les mouvements sont très doux et le paysage vu de 500 m de haut est transfiguré : même les gratte-ciel et les chalutiers donnent une touche savoureuse au spectacle, où se détache la ligne blanche de brisants et les longues plages sableuses en demi-lune. Le parapente va même taquiner assez haut un nuage, avant de descendre dans une série d'acrobaties digne du rangers des fêtes foraines. On atterrit en douceur sur la plage au milieu des bronzeurs, en rasant les palmiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Iquique possède aussi un petit port de pêche, avec ses parasites paresseux qui profitent du nettoyage du poisson. Mais les lions et les pélicans sont moins nombreux qu'à Arica.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin, c'est la baignade dans le Pacifique, tout le contraire de l'image d'Epinal des tropiques : sable sombre, mer turbide et mousseuse, méduses, eau relativement fraîche (19 degrés), rouleaux courts et puissants. On n'ose guère s'éloigner du bord, ce Pacifique paraît encore plus retors que la mer d'Iroise... et puis nager en sachant les lions si proches et invisibles...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les plages de sable sont entrecoupées de bancs rocheux assez bas où se reposent quantité d'oiseaux : mouettes, goélands (certains, petits, tout gris, nichent en plein milieu du désert d'Atacama), huitriers, becs-en-ciseaux, limicoles. En ville, le soir, des nuées de cormorans et de vautours envahissent les palmiers, les antennes, les pylones et les bâtiments les plus élevés. Certains nichent même sur les lampadaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A un étage plus bas, les vitrines croulent déjà sous les décos de Noël, la consommation fait rage, le rythme est fébrile, les gens hyper-stressés, et la zone franche est une énorme galerie marchande, un vrai labyrinthe sans ciel nanti de fast-food bondés, et tous les produits importés se vendent bien. Parfois, les commerçants et les tenanciers d'hôtels sont très désagréables ; on s'accroche avec plusieurs personnes pour des broutilles, et on nous menace immanquablement des carabineros... notre désinvolture bolivienne n'arrange rien. On se sent étrangers et malvenus, et en plus les prix commencent à être un peu hauts pour nous. Pourtant, il y a 5 ans, le Chili patagonien nous avait laissé une agréable impression...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A une nuit et une matinée de bus, on rejoint San Pedro de Atacama, non sans avoir été réveillés au milieu de la nuit par un ridicule contrôle de douane entre la première et la deuxième région, avec déchargement-rechargement de tous les bagages sans que personne n'y jette un oeil... L'ambiance des bus est très différente de celle à laquelle Pérou et Bolivie nous avaient habitués : finie l'atmosphère familiale, les rires, les discussions impromptues, les arrêts incompréhensibles, les enfants qui jouent dans le couloir... Les contrôles de police sont fréquents, et on sort sans arrêt ses papiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;San Pedro est un vrai gringoland, le seul lieu vraiment touristique du Nord du Chili. Malgré l'affluence, le village est agréable et reposant, charmant avec son église blanche au toit d'adobe, ses ruelles poussiéreuses, ses petites maisons basses. Beaucoup d'étrangers ont fait souche ici, à louer des vélos, vendre la cuisine française, organiser des tours, monter des hébergements. La manne touristique est exploitée à fond : la plupart des sites sont chers, beaucoup sont si éloignés qu'il faut y aller en voiture, et le Licancabur se grimpe désormais obligatoirement avec un "guide" alors que l'ascension est facile ! On abandonne l'idée de monter au fameux volcan, et c'est à VTT qu'on part à la découverte du Salar d'Atacama et de la Vallée de la Luna pendant deux jours. Coup de chance, deux paires de petites sacoches nous permettent d'emporter provisions et duvets. La promenade dans le Salar est ardue, le soleil cinglant et lourd, la réverbération intense ; on brûle. L'air est curieusement salé. La piste nous fait gouter aux quatre délices du vélo itinérant : poussière, sable, tôle ondulée, vent. Heureusement, on tombe par hasard sur une lagune féérique et inquiétante à la fois, tellement salée que l'eau est dense, et semble précipiter quand on l'agite. Dans cet univers abrasif, où les herbes du rivage sont pétrifiées de blanc, quelques oiseaux, flamants et avocettes, passent tranquillement leurs journées. Un peu plus loin, la baignade dans les eaux fraîches et moins salées d'un Ojo est tellement agréable qu'on s'y replonge au retour. Comme l'Ojo del Inca de Potosi, celui-ci est parfaitement rond et insondable, et des légendes de disparition de touristes courent à son sujet. Le cul en compote, des ampoules aux pieds et aux mains, les réserves d'eau à sec, c'est avec bonheur qu'on rejoint la route asphaltée jusqu'au village de Toconao, atteint à la tombée de la nuit. Au cours d'un repas mitonné au réchaud sur la place, en écoutant chanter les soeurs péruviennes du couvent tout proche, un habitant nous propose de venir dormir chez lui. Contents de profiter d'un de nos rares contacts amicaux au Chili, on s'empresse d'accepter, d'autant qu'il est tard et qu'on ne sait pas où aller dormir. Il nous installe dans un réduit de bric et de broc de sa cour, il a même acheté une ampoule, et disposé des bâches plastique sur le sol. Là, J est très déçu, qui s'attendait à être somptueusement accueilli et fêté, et à dormir dans un lit à baldaquins. De fait, notre hôte ne nous présente pas au reste de la famile, qui semble moyennement réjouie de nous voir ici... Une fois matelas et duvets installés, on s'aperçoit qu'on ne pourra pas dormir car c'est vendredi soir, et un groupe de jeunes s'est installé dans le jardinet pour chanter à la guitare, boire des bières et rigoler très fort. Alors, comme on est un peu fatigués pour s'incruster, on plie bagages et on reprend la route, en s'excusant un peu maladroitement... Bivouac à la pleine lune, en plein désert, non loin de la route ; en arrière-plan, le volcan Lascar, à l'énorme cratère éventré, fume gentiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un petit déjeuner dans un étrange bois de vieux acacias en fleurs, peuplé d'abeilles, on regagne San Pedro dont c'est aujourd'hui la fête annuelle. On y assiste à un curieux spectacle de danses à l'allure tahitienne... C'est une troupe folklorique de l'Ile de Pâques ; les jeunes danseurs dégagent une extrême sensualité, se déhanchant tout nus sous leurs pagnes en plumes ! J se fait interpeller par un carabinero, car il boit une canette de bière en dégustant son pique-nique sur la voie publique...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, on s'en retourne de l'autre côté du Salar, vers des ruines précolombiennes intégralement construites d'adobe, et recouvertes par les sables. L'indienne atacameña, qui gère l'entrée du site, nous raconte des histoires locales, dont les dangers de la baignade dans l'Ojo... La langue atacameña s'est perdue, les communautés locales s'organisent pour tirer profit et protéger les sites touristiques les plus visités. Mais les tempêtes de sable se déchaînent, nous empêchant de visiter le site. De front dans le vent violent, nous voilà partis un peu tard dans la vallée de la Lune, une route raide dans la Cordillère de Sel, qui permet d'embrasser un fabuleux mais glaçant paysage qui n'accueille pas une fleur, pas un animal, pas un oiseau. C'est effectivement lunaire, d'immenses dunes de sable blanc ou noir alternent avec des bancs rocheux striés, décapés, parfois nimbés de sel, délicatement colorés dans une dominante ocre. On court un peu pour rejoindre les points de vue avant la nuit, un peu désappointés d'être arrivés si tard. Du haut de la crête, le spectacle est vraiment spectaculairement lunaire ; des vallées vides et silencieuses, hyper-minérales, où se dressent parfois des monolithes ou des cônes en série. Tout est figé, comme pétrifié au lendemain d'une catastrophe, et des vents de sable nous cinglent la peau. Bivouac entre la cordillère de sel et le Salar, dans le recoin d'un oued à sec, en dérangeant un pigeon solitaire bizarrement venu lui aussi se réfugier là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La route qui nous emmène en bus vers l'Argentine le lendemain s'approche du Licancabur, et laisse entrevoir les somptuosités du Sud-Lipez, qui à notre avis doivent de préférence se goûter, mais aussi se mériter, à vélo... L'objet d'une prochaine escapade ? De l'autre côté des Andes, après un voyage en bus une fois de plus spectaculaire, on plonge dans la "buena onda" argentine, en s'arrêtant à Jujuy. A peine arrivés, nous voilà embarqués dans un asado de folie jusque tôt le matin, avec une bande d'Argentins déchaînés, dont les jeunes gérants de l'hôtel, une Normande et deux Suisse-Allemands ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Chili est déjà loin !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-974109327794107110?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/974109327794107110/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=974109327794107110' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/974109327794107110'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/974109327794107110'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/11/choc-culturel.html' title='Choc culturel'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-6814124320607738368</id><published>2007-11-21T09:22:00.000-08:00</published><updated>2007-11-21T10:58:56.965-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='impressions de voyage'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>Robin de la Jungle</title><content type='html'>En trois mois de Pérou, l'actualité sociale du pays ne nous a pas vraiment sauté aux yeux, si ce n'est les revendications de différents corps de métiers, un sentiment de défiance grandissante envers le pouvoir en place, et l'inquiétude vis-à-vis de l'inflation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Bolivie, en revanche, la politique, le débat social sont omniprésents et passionnants. On a l'impression d'être au coeur de grands changements, ou d'un laboratoire un peu risqué qui risque de ne pas faire long feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est peut-être l'extrême hétérogénéité, la diversité de la population qui rend la situation si intéressante. La Bolivie est le pays andin où la population indienne (aymaras, quechuas, guaranis ; les quechuas sont les descendants des Incas) est la plus importante, d'où des modes de vie très tranchés d'une région à l'autre. C'est aussi un des pays au monde où la richesse est la plus inéquitablement répartie : quelques très opulents, énormément de très pauvres et une masse énorme de travailleurs pauvres, le plus souvent non salariés. Résultat, le temps ne coûte rien, ou presque, c'est vraiment ce qui nous a marqué en Bolivie, et de là découle aussi un art de vivre plein de quiétude apparente et de rires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une petite fraction de la population (d'origine coloniale) qui concentre la richesse et historiquement le pouvoir ... jusqu´à il y a un peu moins d'un an. Evo Morales, cocalero de la région de Cochabamba, est élu au premier tour. Un film récent retrace son itinéraire, depuis son enfance très pauvre sur l'ingrat Altiplano jusqu'à son élection, un vrai conte de fées. Evo Pueblo, c'est le titre du film, insiste sur les origines indiennes du président, osant même un parallèle avec le dernier Inca, écartelé par les colons, qui aurait crié : "Je reviendrai !". Aymara, parti de rien, le film montre à quel point Evo Morales est passionné de foot et de filles, évoque le panel des métiers qu'il a exercés, depuis maçon jusqu'à couturier, en passant par trompettiste et comment il devient, comme par miracle, car ses dons d'orateur sont assez pitoyables, leader des cocaleros. Beaucoup de slogans encensent Evo sur les maisons, dans les rues : il y a même "Evo es Dios "! Mais on dirait que la période de grâce est close, car on rencontre beaucoup de ses détracteurs, surtout dans les couches les plus aisées. Et même les plus pauvres, à qui on avait promis beaucoup, commencent à critiquer le gouvernement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le programme d'Evo et de son parti prévoyait un vaste exercice de redistribution des richesses envers les plus pauvres, en se basant sur les revenus supposés croissants tirés des ressources naturelles (mines, forêts, pétrole, gaz). Le sous-sol de la Bolivie recèle en effet bien des trésors. C'est aussi un des pays au monde qui reçoit le plus d'aides extérieures, ce qui est vraiment paradoxal !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pour toucher ces revenus, il faut encore maîtriser la production, qui est largement aux mains d'entreprises étrangères. La nationalisation des ressources est donc en cours. Il est aussi question de créer une rente (modeste : 20 €/mois) pour toutes les personnes âgées privées de retraite. Elle serait financée par un retour à l'état d'une partie de l'IDH (un peu notre TIPP), que touchaient les régions... Et ça râle, ça proteste, ça fronde. Evo tape où ça fait mal, et cette affaire est symptomatique d'un problème essentiel de la Bolivie : un pays coupé en deux. D'un côté l'ouest, le haut, l'Altiplano, aux traditions et aux fêtes indiennes vives, pauvre, d'agriculture ingrate, et de mines. De l'autre, l'ouest, les basses terres, plus riches, où des estancias prospèrent sur les ruines de la forêt. Santa Cruz s'affirme comme centre d'une région très autonomiste, voire sécessioniste, qui refuse la solidarité nationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont aussi deux visions de l'avenir de la Bolivie qui s'affrontent. Les plus riches prônent l'autonomie territoriale sur la base de régions (chacun pour soi, avec un risque d'approfondissement du fossé entre les deux Bolivie). Evo et son parti, généralement soutenus, mais jusqu'à quand, par la masse des plus pauvres, tentent de concrétiser une toute autre conception du pays. L'idée est de renforcer le cadre de l'Etat, qui serait chargé de mieux répartir les richesses, avec un niveau d'autonomie relativement faible pour les régions, mais aussi une autonomisation des communautés indigènes. C'est finalement un programme politique extrêmement novateur, qui tranche totalement par rapport à une politique libérale que les Etats-Unis et les instances financières internationales aimeraient imposer à la Bolivie. C'est aussi une reconnaissance en actes du fait indigène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette politique isole la Bolivie sur le plan international, d'autant que Evo est viscéralement anti-impérialiste, ce qui se comprend : d'origine indienne, son itinéraire personnel est marqué par la lutte contre les politiques d'éradication de la coca inspirées par les Etats-Unis. Au passage, l'éradication de la coca est une illustration particulièrement absurde d'impérialisme occidental. Il suffit de passer quinze jours dans les Andes pour mesurer la profondeur sociale et historique de la consommation de coca. Sa mastication permet aux populations les plus laborieuses de supporter l'effort et l'ennui du travail, de moins sentir la faim et atténue les effets de l'altitude. C'est également une pratique sociale, avec des accents nettement religieux. L'apport alimentaire de la mastication est également loin d'être négligeable. Naturellement, à la conquête espagnole, la coca a été violemment diabolisée par l'Eglise, du fait de ce caractère sacré. Mais sa consommation a été imposée aux esclaves dans les mines quelques années plus tard, quand les colons se sont aperçus de ses vertus productives ! Et depuis lors, la coca, réservée aux aristocrates chez les Incas, s'est profondément enracinée dans le peuple. Du côté étatsunien, la cocaïne, drogue dérivée de la coca, possède des propriétés analogues pour les yuppies newyorkais et les cadres stressés. Le problème, c'est que la cocaïne est mortelle ... Alors, au lieu de traiter correctement le problème chez eux, ils tentent (mais ils se sont calmés) d'éradiquer tout bonnement la coca en Bolivie, en offrant au passage un défouloir supplémentaire à de nombreux conseillers militaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça pour dire qu'Evo ne doit rien attendre du puissant voisin. D'autant qu'il doit financièrement son élection à un ami peu fréquentable, Hugo Chavez ! Du coup, la politique extérieure de la Bolivie  est bâtie sur des alliances douteuses et parfois artificielles avec le Vénézuela, Cuba, et même l'Iran. Le Pérou et le Chili voisins, assez alignés US, sont aux antipodes politiques. Même le Brésil de Lulla n'est pas bien chaud à cause d'un gros différent gazier... Et l'Argentine actuelle est loin d'être aussi révolutionnaire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, la réalisation de ce programme nécessite rien moins qu'une nouvelle constitution. L'élection d'une Constituante qui établirait une Constitution ad-hoc est le point-clé du programme politique d'Evo. Et là ça patine ... Pas ou peu d'avancées concrètes en presque un an de blabla. Aux dernières nouvelles, le débat sur la localisation des pouvoirs bloque les travaux de l'Assemblée. Car la Bolivie ne sait pas où est sa capitale... Sucre (capitale historique)  ou La Paz (siège effectif d'une grande partie des pouvoirs) ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evo ne laisse donc pas indifférent : un costume présidentiel plus proche de l'habit traditionnel Aymara que du costume-cravate, une bonne bouille, un itinéraire atypique de Robin des Bois dans un pays où le Che est une idole. Il lui reste moins de quatre ans pour tenir ses promesses et les retards comme la confusion s'accumulent. Les opinions à son sujet divergent : "Evo es Dios", "il fait changer les choses, mais les résistances sont trop grandes", "Evo trahit le peuple et ne tient pas ses promesses", "il vend la Bolivie à Chavez", "c'est un mystificateur, un populiste", "les maires et les préfets détournent les fonds de développement". Une chose  est sûre, l'Etat de grâce est terminé et les couteaux sont tirés. Un patron de tienda, adversaire politique mais respectueux de la tentative, nous affirme : "c'est très ambitieux comme programme, mais il faudrait à l'équipe bien plus d'expérience et d'intelligence politiques".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit à petit, l'expérience s'acquiert sans doute, mais pour qui le temps joue-t-il aujourd'hui, lui qui en coûte si peu en Bolivie ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-6814124320607738368?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/6814124320607738368/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=6814124320607738368' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6814124320607738368'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6814124320607738368'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/11/robin-de-la-jungle.html' title='Robin de la Jungle'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-410577631252288543</id><published>2007-11-20T16:51:00.000-08:00</published><updated>2007-11-21T10:08:35.735-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Potosi'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sajama'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>En direct du magma</title><content type='html'>Dans les entrailles brûlantes du Cerro Rico, au-dessus de la petite ville coloniale de Potosi, les mineurs s'acharnent encore à extraire des métaux de cet hallucinant gruyère, même si le filon d'argent s'épuise. Bien qu'ils soient organisés en coopératives indépendantes, les conditions de travail demeurent impensables. Avec un salaire de 2.000 Bolivianos par mois, ils gagnent relativement bien leur courte vie. A titre d'exemple, un garçon de café gagne entre 600 et 1.000 Bol par mois... et on arrondit souvent les fins de mois en petits boulots parallèles : rares sont les heureux (?) salariés ! De plus en plus, le tourisme devient le nouveau filon, car la visite des mines est le must de Potosi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On aime bien profiter des eaux chaudes naturelles quand il s'en trouve sur notre chemin, et justement à 20 km de Potosi, l'"oeil de l'Inca" fournit une eau thermale très appréciée des locaux. Ce dimanche, on se croirait à la kermesse : chacun vient en famille avec son véhicule, taxi, combi ou camion. On barbecute, on lave le linge et les voitures, on joue au foot, on se baigne. A la nuit tombante, tout le monde s'en va et nous voici seuls en compagnie du gardien Freddy, de sa femme et de ses quatre chiens. L'ojo del Inca est une petite mare qui fume et qui bout. Un peu plus haut, un étang appelle à la baignade, avec une eau à 25 degrés ; on y campe une nuit même si des mystères enveloppent le lieu : l'eau pourrait sortir la nuit et rendre dangereux le camping aux abords, ou bien des tourbillons de fin d'après midi auraient entraîné des disparitions suspectes... il paraît que sa profondeur atteint 4 km ! Le lendemain matin, J reste tranquillement sur le bord à barboter et à plonger, AJ nage, va siroter dans les bulles au centre, revient, pendant que la femme de Freddy apprend à nager à ses deux chiots... Pas d'événement suspect aujourd'hui !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autres échos de la terre nous parviennent à Sajama, dominé par son volcan éponyme. Le petit village d'adobe, à 4200 m d'altitude, essuie en permanence un vent cinglant au milieu de la puna sèche et des bofedales humides où paissent lamas et alpagas. Au soir, quand ces derniers se couchent au milieu des touffes d'ichus, leurs deux oreilles enrubannées de laine rouge, on croirait un champ d'oeufs de Pâques. Tout autour, des volcans souvent enneigés percent l'immense plaine, comme les jumeaux qui marquent la frontière chilienne : le Pomerape et le Parinacota, à plus de 6000 m d'altitude. Des phénomènes volcaniques chatouillent ici la surface de la terre. Au bout d'un chemin sablonneux de 8 km, la végétation laisse place à un champ nu et blanchâtre, qui fume. Un peu partout, de profonds trous d'eau bouillonnent, certains transluscides, d'autres boueux. En fonction de la température, qui à bout de doigts s'échelonne entre 25 et plus de 80 degrés, les parois sont minérales, souvent roses et violettes, ou bien des algues vertes, ocres ou oranges se développent et une croûte blanche ceint le pourtour. Telles deux petits geysers, deux marmites en surchauffe éclaboussent et alimentent le rio qui traverse opportunément le secteur. La baignade dans les flots d'eaux mélangées donne un délicieux jacuzzi naturel à température variable, duquel on s'extirpe à grand peine dans le vent et le froid du couchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En visite chez la Señora qui détient les clefs de la pitorresque église, blanche et lumineuse, le sol se met à onduler comme un train de vagues pendant plus d'une minute... Vite, sortir de la tienda, et on est comme sur la mer. Pas de dégâts ici, mais on est un peu inquiets pour le Chili.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On tente l'ascension du Sajama, sans doute le plus haut sommet de Bolivie à plus de 6500 mètres, mais bêtement, en deux jours. Le chemin part du village et traverse des bosquets de queñuales plantés dans le sable, où se promènent des vigognes qui gémissent à notre approche. Un peu plus haut, vers l'idyllique campo base (à 4600 m), des monceaux vert vif de llareta contrastent avec le flanc sud du volcan, aux teintes pastels, déchirées, verticales. Au-delà, l'univers se minéralise et on plante la tente au campo medio (5250 m), au creux d'un abri qui nous protège du vent violent. Au loin vers l'est, les nuages s'amassent sur la cordillère royale, minuscule chapelet de montagnes vue d'ici. A 2h30 du matin, la tente affalée, on avale difficilement trois galettes et on s'engage dans un pierrier infâme. On se trompe d'ascenceur pour atteindre le campo alto (5700 m) : une flèche bleue nous invite à nous engager dans le premier couloir, la montée d'hiver, praticable enneigée, mais qui s'avère sèche, raide, glissante et très exposée. Un peu exténués, on commet l'erreur de continuer alors que l'aube qui point nous éclaire l'itinéraire. On s'attend à toucher enfin la neige, mais les éboulis meubles persistent jusqu'à plus de 6000 m. Un petit ressaut amusant, flanqué de pénitents, marque l'entrée sur le glacier. Au-delà, la progression dans l'espace des 6000 est ardue, essoufflante, frigorifiante. Le spectacle de l'aube qui se lève sur ce sommet tout isolé doit être radieux, mais le plaisir est absent, et on n'en profite pas. Les pénitents qu'on était si heureux de découvrir nous arrêtent à 250 m du sommet : des milliers de marches de glace pure qui s'enchaînent, de toutes les tailles, et il faut trouver son chemin pour s'élever péniblement, comme à travers un labyrinthe, en dénichant l'itinéraire le moins fatigant. Mais on n'en voit pas le bout, et on ne se sent vraiment pas dans notre assiette. Une marche un peu plus haute que les autres nous arrête et on fait douloureusement demi-tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quoi de plus normal qu'un but au Sajama, qui accueille périodiquement des matchs de foot à son sommet ! Provocation toute bolivienne vis-à-vis de la FIFA, qui s'oppose aux matchs internationaux d'altitude, évinçant ainsi La Paz...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-410577631252288543?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/410577631252288543'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/410577631252288543'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/11/en-direct-du-magma.html' title='En direct du magma'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-5234068036698635576</id><published>2007-11-08T18:41:00.000-08:00</published><updated>2007-11-21T09:07:38.600-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='impressions de voyage'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>A table !</title><content type='html'>Difficile de mourir de faim en voyage en Bolivie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la rue, la "comida al paso" abonde... empanadas (beignets le plus souvent fourrés au fromage), salteñas (un peu de viande, de légumes en sauce, dans une pâte plus ou moins épaisse), salchipapas (saucisses de Frankfort en rondelles baignant dans l'huile avec des frites, et profusion de ketchup-mayonnaise), hamburguesas diverses, papas rellenas (patates fourrées), yuca frit, brochettes, jus de fruits frais, gélatine immonde, yogourts, jus de quinoa... La nourriture change au cours de la journée, les plats se succèdent sur les stands ambulants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les quartiers populaires sont farcis de restaurants, gargotes où on sert invariablement, surtout à midi, un menu composé d'une soupe puis d'un "segundo" plus ou moins au choix, le tout arrosé d'un "refresco", soda ou jus de fruit allongé, le tout pour à peu près 1 Euro. La soupe est généralement abondante et succulente, de légumes, de riz, de pâtes, de quinoa, de blé, de cacahuète, parfumée d'herbes avec un bout de viande pour donner du goût. Comme "segundo", on sert souvent une sorte de viande en sauce avec du riz, ou du poulet frit, une milanesa, ou du poisson (pejerrey).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cas de grosse envie de frites, et pour un poil plus cher, on peut toujours se ruer sur une "polleria", "pollo broaster"ou "pollo al spiedo", qui sert uniquement du poulet-frites, parfois avec riz, pâtes ou bananes plantain, et qui font souvent le plein, surtout chez les jeunes. Le poulet est servi par huitième, quart, demi, voire entier, avec parfois un buffet de légumes en entrée et des sauces à volonté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, ce qui revient le plus cher, c'est la bière, qu'il faut le plus souvent acheter séparement dans une "tienda", à 0,5 Euros la canette. Les meilleures, ce sont à notre goût la Paceña traditionnelle et la Huari. La pire, sans doute la Potosina, par bouteilles d'un litre, qui déborde de mousse interminablement... Pas de vin pour le peuple, c'est une boisson de luxe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les villes touristiques, les restaus "lonely planet" abondent, et servent pour ce qu'on en a testé une nourriture banale et souvent affligeante, voire toxique, pour trois fois plus cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De temps en temps, un restaurant élégant relève le plat, et les prix restent compétitifs par rapport à un kebab chambérien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En moyenne, la gastronomie nous a paru plus fine et plus variée au Pérou qu'en Bolivie. Mais depuis le début du voyage, pas un plat au restaurant sans son accompagnement de riz, pas un repas sans sauce pimentée (aji), servie à part dans une coupelle ou un bocal, à volonté, pas une gargote où les sodas divers ne coulent à flots. On ne boit ni vin, ni eau, ni café, et on ne fume pas, même si ce n'est pas interdit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Travaux pratiques en rentrant, ça vous dit ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-5234068036698635576?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/5234068036698635576'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/5234068036698635576'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/11/table.html' title='A table !'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-7892027033301757839</id><published>2007-11-05T18:02:00.000-08:00</published><updated>2007-11-21T09:12:47.635-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='impressions de voyage'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>Marchés, fanfares et jus d'oranges</title><content type='html'>Si les grands espaces nous hallucinent, les villes boliviennes qui ponctuent notre itinéraire épicent chacune à leur manière le voyage : La Paz, Trinidad, Cochabamba, Oruro, Potosi. Chacune a son atmosphère, ses bizarreries, sa nonchalance, son curieux mélange de modernité et de tradition : comme ces femmes aux nattes accrochées l'une a l'autre et ornées de pompons, aux jupes courtes et empilées qui leur donnent une silhouette empesée, un téléphone portable hyper plat à l'oreille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'empreinte coloniale transparaît plus ou moins nettement dans chacune de ces villes, mais c'est à Potosi qu'elle est la plus marquée (on n'a pas vu Sucre, LA capitale coloniale et paraìt-il LA plus belle cité bolivienne !). Potosi, créée au XVIème siècle, a brillé jusqu'au XVIIIème, par la grâce de sa montagne aux filons d'argent, le Cerro Rico, et de millions d'esclaves-mineurs tués au travail. Probables témoins de la mauvaise conscience des nobles espagnols, ou simples témoins des moeurs d'antan, pas moins de 80 églises et quelques couvents quadrillent les vieux quartiers. D'antiques balcons de bois ajourés sont suspendus au-dessus de ruelles biscornues, les hautes portes sont encadrées de pierres taillées finement sculptées, avec souvent la lune et le soleil, et le monogramme IHS au milieu, toujours le syncrétisme...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Paz fourmille du matin à la nuit, un incroyable lacis de rues en pentes raides et glissantes, redoutables pour les semelles et même pour les pneus lorsqu'il pleut. La richesse est concentrée au fond de la cuvette, plus chaude et plus oxygénée, alors que les quartiers populaires jouissent 600 m au-dessus d'une vue splendide sur les montagnes et sur la fourmilière. Plus haut encore, sur la plaine qui mène au lac Titicaca, la ville champignon de El Alto, contigüe à La Paz, recueille les émigrés les plus pauvres de l'Altiplano. En arrivant depuis Copacabana, on est saisi par le spectacle de ce canyon urbanisé de haut en bas. De petites maisons se serrent sur les pentes ; seuls quelques moignons de terre érodée restent inoccupés. Au contraire, une armada d'immeubles hauts et modernes tapissent le fond de la gorge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Paz fourmille... de l'homme ou femme d'affaires pressé en cravate ou tailleur au vieux mendiant habillé d'antiques mantas, en passant par les innombrables vendeurs de rues aux innombrables produits, aux innombrables métiers. Les vendeuses ne passent pas inaperçues, elles investissent les trottoirs fermement campées au milieu de leur étalage, entourées de leur lourde robe et de leur grand châle, et toujours coiffées de leur inénarrable chapeau melon porté haut sur le dessus de la tête, tenant comme par miracle. Parfois des bébés dorment tranquillement au coin de l'étalage, et la journée de travail est ponctuée par l'allaitement et les couches. Les petites filles portent dès la naissance des boucles d'oreille. Les détails pleuvent sur la ville, et quand on la regarde on ne sait plus ou donner de la tête... cireurs de chaussures masqués d'un passe-montagne, réparateurs de vieilles savates entassées près de la machine à coudre, ateliers pèse - personnes pour vérifier son poids, collégiens en élégant uniforme, vieux Dodge pétaradant a l'assaut des pentes, flics aux sifflets régissant la circulation aidés par des étudiants déguisés en peluche, trafic intense sans aucune priorité au piéton, petites manifs ou défilés au fil des rues, odeurs de poulet frit et de pisse, enseignes anarchiques, horizon de fils électriques, amoureux timides ou fervents, stands de fleurs et de téléphones, lamas séchés, et chaque mètre carré de rue est occupé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cimetière est un petit concentré de la ville. Le dimanche, on y vit comme dans la rue. Il y a même de vrais immeubles avec escaliers, balcons, où les caveaux sont empilés comme les cages à lapins dans nos tours de banlieue. On se perd dans les ruelles bordées de caveaux vitrés superposés. Ceux du haut sont accessibles via des échelles de bois disposées au coin des rues. Derrière les vitres, le nom du disparu, la date de sa mort et de nombreux présents miniatures pour l'accompagner dans son long voyage : nounours, bonbons, alcool, feuilles de coca, fruits. Des fleurs partout, des couronnes, elles volent au vent. Et au bout des rues du cimetière, les pentes qui mènent à El Alto chargées de maisons comme un prunier de ses fruits lourds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Trinidad, les fourmis sont à deux roues et sillonnent les rues, tournent autour de la Plaza en négociant leur trajectoire entre les 4X4 et les quads. A Cochabamba, le marché occupe un pan entier de la ville : fruits et légumes, viandes, téléphones, radios, piles, herbes aromatiques, papier toilette, ketchup et mayonnaise, bière, alcool pur, vin et whisky, poisson, laine, chaussures, pantalons, gants de boxe, clous et vis, farine, épices, pain, foetus de lamas, mantas industrielles et artisanales, repas sur le pouce au coin d'une table, tête de vache ou de brebis, onguents magiques, produits bio, crèmes nivea...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les villes ont leurs marchés, toutes les villes ont leurs fanfares, leurs danses, leurs défilés. A Oruro, l'ambiance est animée et joyeuse : les étudiants préparent la rentrée universitaire. Le défilé carnaval dure toute la journée du samedi, point d'orgue d'une fête de trois jours. Les parades s'enchaînent, innombrables, du matin au matin. La plupart sont en grand costume délirant mais traditionnel. Du métal, des tissus multicolores, des filles en petite tenue, mini robe froufroutante d'or et d'argent et grandes bottes assorties sous un chapeau à plumes. Elles se dandinent sur un pas répétitif, en scrutant la foule avec un grand sourire maquillé, les bras ondulant en rythme. Leurs collègues masculins suivent en petits groupes, enfermés dans une armure ronde à plusieurs étages. Un orchestre clôt chaque cortège, souvent une fanfare jouant très haut de ses cuivres et de ses tambours un air traditionnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autres cortèges sont plus sobres, avec de vieux costumes paysans, de grosses laines brodées, les garçons en pantalons de toile et gilets, chaussés de sandales en pneus ou de grosses godasses ornées de cloches et d'éperons. Des flûtes de roseaux et des chants accompagnent alors les danses. Oruro est de fait la capitale folklorique auto proclamée de Bolivie. En février, le carnaval attire des fêtards de tous les pays et au-delà. Le clou des défilés est la fameuse diablada, une danse du bien et du mal, où s'affrontent une armada de diables tous plus effroyables les uns que les autres et l'archange St Michel, inquiétant lui aussi, aux ailes blanches et au glaive menaçant, sous l'oeil bienveillant de bons gros ours aux masques exhubérants, aux yeux protubérants. On a la chance d'y assister un soir. Les danses sont assez énergiques, avec des fumigènes colorés et des pétards, des feux d'artifice au beau milieu du cortège. Un chien un peu fou tourne autour des pétards en aboyant, et quand ils ont fini de s'enflammer et d'exploser, il s'en empare furieusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et toutes les villes ont leurs fanfares, leurs défilés, leurs processions, souvent par corps de métier. Ils investissent les rues comme par surprise et les danseurs portent des crécelles aux formes symboliques, souvent des autos, des bus ou des maisons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et chaque ville possède sa place agréable et arborée ou l'on déguste d'odorants jus d'oranges pressées en direct par des vendeurs qui promènent leurs petits étals roulants. Les photographes de rue vous tirent le portrait, les écrivains publics vous rédigent les lettres à la machine, les amoureux se susurrent à l'oreille sur les bancs, les enfants apprennent à marcher, c'est comme un havre de paix au coeur de la fourmilière.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-7892027033301757839?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7892027033301757839'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7892027033301757839'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/11/marchs-fanfares-et-jus-doranges.html' title='Marchés, fanfares et jus d&apos;oranges'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-6115739013001269008</id><published>2007-11-05T16:31:00.000-08:00</published><updated>2007-11-08T19:39:16.340-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Salar d&apos;Uyuni'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>Marée basse</title><content type='html'>Jirira est posé comme par enchantement a 500 mètres du fameux Salar d'Uyuni, sous le volcan Tunupa, aujourd'hui paisible. Un village de poupées en adobe et ichu, avec une mignonne église a l'étrange façade un peu baroque. Entre les maisons et le salar, des champs sablonneux où les plants de quinoa commencent à pousser d'un beau vert tendre, puis des pâturages à lamas et à vigognes, à l'herbe si rase qu'on se demande ce qu'ils peuvent encore se mettre sous la dent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au petit matin, la mer de sel resplendit et reflète le soleil levant déjà sans pitié. De la chambre de l'hospedaje, on voit une piste y pénétrer comme dans rien. Une presqu'île aride d'amas volcaniques abrite une forêt de cactus candélabre aux fleurs citron exhubérantes. Entre le salar et la terre ferme, l'eau miroite par endroits et des familles de flamants - adultes rose bonbon et jeunes gris souris - s'ébattent, plutôt farouches. Doña Lupe nous héberge dans un hospedaje très familial, désert. Deux français coureurs, Matthieu et Ludo, nous y rejoignent assez vite ; sur la trace de Djamel Balhi, ils sont décidés à affronter le Salar (&lt;a href="http://www.panandina.canalblog.com/"&gt;http://www.panandina.canalblog.com/&lt;/a&gt;, il y a même une photo de nous).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cour est plantée de cactus, décorée de troncs de cactus dénudés, et la charpente plus que centenaire est en cactus aussi. C'est un bois très décoratif, trés fin, comme tressé, avec des vides à la place des épines. Aux quatre coins, des herbes aromatiques, citronnelle et fenouil, agrémentent cuisine et matés. Un puits profond de 12 mètres rejoint une eau douce qu'on puise à l'aide d'une longue lanière en pneu recyclé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a rencontré Doña Lupe dans le combi assez brinquebalant qui nous a menés au village. Aucune ligne régulière ne dessert Jirira depuis Salinas, terminus des bus d'Oruro ; la bonne aubaine que ce transport inespéré, au presque saut du bus ! Le chauffeur, sa femme et son petit garçon sont un peu pressés de faire monter les passagers car le véhicule n'a pas de lumières, et il est déjà 18h... On s'entasse avec trois grand-mères très enjouées, très gaies, et quatre boliviens en vacances. Le paysage est plaisant dans le crépuscule, le salar se laisse deviner, ainsi que la cîme du volcan qui paraît de ce côté assez infranchissable. Le véhicule embarque au bas mot 30 litres d'eau versés par bouteilles entières dans un radiateur en miettes et tout fumant ; au bout d'une heure, on refait le plein. Une portion de piste très sableuse est avalée de justesse, mais une légère cote nous arrête ; le plan A, c'est de déposer des cailloux à l'arrière des roues pour reprendre élan dessus pendant deux mètres, puis recommencer. Au bout d'un moment on cale et c'est le Plan B, tout le monde descend et pousse dans l'obscurité naissante. A deux km du village, la nuit est bien là, et après un petit écart dans le fossé, le chauffeur accepte l'aide de la frontale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mari de Doña Lupe est un grand-père gâteau très en verve qui lance des vannes à tout propos (vous les français vous êtes grands mais faibles, alors que nous les boliviens, on est tous petits, tous moches mais costauds). Il nous indique la direction à suivre pour monter au volcan et pour traverser le salar... Ça n'a pas l'air de le choquer, quelques français fous ont déjà fait étape chez lui pour rejoindre Uyuni a pied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En milieu d'après midi, alors que le ciel se couvre et que le tonnerre gronde au loin, on entame l'ascension vers le mirador a 4700 m, depuis lequel on embrasse l'étendue du salar, ou des îles disséminées pointent, noir sur blanc. De l'autre côté, les pentes du volcan sont très colorées, rouge vif, blanches, ocres. On campe là, au milieu des llaretas (mousse verte très dure qui enduit le sol), des ichus feu-follet (grandes touffes d'herbe piquante), des épineux et des queñuals (l'arbre le plus haut du monde). Après une nuit sombre et calme, au froid vif après un mois de jungle, on se lance a l'assaut du volcan dans des éboulis meubles et des rochers pourris. Une falaise crayeuse nous arrête à une antécime d'où la vue sur le salar est immense, comme une mer de nuages sages, infinie et immaculée, parsemée d'une myriade d'îlots qui paraissent flotter. Sur le versant du cratère, des éboulis colorés nous appellent pour une descente en surf. Le retour a Jirira sera plus laborieux, en suivant des coulées de basalte puis un canyon et en se perdant à travers un maquis sans chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la posada, une nuit de grand vent fait fuir le sommeil, rattrappée par une généreuse grasse matinée. Et vers 16h, c'est le départ pour la grande aventure, la traversée a pied du salar jusqu'à l'ile Inca Wasi, à 43 km. Nos sacs arrimés et une provision de 10 litres d'eau sur le dos (et encore presque 8 litres a l'arrivée), on prend pied assez rapidement sur la mer. Avec l'appel de la nuit, le paysage change à chaque seconde, les couleurs s'épaississent, les ombres s'allongent interminablement. Le vent souffle déjà et ne nous quittera que très tard. Le coucher de soleil s'étire et on hallucine d'être là, au beau milieu d'un monde surréaliste, sec comme un désert, vidé de toute vie, une autre planète. Sous nos pas, les écailles de sel sont comme une peau lactée de monstre marin, et les étoiles s'allument une à une, de plus en plus vite, jusqu'à ce que la voûte céleste nous noie d'astres miroitants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la navigation, on marche d'abord à vue en repérant "le milieu de la montagne, de l'autre côté" selon les conseils de Pepe. Puis on se recale sur une ligne droite a 190 degrés de Jirira (indication du GPS de Matthieu, prise juste avant de partir) et on suit le cap en choisissant une constellation... on répète la manip toutes les heures car le ciel tourne ! Le sol est parfaitement plat et dur, et nos pas s'enchaînent comme par réflexe. C'est une curieuse sensation, une sorte de transe, les jambes sont déconnectées du reste du corps. Il fait très sombre, mais on marche sans lumière pour mieux s'enivrer d'étoiles... jusqu'à ce qu'un peu sur notre droite une forme tapie dans l'ombre nous mette en garde : un trou de 50 cm de diamètre et d'un bon mètre de profondeur, rempli d'eau. On guette un moment le phoque qui viendrait y respirer. C'est un des fameux "ojos" du salar, parfait pour se casser une jambe ou éclater une roue. Alors on donne de temps en temps des coups de frontale pour parer le danger, et en découvrir trois autres scintillants sous nos lumières. A partir de 23h, notre objectif se rapprochant en théorie, un lever de lune serait le bienvenu pour affiner notre trajectoire. L'astre ne daignera hisser sa voile orangée que vers 1h du matin, nous laissant errer au gré de supposées Croix du Sud qui plongent l'une après l'autre sous l'horizon. Nos ombres ont réapparu mais l'île reste invisible ; vers 1h30, l'émerveillement se tasse sous le poids des sacs, et comme le vent tombe, on s'affale au milieu de ce rien tout salé pour bivouaquer au clair de lune. A l'abri des sacs a dos, l'ambiance est savoureuse, depuis le fond de nos duvets. On se sent vulnérables comme au creux d'une feuille posée sur le flot, mais le sommeil nous cueille rapidement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On assiste au lent lever de soleil depuis nos sacs a dormir ; c'est joli, un peu rose, avec des cumulus un peu moins monstrueux que la veille. Ludo et Matthieu passent a proximité au moment où on se lève, mais personne ne voit personne, comme deux mondes parallèles... Au soleil du matin, l'île est bien visible, compacte et noire, parsemée de cactus, mais à quelle distance encore ? Il nous faudra presque deux heures pour l'atteindre, dans une chaleur qui monte, le vent nous ayant définitivement abandonnés. En approchant, les pistes et traces de véhicules sont plus nombreuses, les dessins de sel sont effacés, quelques jeeps sillonnent l'asphalte blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'île enfin ! Au dernier pas, on ne croit qu'à moitié avoir touché terre... Les deux coureurs sont assis devant les maisonnettes cosy-chicos d'Inca Wasi ; ils abandonnent la liaison vers Uyuni, le bide un peu en vrac. On attend donc le bus de midi en leur compagnie, attablés devant un copieux petit déjeuner. Tout à coup, une dizaine de jeeps se garent en ligne devant nous, et en sortent des gringos mal dégrossis armés de grosses caméras... Qu'est ce qu'on tourne ? La pseudo télé-réalité franchouillarde nous rattrape : Pékin Express...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rigole pas mal en les voyant mic-maquer, et on se perche sur le toit du bus qui file - glagla - a 90 km/h sur le salar, jusqu'à Uyuni.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-6115739013001269008?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6115739013001269008'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6115739013001269008'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/11/mare-basse.html' title='Marée basse'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-8076796645350552524</id><published>2007-10-24T18:55:00.000-07:00</published><updated>2007-10-25T07:44:36.781-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Buena Vista'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Villa Tunari'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>L'adieu aux arbres</title><content type='html'>Arrives au matin a Santa Cruz, on se propulse illico un peu plus loin sur la route de Cochabamba.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les environs de la ville, aujourd'hui la plus peuplee et peut-etre la plus prospere de Bolivie, concentrent certains aspects repoussants de la modernite a l'occidentale : pubs grandeur nature, quatre voies, trafic, zones commerciales a perte de vue. La foret tropicale a ici ete un peu sacrifiee sur l'autel de l'elevage bovin, dont le succes a entraine une croissance explosive qui se poursuit aujourd'hui. Il parait que la region a non seulement attiree les campesinos des montagnes, mais aussi des colons japonais, italiens, palestiniens, et des mormons. On en croisera deux habilles en salopette dans la gare routiere, comme echappes d'un autre temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apres une nuit de bus sur une route parfaitement asphaltee depuis Trinidad, on s'embarque direct dans un minibus vers Buena Vista (no salsa) a 2h30, un des lieux favoris de villegiature des riches cruceniens. Buena Vista est charmante, avec comme toujours une vaste place ombragee et fleurie, et les abords de la jungle a deux pas. Les collegiens y organisent un festival de theatre qui durera toute la semaine. On y vend le meilleur cafe de Bolivie ; prepare a la cafetiere italienne par un restaurateur allemand, il est effectivement delicieux. On y deguste aussi du fromage suisse - un regal - fabrique aux alentours, qui tranche avec celui des marches, assez fade et curieusement toujours semblable depuis le Perou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'atmosphere est reposante, avec des promenades vers le rio Surutu, rouge laterite, ou des singes devorent les plantes du rivage. On en profite aussi pour se retirer une ultime fois dans la jungle, en bordure du Parc National Amboro. Cette zone protegee a vu ses limites reculer de 20 km dans les dix dernieres annees, suite a l'installation de familles de plus en plus nombreuses, parfois emigrees de l'altiplano ou deplacees du Chapare sous la pression des etats-uniens. Aujourd'hui, les communautes les plus proches du parc gerent un peu en proprietaires l'acces des touristes, sous l'oeil placide du guardaparque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Buena Vista, les trois agences proposent des tours premaches ; on prefererait s'organiser seuls, mais difficile de collecter des infos. Alors on part en autonomie de trois jours, avec 10 litres d'eau sur le dos, au petit bonheur. Un taxi collectif nous depose sur une piste de 15km qui mene au premier poste de garde a l'entree du parc. Un camion nous deleste gentiment de trois kilometres, puis on travers les flots rouges a pied avant de s'enfoncer a travers des paturages et des plantations de jeunes tekes, essai d'acclimation d'un arbre coreen pour produire de la pate a papier. Il ne reste de l'ancienne foret que quelques palmiers qui decorent certains champs. Les manguiers et les orangers foisonnent. L'ombre est maigre et la sueur degouline. Le peuplement est un composite assez bizarre d'une communaute villageoise vivant disseminee dans des habitations de bois aux toits de palmes sechees, et d'une riche estancia qui prospere de l'elevage bovin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au poste de garde, un petit varan part en courant a notre approche. Le lieu est desert, arbore, on s'y pose un moment. Bientot arrive l'un des hommes de la communaute, qui nous incite a nous diriger vers le refuge ecotouristique situe a deux pas. On decouvre un confort inattendu : lits-dortoirs, douches, baños, cuisine et repas a la demande. Une fois la tente installee au coeur des palmiers, on part en vadrouille pour decouvrir la frange de la foret. Des Sereres en nombre (les oiseaux "prehistoriques") se pressent bruyamment dans la pampa, puis la foret profonde nous regale a nouveau de son atmosphere sereine et de son ciel enchevetre. Au bout, le rio Saguayo laisse ecouler ses eaux beige tandis que quelques toucans et quelques pics, beaucoup de perroquets, profitent des dernieres heures de clarte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant quatre jours, promenades diurnes et nocturnes s'enchainent sur les sentiers, le long du rio, entrecoupees de douches et de pauses lecture au camp. On passe pas mal de temps avec les trois gamins de la famille la plus proche, arrivee ici il y a douze ans depuis Montero, la ville la plus proche. Les insectes sont un peu plus reveilles qu'a Rurre, notamment les moustiques et toutes sortes de mouches et de tiques. Un soir, des singes capucins virevoltent au dessus du camp comme des sentinelles enervees, tandis qu'un autre matin un Jochi Pintao (entre le rat et le castor, brun tachete de blanc...) deboule entre deux chaises. De nouveaux animaux etranges se laissent observer : une bande de petits chiens sauvages au corps sombre et a la tete rousse joue un matin dans une piscine du rio Saguayo ; un autre matin tres tot, un gros rat a grandes oreilles se desaltere. Un chevreuil ou un cerf roux vif detale a notre arrivee alors qu'on remonte l'arroyo Chonta. Une nuit, on croise deux paires d'yeux a longue queue, tres bas sur pattes, peut-etre des renards ou bien des meleros. Un singe nocturne se balance dans les arbres a la lueur de nos frontales, lors d'une longue nuit de veille a la recherche du tapir, dont les traces pullulent sur le sable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme a Ivochote ou a Rurre, la foret est magnifique, magique. Elle etreint un relief chahute, domine par les 1600 m du Cerro Amboro, flanque d'une falaise impressionnante ; de loin, un petit air de contreforts du Vercors. Le sous-bois nous parait plus touffu et impenetrable qu'a Rurrenabaque, et des panneaux attirent notre attention sur de nouvelles especes comme le sangre de toro, qui laisse couler de son tronc sombre une resine rouge-sang. Le temps est radieux et l'air brulant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ultime etape sur la route de la montagne, Villa Tunari est - dit-on - l'un des relais importants de production et de transfert de la cocaïne (comme San Borja, traverse il y a dix jours). A l'occasion d'une promenade aux alentours, on tombe par hasard sur une petite usine familiale de raffinement ou on passe l'apres midi, qui se termine par une petite degustation en compagnie du tres cordial Juan Carlos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait non, on n'a meme pas vu un champ de coca et Villa Tunari, a l'ambiance plutot detendue, s'apparente plus a une ville etape sur l'une des routes les plus frequentees du pays qu'a un haut lieu du trafic de la drogue. Le controle narcotrafic sur la route de Cochabamba rappelle cette realite locale, meme s'il nous a paru tres mou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, le soleil chauffe encore plus et nos peaux gresillent ; des orages explosent la nuit, et la pluie violente tape les toits avant que le soleil ne reprenne son regne. Aux alentours, les paturages ont disparu, la foret est a nouveau tres presente mais il y a aussi des plantations de bananes et d'ananas. Des echoppes de bord de route croulent sous les ananas, les bananes, les avocats, les gousses de cacao, et toutes sortes de fruits inconnus (on goute le cacao frais, comme un bonbon amer enrobe d'une pulpe acidulee).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Villa Tunari est aussi le repaire d'ONG, l'une travaillant avec les enfants des rues, l'autre qui recueille et soigne des animaux provenant de cirques, de zoos, saisis sur les marches ou amenes par des particuliers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques orchidees ornent les troncs dans un bout de foret a la sortie de la ville, but d'une ultime ballade dans la selva. Globalement quand meme, assomes de chaleur, on se traine un peu. C'est donc avec une joie non dissimulee qu'on s'embarque dans le bus en direction de Cochabamba, troisieme ville du pays, un peu plus de 2000 m plus haut. Des les premiers lacets, la vegetation se transforme, plus humide, avec des arbres plus exuberants, etouffes de bromeliacees, de lichens, de philodendrons geants et de lianes fleuries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis brutalement, plus rien que la terre rase, les champs de pommes de terre bien verts, les cabanes d'adobe et d'ichu, l'altiplano retrouve.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-8076796645350552524?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/8076796645350552524'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/8076796645350552524'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/10/ladieu-aux-arbres.html' title='L&apos;adieu aux arbres'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-1947201015134464103</id><published>2007-10-14T14:40:00.000-07:00</published><updated>2007-10-14T14:59:29.883-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Trinidad'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>A la recherche de l'Altiplano</title><content type='html'>Depuis Rurre, on s'efforce de revenir sur les Hautes Terres mais on n'arrete bizarrement pas de leur tourner le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idee etait de rejoindre Trinidad, a l'est, pour remonter un fleuve dans un cargo charge de hamacs et de bananes, jusqu'a Puerto Villaroel sur la route de Cochabamba. Mais, en arrivant a Trinidad, on s'aperçoit assez vite que ça n'est pas la saison. Les bateaux de charge sont plutot de passage en hautes eaux, vers janvier fevrier. Du coup, il faut encore s'eloigner de notre but jusqu'a Santa Cruz, la metropole regionale de l'est bolivien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'escapade nous donne un aperçu de l'etat des pistes entre Rurre et Trinidad, assez inimaginable, et qui ne permet aux vehicules que des moyennes de 20 km/h au mieux, avec quelques transbordements en radeau pour traverser les rios. Au pire, ça ne passe pas du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On prend aussi le pouls du mode de vie des plaines, une deuxieme Bolivie apparemment plus riche, plus tournee vers le Bresil et son mode de vie, on imagine. Les transports publics ont quasiment disparu de Trinidad, ou motos, quads et 4X4 sillonnent les rues. L'elevage a l'air de rapporter gros !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe beaucoup de temps sur la Plaza, tres grande et arboree, a observer la vie tranquille des paresseux qui vivent la. On en a decouvert quatre, dont une maman avec son petit accroche autour du cou. Leurs mouvements de grimpeurs experts sont aussi lents qu'on se l'imagine mais ils peuvent quand meme faire du chemin et la place doit leur paraitre etroite. Ils donnent l'impression de nager dans la mer verte des feuillages, avec des mouvements flegmatiques de plongeurs. Tandis qu'on dejeune en bordure de la place, l'un d'eux, un jeune, s'aventure sur une branche fine de mimosa jusqu'a ne plus tenir que par une main. Alors, il reste la, suspendu, absurdement plante a tourner sur lui meme a 1m50 du sol. Au bout de quelques photos, voyant que l'animal est vraiment coince, AJ lui tend une branche morte, a laquelle il se raccroche, comme par reflexe. Mais il ne lache pas son arbre. Alors, J coupe la branche, et le paresseux se retrouve pitoyablement par terre. On l'emmene sur un autre tronc, d'ou il entreprend une promenade assez vive et perilleuse, jusqu'a un magnifique arbre caoutchouc (le ficus elastica qui ne depasse pas trois metres de haut dans les pots chez nous), ou il finit par se restaurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On assiste aussi a un joyeux defile des ecoles de Trini, avec costumes colores ou couverts de perles, fanfares, danses et coiffures de plumes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est pas que Trinidad soit la plus belle ville du monde, mais on est quand meme content d'y etre arrive. Depuis Rurre, 5 heures de camionnette sur une piste cassante nous ont amenes a San Borja, ou l'etape est obligatoire car aucun transport ne part dans l'apres midi. Ce petit bled ne doit pas souvent voir des gringos, car les habitants nous devisagent froidement dans la rue et certains se retournent meme sur notre passage. On y cherche un hotel en vain, tout est plein (et cher) car c'est la fete du village. On essaie le stop pour s'echapper, car on ne se sent pas bien ici, mais en deux heures, pas un vehicule ne s'arrete (mais pas un ne passe non plus dans notre direction). Heureusement, les gardes de la reserve du Beni nous hebergent dans une espece de centre administratif. Ils sont un peu bourres, et nous laissent les cles pour y retourner. On dort sur deux tables, a l'exterieur, car il n'y a pas de chambres et que la chaleur est trop pesante pour s'enfourner dans la tente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinq heures plus loin, le village de San Ignacio de Moxos nous plait beaucoup plus, avec sa belle eglise recente de style mission jesuite, son artisanat delicat, ses maisons colorees aux toits de tuiles, ses ruelles pavees de briques et des regards moins inquisiteurs. Non loin du village, la lagune est un joli but de promenade dans la pampa et ses marecages. Deux jeunes filles argentines y campent au mepris des tabaños, en tissant des bracelets pour financer leur voyage vers le Venezuela. Le voyage "artisanal" a l'air d'etre une institution chez les jeunes Argentins. Sur les traces du Che ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A grosses gouttes, a flots, la pluie se met a tomber, et menace de nous coincer ici pour un temps indefini, ce qui serait un peu embetant, car on n'a plus de sous et pas possible d'en retirer ; quant a nos ressources "artisanales", elles sont encore trop embryonnaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le camion qui nous sort de l'auberge et nous emmene a Trinidad a du etre le dernier a passer pour un moment. Depuis, il pleut toujours et la piste est devenue impraticable.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-1947201015134464103?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1947201015134464103'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1947201015134464103'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/10/la-recherche-de-laltiplano.html' title='A la recherche de l&apos;Altiplano'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-3039999754955248644</id><published>2007-10-13T18:59:00.000-07:00</published><updated>2007-11-21T09:20:34.421-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='impressions de voyage'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>La foret en fumee</title><content type='html'>Vue depuis l'Europe, la destruction de la foret amazonienne fait figure de pesant lieu commun, a coup de statistiques tellement incroyables qu'on finit par s'y habituer. En voyageant dans les regions parmi les plus preservees d'Amazonie, la legende prend forme et s'incarne un peu cruellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En lisant nos deux derniers messages, on pourrait s'imaginer un paradis tropical sans limites. Mais des endroits comme ceux qu'on a ete visiter autour de Rurre, il en reste finalement sans doute assez peu. Et les tronçonneuses les convoitent, les routes menacent de les traverser. Apparemment, beaucoup de locaux (ceux qui ne vivent pas du tourisme) n'attendent que ça. Les espaces non proteges paraissent aussi subir une forte pression de chasse et de capture. Singes, perroquets, toucans sont vendus illegalement pour devenir des animaux de compagnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De part et d'autre des pistes, entre Rurre et Trinidad, la foret a tout bonnement disparu, remplacee par des paturages a perte de vue. Des estancias a l'air prospere les jalonnent, alors que le feu ravage encore certaines zones. Ailleurs, des brulis recents avec les silhouettes tordues des arbres calcines. Seuls des palmiers paraissent resister aux assauts des flammes, parfois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En venant de La Paz, on croise de nombreux camions charges d'immenses futs ainsi que les scieries qui les debitent. Apres Rurre, des troncs geants sont empiles sur les bords des routes, ici et la.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ou s'en va le bois charge dans les camions ? Sur le marche local en partie, mais a l'exportation pour beaucoup. De tels milieux qui se transforment en planchers pour les terrasses, en salons de jardin, ou en fenetres, c'est vraiment trop beau. Vive le progres ! Apres 20 000 km en avion pour raconter tout ça, on ne voudrait pas donner des leçons... mais si ce message permet d'eviter l'achat d'un meuble ou de trois fenetres en bois exotique, ce sera deja ça !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-3039999754955248644?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/3039999754955248644'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/3039999754955248644'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/10/la-foret-en-fumee.html' title='La foret en fumee'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-858067632486706382</id><published>2007-10-08T10:05:00.000-07:00</published><updated>2007-10-12T16:51:57.783-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Santa Rosa'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rurrenabaque'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>Sous la dent des crocos</title><content type='html'>Depuis une dizaine d'annees, les habitants de Santa Rosa, a trois heures de bus de Rurre, protegent les abords du rio Yacuma : interdiction de chasser et de penetrer sans guide. Du coup, la faune y est exuberante et tres peu craintive. On rencontre sur place no&lt;span&gt;&lt;/span&gt;tre guide, Iber, qui travaille hors agence et nous emmene en pirogue pour une escapade de deux jours sur le rio.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ambiance est intime car le Yacuma est tres etroit en saison seche : pas plus d'une dizaine de metres de large. On avance tres lentement sous un soleil de plomb pour observer la vie du rivage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les oiseaux se bousculent : aigrettes, herons colores, martins pecheurs, rapaces ... Les jacanas aux longs doigts picorent parmi les familles placides de capibaras, un gros rongeur de la taille d'un sanglier. L'anhinga, une espece proche du cormoran au long cou de serpent et au bec comme un poinçon, peche ou se repose dans les arbres. Le haut de son corps tres clair contraste avec son ventre qui semble avoir ete trempe dans une encre noire. Les hoatzins ou sereres, deja rencontres dans la selva, braillent en groupes dans les feuillages ou ils s'ebattent maladroitement. Ils se laissent observer comme tous les autres animaux du rio, a quelques metres, en nous fixant de leurs grands yeux maladroits. Le jabiru, une enorme cigogne blanche au bec massif et au goitre rouge pendouillant, trone sur son nid haut perche en surveillant ses petits. Mais les vedettes du fleuve sont les caimans, omnipresents a fleur d'eau, les yeux emergeant a la surface, ou se reposant paresseusement sur les berges. Certains restent fixement la gueule ouverte, comme haletants, sans bouger. Deux gros specimens d'environ deux metres se jaugent immobiles et se laissent approcher a les toucher. De nuit, leurs yeux scintillent a la lueur des lampes et se refletent dans l'eau. Sur les berges se pressent par endroits des dizaines de bebes crocos qui paraissent nettement moins inquietants que leurs parents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des singes habitent des arbres de la rive. On retrouve les petits jaunes, qui montent a l'assaut du bateau pour chercher des friandises, un peu trop habitues a ce genre de pitreries. Plus raisonnables, les singes hurleurs se laissent simplement observer a distance. Leur couleur est ici variable, du blond au noir en passant par le rouge fonce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des milliers de tortues, petites, moyennes ou grandes, prennent le soleil sur les bois morts, a la queue leu leu comme des dominos, en equilibre sur leur ventre. A notre passage, certaines se laissent tomber a l'eau, comme des sucres dans le cafe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'anaconda restera une legende pour nous, malgre trois heures de recherche dans la pampa, a patauger en bottes dans les marecages qui survivent a la saison seche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, totalement incongrus dans cette petite riviere, de magnifiques dauphins jouent dans les meandres les plus profonds. Gris sur le dessus, ils laissent entrevoir le reste de leur corps nettement rose. De temps en temps, leur long bec sort de l'eau dans un bruit d'eternuement. Un peu timides, ils ne viennent pas jouer avec nous quand on se baigne, mais tournent quand meme a proximite. Territoriaux, ils chassent de leur baignoire les caimans, ce qui nous permet de faire trempette, seulement mordilles par de petits poissons. Les pirhanas sont egalement absents de ce genre de piscine, mais on en pechera quand meme deux un poil plus loin ; degustes le soir grilles, excellents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accessoirement, cette visite nous donne l'occasion de tester la tente de montagne en conditions tropicales : deux suees memorables, surtout la fois ou pour echapper aux moustiques, on l'installe dans la chambre de l'hospedaje !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-858067632486706382?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/858067632486706382/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=858067632486706382' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/858067632486706382'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/858067632486706382'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/10/sous-la-dent-des-crocos.html' title='Sous la dent des crocos'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-7987699298332848113</id><published>2007-10-08T07:51:00.000-07:00</published><updated>2007-10-12T16:55:51.158-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Reserva de la Biosfera Pilon Lajas'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rurrenabaque'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>Machette et Hamac</title><content type='html'>5h30 du matin, la selva est encore noire d'encre. La vie diurne commence a s'eveiller et tout autour resonnent comme des roulements de tambour les grognements sourds des singes hurleurs. Tous les quatre, on est tapis a la queue leu leu derriere Severo le guide, qui dicte notre demarche et la lumiere des frontales. On se met successivement a courir, a marcher sur des oeufs ou a se poster en affut, pour que Severo puisse reperer les singes dans la canopee.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son pas est impressionnant, a la fois lent et rapide, le pied tour a tour ancre dans le sol ou comme glissant silencieusement juste au-dessus des feuilles mortes et des branchages. Il regarde en bas, mais aussi le haut des arbres, et a droite, et a gauche. Il joue de la machette de sa main droite pour nous ouvrir le chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cris des singes se rapprochent apres un long mouvement tournant. On entend plusieurs groupes, mais on serait incapable de les situer. Plus on approche du but, plus la marche devient effrenee, et Severo est vraiment a fond. Nous, on essaie juste de ne pas le perdre. Soudain, les arbres se mettent a bouger pour laisser apparaitre une femelle et son petit qui prennent la tangente. On laisse sur notre droite un groupe de petits singes qui se balancent dans les branches ; pas le temps de s'arreter, car il faut suivre un gros male de singe hurleur. De pelage orange sombre, il nous observe naivement de ses grands yeux tristes, campe sur une branche qu'il entoure de sa longue queue, vingt metres au-dessus de nous. Puis, il s'echappe de palmier en palmier, agile et lent comme un felin ; les feuillages crissent a son passage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est maintenant 7 h et, notre objectif atteint, on rentre au campement se restaurer. C'est le grand luxe car Roxanna, notre cuisiniere, a fait des crepes ; pas une miette n'est laissee aux fourmis !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On partage ce periple au coeur de la selva avec un couple de Francais pleins d'entrain, Celine et Francois, qui sillonnent l'Amerique du Sud a velo (leur site internet : http://&lt;a href="http://velharmonie.apinc.org/"&gt;velharmonie.apinc.org&lt;/a&gt;). Grace a eux, quelques photos illustrent pour une fois ce texte ! &lt;p align="left"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119005779158365682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/Rwpcom3n9fI/AAAAAAAAAA0/oPXOlfsR1nI/s200/P9305575.JPG" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119005770568431058" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpcoG3n9dI/AAAAAAAAAAk/9jtIwQwv58k/s200/P9295557.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On s'impregne au fil des promenades de l'ambiance sonore et visuelle de la foret primaire avec des arbres elances, parfois immenses, qui se battent pour atteindre la lumiere. Le ficus est ici un noble vegetal sauvage ! Parfois, cinq etages de vegetation se superposent dans une foret qui reste pourtant etonnament penetrable, a la difference de ce qu'on a pu observer au Perou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119001058989307298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" height="188" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpYV23n9aI/AAAAAAAAAAM/aafrq7-Iumc/s320/PA025815.JPG" width="288" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Le bon et le mauvais se cotoient indistinctement a nos yeux de profanes mais Severo nous enseigne quelques rudiments pour survivre. Ici pousse le Curare, arbre au majestueux tronc lisse ancre dans le sol sans racines apparentes ; ecorche, il donne un liquide mousseux et mortel. C'est un poison pratique pour la peche, car quelques gouttes deversees dans une mare suffisent a y tuer tous les poissons ! La mama Naturaleza pourvoira au repeuplement... La Uña de Gato est une liane ligneuse nettement plus sympatique, malgre ses allures de tres long serpent tout en volutes, qui cherche la lumiere et finit par etrangler les arbres qui la portent. Son tronc recele de l'eau en quantite, collectee en decoupant des tronçons a la machette. Severo nous en apporte environ 2 m tenus a l'horizontale, et rien ne coule. Des qu'on le penche, l'eau pure et fraiche sans aucun gout de bois en sort comme d'un robinet. L'Uña de Gato est aussi utilisee dans le traitement du SIDA. Au detour d'un sentier, Severo gratte un tronc et nous fait gouter une ecorce amere dont on extrait la quinine, un remede anti malaria. En tant que repellent, on garnit nos chaussettes d'une ecorce a forte odeur et gout d'ail, qui peut aussi servir pour epicer les plats. En cas de fringale, il est possible d'avaler des termites toutes crues toutes vivantes, une excellente source de proteines. Toutes sortes de palmiers abondent ; l'un d'eux s'etant fracasse a terre, Severo en extirpe le coeur a grands coups de machette, mets savoureux et rafraichissant. Certains palmiers produisent des graines propices a la confection de bijoux, ce qui nous occupe entre une promenade et une baignade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpflG3n9gI/AAAAAAAAAA8/t8-ZVp5w22k/s1600-h/P9305639.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119009017563706882" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpflG3n9gI/AAAAAAAAAA8/t8-ZVp5w22k/s200/P9305639.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/Rwpfl23n9jI/AAAAAAAAABU/nQ1yJDdoGx8/s1600-h/PA015766.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119009030448608818" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/Rwpfl23n9jI/AAAAAAAAABU/nQ1yJDdoGx8/s200/PA015766.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;L'eau du rio Beni est loin d'etre limpide ; la vase est consistante mais on se baigne avec plaisir dans le courant pour echapper a la chaleur terrassante des heures les plus caliente et pour se laver. Un radeau deux places manie avec une perche nous permet de nous eloigner des eaux stagnantes pour atteindre des veines de courant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpfmG3n9kI/AAAAAAAAABc/JihwgkLmmDA/s1600-h/PA025830.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119009034743576130" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpfmG3n9kI/AAAAAAAAABc/JihwgkLmmDA/s200/PA025830.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;La nuit, pas question de dormir tout de suite ! Armes de frontales tenues a la main, on inspecte les abords des chemins a la recherche d'insectes et de grenouilles, et le bord du rio pour traquer caimans et tapirs. Les lucioles clignotent, les yeux des caimans brillent rouge, le tapir gras et bonhomme nous approche tranquillement sans paraitre nous voir a la sortie de son bain. La encore, Severo est a bloc, encore plus motive que nous pour en trouver un autre, alors qu'il en a surement deja vu des milliers. On attend longtemps sur des feuilles sieges en somnolant, mais pas d'autre apparition. Pourtant, le jaguar n'est pas loin car au petit matin, un cadavre d'opossum a la tete arrachee git sur le bord du sentier parcouru pendant la nuit, a 500 m du campement...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les promenades de jour et l'oeil de lynx de J nous permettent d'observer de nombreuses especes d'oiseaux : perroquets, toucans, hoatzins, rapaces et une infinite de grands passereaux aux formes et aux couleurs incroyables. Quelques bandes de petits singes jaunes animent parfois le haut des arbres. Ils nous observent de loin en gigotant nerveusement, curieux et apeures. La foret resonne parfois du cri rauque des grands aras rouges qu'on ira contempler un soir du haut de leur falaise. Leur vol est ample au-dessus de la canopee sur fond du grand fleuve. Tout autour, des petits perroquets verts s'ebattent confusement et l'air est plein de leurs appels aigus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119005766273463746" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/Rwpcn23n9cI/AAAAAAAAAAc/BbX-ODKC-ck/s200/P9295542.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;On croise des arbres monumentaux ; d'apres Severo, les plus vieux ont 200 ans, apres quoi ils choient. Les racines sont souvent superficielles et peuvent parfois s'etendre a plus de quarante metres. Pour certaines especes, elles ressemblent a des murs etroits et plus hauts que J qui rayonnent autour du tronc. Quasiment toutes les feuilles de la strate arbustive portent la marque des insectes, notamment celles d'une chenille qui decoupe des ronds parfaits dans les jeunes feuilles encore enroulees. Une fois la feuille deroulee, un joli motif repetitif la decore en ligne.&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpflW3n9hI/AAAAAAAAABE/OxL4UHbyQKw/s1600-h/P9305640.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119009021858674194" style="CURSOR: hand" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpflW3n9hI/AAAAAAAAABE/OxL4UHbyQKw/s200/P9305640.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="left"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119005774863398370" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/RwpcoW3n9eI/AAAAAAAAAAs/Bwx55waoAOM/s200/P9305564.JPG" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119005761978496434" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/Rwpcnm3n9bI/AAAAAAAAAAU/MXuFcqNshxc/s200/P9295523.JPG" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Celine prend des photos de tous les insectes : araignees toxiques a l'abdomen geant, araignees sauteuses toute plates, dangereuses, criquets, chenilles herissees multicolores et toxiques, papillons ultra colores. Les fourmis coupeuses de feuilles tracent de veritables sentiers dans la foret. On revient de nos escapades nantis de quelques tiques et ça nous gratte un peu partout. C'est baignade obligee en rentrant ; Severo lave ses habits tous les jours. Au camp, tres peu d'insectes piquants nous importunent et les moustiques sont quasi absents. Malgre tout, chacun regagnera Rurre couvert de boutons!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rurrenabaque somnole le long du fleuve Beni a une vingtaine d'heures de bus de La Paz et 3500 m en dessous. Le contraste est saisissant entre l'Altiplano et la plaine amazonienne. Les habits traditionnels ont quasi disparu. Ici, tout le monde est habille comme chez nous en ete. La pauvrete est moins criante que dans les montagnes. Globalement, la ville, tres touristique, a l'air prospere.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fait 30ºC bien sonnes et un voile de fumee trouble l'horizon. Ce sont les brulis de la fin de la saison seche, visant a etendre et entretenir les paturages. Du coup, les avions sont bloques et il y a tres peu de gringos. L'artisanat est serieusement reduit ; le tissage a disparu des etals. Ce sont principalement les jeunes baroudeurs sud americains qui vendent des bijoux qu'ils confectionnent a partir de graines, de bois, de plumes, pour financer leur voyage. La musique sonne agreablement a nos oreilles : finie la coimbra saturee de synthe et de boite a rythmes, qui sevit plus haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la veritable star de Rurre pour nous, c'est le hamac, ou on se balance paresseusement en attendant la pluie. Que bueno !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-7987699298332848113?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/7987699298332848113/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=7987699298332848113' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7987699298332848113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7987699298332848113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/10/machette-et-hamac.html' title='Machette et Hamac'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_Gj9aXOYVhTI/Rwpcom3n9fI/AAAAAAAAAA0/oPXOlfsR1nI/s72-c/P9305575.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-4673325748726676060</id><published>2007-09-25T17:13:00.000-07:00</published><updated>2007-09-26T08:17:09.384-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Iskanwaya'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Paz'/><title type='text'>Ruines de ruines</title><content type='html'>Un encart du Lonely Planet fait en deux lignes l´eloge d´Aucapata, petit village lointain flanque de ruines temoignant de la civilisation Mollo, tout juste anterieure aux Incas. Le seul hic, c´est qu´il faut compter 24 h de bus pour y parvenir. J n´est pas tres enclin a faire le saut, mais devant l´insistance d´AJ, on se renseigne : en trois ans, les 24 h de bus semblent avoir fondu de moitie, et les quelques photos trouvees sur internet ont l´air allechantes. Il semble meme qu´il soit possible de rejoindre en quelques jours de marche le village de Sorata, lui-meme a 4 h de bus de La Paz. On se decide donc pour la boucle Aucapata-Sorata-La Paz ; trouver le depart du bus reste assez facile, mais on sillonne La Paz toute la journee pour chercher une carte, sans succes. Juste un vague bout de papier consulte a l´Institut Geographique Militaire avec les lignes de niveau en tres gros et en rouge sans les routes ni les villages. On part donc sans carte ni topo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le depart est prevu a 5 h30, mais histoire de se reveiller, on poireaute deux petites heures, le temps pour le chauffeur-mecanicien d´examiner le moteur demonte dans la rue et de proceder aux ultimes reglages du venerable Mercedes. On enjoint aux passagers, qui restent calmes et ponderes, d´en profiter pour prendre le desayuno. Justement, une dame vend dans la rue des empanadas, ainsi qu´un bon jus de quinoa con leche, servi dans un sachet en plastique avec une paille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On finit par decoller, et rejoindre El Alto n´est deja pas une sinecure dans la circulation naissante du matin. Le bus quitte la ville et on s´endort. Vers 9 h, nouvel arret dans un village ou cette fois ci il est conseille aux gentils passagers de descendre prendre un almuerzo. Ensuite c´est le vrai depart, et bientot apparait le lac Titicaca, avec l´Isla del Sol toute proche. Le bus fait encore quelques pauses, pour que des militaires puissent inspecter le chargement. L´enorme bidon de diesel attache derriere le siege du chauffeur dans l´allee semble poser probleme. Il faudrait le mettre sur le toit mais il n´a plus de bouchon. On palabre, ca passe pour cette fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers midi, on quitte les rives du lac pour se lancer a l´assaut de la cordillere. La piste franchit un nombre incroyable de cols, perches toujours plus haut, et suit meme une haute crete qui doit depasser les 5000 m vu l´absence de vegetation. En fin de journee, le chauffeur annonce l´ultime et vertigineuse descente sur Aucapata (2750 m), sur une piste qui commence a devenir serieusement confidentielle, avec de l´herbe au milieu. Bien paume, ce gros village, incroyable qu´il soit desservi deux fois par semaine, par une piste aussi acrobatique ! Il semble vivre aujourd´hui principalement des petites mines d´or qui pullulent aux alentours, un peu d´agriculture et sans doute tres marginalement du tourisme. Tres coquet, architecture coloniale et perche tres loin au dessus du rio Mapiri, qui marque la fin de la cordillere royale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On trouve assez vite l´hospedaje de la famille Albarracin, avec vue imprenable sur les nuages, et patio fleuri de bougainvillees. Ca nous fait bizarre de ne pas avoir froid, depuis le temps qu´on n´etait pas passe sous la barre des 3000 m. Il y a meme des palmiers dans les jardins ! Le dueño nous explique sur un bout de papier comment rejoindre Sorata, et c´est la meilleure carte qu´on connait du coin. Plusieurs voies sont possibles ; on choisit a priori de traverser le rio, 250 m en contrebas des ruines, si le niveau de l´eau le permet, pour ensuite remonter vers Quillabaya de l´autre cote de la vallee, ou parait-il passent souvent des vehicules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juan de Dios, le gardien officiel des ruines, nous conduit le lendemain sur le chemin du site d´Iskanwaya, 1000 m en contrebas. Ici, la vegetation est passionnante : on se croirait dans une savane en pente. Les cactus-baton et les cactus-buisson sont legion, envahis par une petite plante grasse ; les acacias en forme de parasols et les mimosas en fleurs piquent aussi. Autour des ruines, le regne des agaves et des bromeliacees commence. On retrouve egalement les tumbos, deja rencontres pres d´Arequipa, dont les gousses laissent echapper une sorte d´ouate immaculee. Des qu´un peu d´eau sourd, une oasis se cree, ou les avocatiers et les manguiers dispensent une ombre bien dense. Dans les creux des ravines, on aperçoit meme des plantations de bananiers et de cannes a sucre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais venons-en a ces fameuses ruines. De loin, on voit bien la partie defrichee du site : quelques murs tiennent encore debout mais on ressent une impression d´abandon, accentuee par le paysage en creux, les parois ravinees de l´immense gorge creusee par le rio. Le site degage une atmosphere grandiose, un peu comme Machu Picchu ou Choquequirao, par son etendue, par l´alliance avec le paysage demesure alentours. Tout est construit sur une pente raide, en terrasses, avec des groupes de maisons, des cours, des allees. Les murs sont tres delicats, faits de schistes et d´ardoises soigneusement assortis. On retrouve les fenetres trapezoidales a l´epreuve des tremblements de terre. Dans chaque piece, un receptacle recouvert d´une epaisse ardoise contenait les restes momifies des enfants et des femmes decedes, dont les ames etaient censees proteger le logis. Des mortiers de granite avec leurs meules sont eparpilles au fil des habitations, ainsi que d´innombrables morceaux de ceramiques, certains sculptes et peints.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apparemment, ce sont les habitants d´Aucapata qui ont redefriche Iskanwaya eux-memes dernierement, devant le peu d´interet des autorites. Pourtant, le site est immense et on sent qu´avec un effort de restauration, il pourrait etre aussi spectaculaire que les sites les plus visites des Andes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est les seuls visiteurs ce jour la, et avec l´orage qui gronde, le ciel qui s´epaissit, l´ambiance est vraiment stupefiante. On derange un petit troupeau de cerfs qui s´enfuit malhabilement entre les cactus. En contrebas, des vols bruyants de perroquets egayent un peu le gris du canyon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Campement un peu plein d´insectes sur le haut du site, non loin d´un point d´eau qui goutte a goutte. La nuit est belle, douce et etoilee, pour une fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on redescend tout en bas du site, et on poursuit sur un chemin qui mene au fond du canyon, une vraie fournaise. Un replat abrite une vraie oasis avec plantations de coca, de bananes, et zebus paissant au bout d´une corde. Descente abrupte jusqu´au lit du torrent, que l´on remonte jusqu´a ce que des traces de pas nous indiquent un gue possible. On s´immerge jusqu´a mi-cuisses dans l´eau boueuse, avec le baton pour sonder et s´appuyer, ça passe tres bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C´est ici que commence une petite galere qui nous emmene le long du rio en rive droite, jusqu´a un passage que J juge infranchissable. Pour en arriver la, il aura fallu s´immerger de plus en plus profond en s´accrochant a la falaise avec de l´eau jusqu´a la taille dans un courant de plus en plus pressant. Mais nos velleites d´Indiana Jones ne seront pas recompensees, et il faudra tout redescendre en sens inverse jusqu´a un chemin qu´on avait meprise a l´aller. Le vent forcit et dechaine des tempetes de sable, on est content de s´eloigner du lit du rio. Plus que 1300 m a gravir pour rejoindre la piste et un hypothetique transport... Heureusement, on trouve une source et un bout de terrain presque plat avant la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au matin, le brouillard nous cueille, ce qui est plaisant car ca veut aussi dire absence d´insectes. On trouve assez vite la piste, et un pick-up nous ramasse au bout de deux heures de marche pour nous emmener tambour battant a Sorata. On passe le trajet a discuter avec un mineur tres curieux de "alla, en Francia" ou il aimerait bien aller en vacances lui aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etape bien plaisante a Sorata, avec palmiers, colibris et perroquets, sous le regard magique de l´Illampu, quelque 4000 metres au dessus. Le temps est un peu trop instable pour tenter des ascensions... un futur camp de base ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-4673325748726676060?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/4673325748726676060/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=4673325748726676060' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4673325748726676060'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4673325748726676060'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/09/ruines-de-ruines.html' title='Ruines de ruines'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-2848034660120667350</id><published>2007-09-20T10:03:00.000-07:00</published><updated>2007-09-20T11:15:03.139-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Pequeno Alpamayo'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Paz'/><title type='text'>Momentito de plenitud</title><content type='html'>La Cordillere Royale nous offre un autre tres chouette sommet, le Pequeno Alpamayo, a un demi battement d'aile de condor du Huayna Potosi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le minuscule village de Tuni, a environ 4300 m, ou on arrive honteusement en taxi, le camp de base, a 4700 m, s'atteint en 2h30 de marche. Un grand lac artificiel apparemment bourre de "chimicos" (on ne peut ni s'y baigner, ni y pecher) est borde a l'horizon de quelques nevados impressionnants, dont l'imposant Huayna, isole et massif, sa face ouest degorgeant de seracs en equilibre. A-t-on vraiment ete tout la haut ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu au dela du lac, une vallee des plus mignonnes nous accueille, habitee en bas, plus sauvage en haut, mais amenagee pour la foule de touristes qui viennent en saison seche se frotter a l'une des grandes classiques de la Cordillere Royale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sentier en balcon traverse des "alpages" d'ichu, perches au-dessus d'une serie de lacs, cette fois naturels, qui ont un air de Sept-Laux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fait encore beau en ce milieu de journee. Meme si notre objectif reste obstinement cache dans les nuages, le Condoriri, 5700 m, se laisse quant a lui admirer sans pudeur. Cette montagne est vraiment magnifique, avec ses deux fleches separees par un large col, qui surplombe un glacier en proie aux chutes de seracs et une gigantesque moraine, qui n'a pas vraiment l'air accueillante. La crete terminale pour rejoindre le sommet principal est une arete tres raide a la ligne parfaite. L'ascension de l'ensemble a l'air de loin assez jouissive, mais on n'a pas le niveau pour s'y aventurer seuls. Ce serait cool de trouver un guide a embaucher pour demain ou apres demain au Campo Base.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On campera un peu plus haut, seuls, dans une sorte de cirque morainique, ou on deniche un enclos en pierres seches, parfait pour nous abriter du vent cinglant. Quelques touristes descendent du Pequeno Alpamayo, et pourtant il est tard : presque 15 h. Et revoila le compadre Chileno avec qui on avait partage le dortoir du refuge au Huayna, cette fois accompagne d'un guide, lequel nous informe distraitement qu'une broche a glace est necessaire pour redescendre l'arete terminale. Ils avaient prevu de grimper au Condoriri, mais il parait que les recentes chutes de neige ont trop alourdi la pente et que les risques d'avalanche sont forts. Adieu l'idee de gravir ce sommet magnifique... Deux espagnols suivent, qui sont partis a 8 h ce matin, et qui n'ont pas utilise de broche, ni la corde d'ailleurs, qu'ils ont gardee au chaud dans le sac ! Rassures, on se dit que la verite doit etre entre les deux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'abri du vent dans l'enclos, la fin d'apres-midi se deroule tranquillement, meme si les nuages nous empechent de reperer le haut de l'itineraire. Mais la trace sur le glacier est tellement visible, ainsi que le chemin pour y acceder, qu'il n'y a pas beaucoup de soucis a se faire pour le lendemain, meme de nuit. On ressent a ce campement une ambiance nettement alpine, et le cirque nous fait penser violemment aux Evettes... Nostalgie des Alpes, ou bien la haute montagne laisse-t-elle moins de prise a l'exotisme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contrairement a la nuit passee dernierement au refuge, on dort tres bien, tellement qu'on se reveille une demi-heure plus tard que prevu. Ce n'est pas un drame, la tente est pliee tranquillement pendant que l'eau du petit dejeuner chauffe, et vers 4h45 nous voila partis dans la nuit. Sur le haut du glacier, une cordee scintille telle une etoile perdue trop bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On camoufle nos affaires superflues sous un bon gros caillou repere la veille, et on prend vite pied sur le glacier enneige. La trace contourne quelques belles crevasses pendant qu'au loin, au-dessus de la jungle, des orages se dechainent. Les saccades d'eclairs laissent deviner une espece de brume, qui semble ramper sur les cretes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'aube, on arrive au col et c'est chose faite, le brouillard nous a happes. On est un peu triste et vert, mais on continue quand meme en traversant quelques jolies crevasses pour atteindre un petit sommet rocailleux, ou se reposent les deux cordees guide-chica qui nous precedent. Petite descente en rocher jusqu'a un col ou on retrouve la neige, et O joie le soleil ! Le sommet se devoile miraculeusement, concluant une tres belle arete neigeuse. La Pachamama nous accorde une bonne heure de repit entre deux bancs de nuages, le temps de rejoindre le sommet, de s'y dorer au soleil et de s'abandonner a la contemplation. On se croirait en plein vol au-dessus d'une cordillere immense et farouche, envahie en douceur par les nuages conquistadors a tous les etages du ciel. Le soleil s'y reflete, avec des teintes argentees et dorees. D'un cote trone l'immanquable Huayna Potosi, de l'autre les sommets tous proches du Condoriri et au-dela jusqu'au majestueux Illampu. Au loin, la mer de nuages sur les Yungas et un ciel de plomb menacant sur l'Altiplano.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut s'arracher a ce moment de plenitude pour esperer descendre avant que le brouillard ne se redeploie. Retour par le meme itineraire : les crevasses prennent de l'ampleur, avec les sommets en toile de fond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au pied du glacier, un enorme coup de tonnerre nous fait fremir, et des rideaux de gros flocons bien compacts s'ecrasent en masse sur le sol. En cinq minutes, les pentes sont blanchies, alors qu'on recupere nos affaires, saines et sauves dans leur cachette. Plus loin, les lamas se laissent recouvrir paisiblement par ce coton un peu froid tout en ruminant. On s'installe pour le pique-nique au creux d'un rocher au bord du lac du camp de base. Des millions de petites mouches inattendues se ruent a l'assaut des berges humides, sans doutes passees a l'instant de leur vie de larve aquatique a celle d'ephemere volatile. Les hirondelles font bombance en les cueillant au ras de l'eau et des pierres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour a Tuni sans histoire, les giboulees disparaissent et les versants joliment blanchis comme par l'automne chez nous reprennent leur couleur de printemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Honteusement cales dans le taxi du retour, on se retourne souvent jusqu'a voir s'effacer les sommets a l'entree dans El Alto.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-2848034660120667350?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/2848034660120667350/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=2848034660120667350' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/2848034660120667350'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/2848034660120667350'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/09/un-momentito-de-plenitud.html' title='Momentito de plenitud'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-6482666323250695359</id><published>2007-09-16T08:53:00.000-07:00</published><updated>2007-09-16T10:13:22.747-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Huayna Potosi'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Paz'/><title type='text'>Petite bouffee d'oxygene au-dessus de 6000 m</title><content type='html'>Les treks de l'Ausangate et du Salkantay nous avaient donne des envies d'ascensions glaciaires...  Autour de La Paz,  les nevados pullulent ; le Huayna Potosi, 6088 m,  est l'un des plus accessibles, avec un campement alto en refuge a 5100 m.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe une bonne journee a La Paz pour preparer l'equipee. Finalement, on se decide a y aller sans guide ; on loue juste le materiel et le taxi, car les transports publics n'ont pas l'air facile a trouver. Le "carro" doit venir nous chercher a 8 h le lendemain. On attend 1 h, 2 h , toujours rien. Heureusement qu'il y a internet a l'hotel, ça decontracte pendant l'attente...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apres quelques coups de fil, dont un, le dernier, rageur et menaçant, quelqu'un vient ! C'est un guide de l'agence, il nous emmene en taxi a El Alto, la haute banlieue de La Paz. On y recupere le matos chez Genero, le guide qui gere l'agence ; depuis sa cuisine, belle vue sur l'Illimani, un sommet emblematique du coin a 6400 m. Tout y est : piolets, crampons, corde, baudriers, coques plastique et pieu a neige. Il manque juste les antibottes pour AJ, mais Genero nous invite a decouper une bouteille de plastique pour confectionner une paire de secours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voila partis vers la Casa Blanca, un des camps de base du Huayna Potosi, a 1h30 de piste de El Alto. Le paysage defile, austere et nu, le ciel un poil trop pres du sol, pendant qu'on devore des salteñas au poulet a l'arriere du taxi. Assez vite, les montagnes convoitees se devoilent, entre deux bancs de nuages. La piste mene a une centrale electrique qui alimente la Paz, et traverse un village fantome attenant a une ancienne mine d'or. En bordure de piste, un alignement de tombes est du plus bel effet devant le sommet Sud du Huayna Potosi... Le chauffeur, charmant papa gateau aujourd'hui accompagne par sa petite fille, nous explique qu'a la Toussaint (Todos Los Santos), une fete s'y deroule pour honorer les morts de la mine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Debarques du taxi avec armes et bagages, la montee au Campo de las Rocas commence. On est deja tres haut, a plus de 4700m, et la frange du "glaciar viejo" s'atteint assez vite par un excellent chemin. Puis, il faut rejoindre le sommet d'une moraine, et grimper dans des eboulis empetres de neige jusqu'au refuge. Tout autour, c'est la haute montagne dans toute sa splendeur (y compris ligne a haute tension, barrage, conduite forcee) et la tempete de nuages commence a sevir. Le petit refuge, tout neuf mais un peu glacial, n'est habite que par son gardien qui aspire a la carriere de guide en s'entrainant au ski de rando. Le reste de l'annee (a partir d'octobre jusqu'en avril), il est soit chauffeur de camion, soit receveur dans un des innombrables combis de La Paz. Quelques heures plus tard, un chilien solitaire rejoint egalement l'abri, autour duquel la neige commence a tomber. Un couple de hollandais, accompagnes par un guide bolivien, va camper un peu au dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apres-midi detente, lecture, grignottage, degustation de mate de coca, observation de la souris du refuge et confection des antibottes. On se calfeutre dans les duvets a 19h alors que le ciel se degage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impossible pour nous de dormir, sans doute l'altitude et la perspective de devoir se lever vers 2h du matin... le reveil sonne comme une liberation : banzai ! C'est parti pour pres de 4h d'ascension dans une nuit noire a couper a la frontale. On prend pied sur le glacier a la porte du refuge ; des eclairs dechirent par instants le ciel a l'est et au nord, mais heureusement pas de coups de tonnerre, ça doit etre loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apres une heure de montee a l'aveugle, le faisceau braque sur une trace aussi large qu'un camino Inca, on atteint un vaste replat entoure de crevasses, sans doute le Campamento Argentino. Au sud, les lumieres de El Alto scintillent comme par magie, on se sent moins seuls. Puis on rattrape les hollandais au niveau d'un petit raidillon au dessus d'une crevasse, mais on les laisse passer devant, c'est plus prudent, ils ont un guide... En plus on commence a se rendre compte qu'on est un peu en avance et qu'on risque d'arriver trop tot au sommet ! Apres ce ressaut, le froid et le vent nous saisissent et les pauses sont sautillantes. Un peu etrange voire frustrant de marcher comme ca en pleine nuit sur une montagne inconnue, meme pas vue de jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 5h30 enfin, une vague lueur apparait a l'horizon encadree par deux monstrueux cumulonimbus, et on eteint bientot les feux. Une derniere pente tres crevassee et couverte de bebes penitents nous amene a l'arete terminale, un peu aerienne. On atteint le sommet un peu avant que le soleil ne l'effleure, vers 6h du matin. Merci a la hollandaise anonyme pour ses bonbons-pates de fruit ! La vue est tres panoramique : l'altiplano desertique avec des lacs bleu-nuit, l'ensemble de la Cordillere royale, El Alto qui s'eveille et qui s'eteint, une vaste mer de nuages sur les Yungas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre le froid qui persiste et le soleil qui rechauffe les pentes en dessous, on ne s'attarde pas et on entame la descente, en direct dans la pente croutee sans faire le detour par l'arete. On decouvre les recoins du glacier en plein jour, la forme des crevasses, le volume des seracs, et l'impressionnante "ruta francesa" qui mene au sommet Sud, ou des traces de ski temoignent d'une belle descente recente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour au refuge a 9h, la tete un peu a l'envers : qu'est ce qu'on va bien pouvoir faire de la journee, avec un taxi de retour prevu a 15h ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, comme le froid a definitivement pris possession de la cabane, ce sera redescente vers Casa Blanca, appel du taxi pour qu'il vienne plus tot, glandouille dans l'herbe et la couverture de survie en attendant, puis douche chaude !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-6482666323250695359?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/6482666323250695359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=6482666323250695359' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6482666323250695359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/6482666323250695359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/09/petite-bouffee-au-dessus-de-6000-m.html' title='Petite bouffee d&apos;oxygene au-dessus de 6000 m'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-2969603067157614382</id><published>2007-09-12T07:04:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:03:36.340-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lago Titicaca'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bolivie'/><title type='text'>Escale mediterraneenne</title><content type='html'>On quitte Cusco a regrets, surtout qu'on vient de denicher un cineclub juste en face de notre logis, et on se repait de la seance de fin aout, pendant 5 h, a visionner des courts metrages hispaniques et 2 films : Edward aux mains d'argent et la Vie des Autres, car la thematique du mois c'est le voyeurisme, l'espionnage, le regard. Drole de coincidence : La Vie des Autres, c'est justement le dernier film qu´on a vu en France, en bonne compagnie, au cineclub du Bourget du Lac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour feter dignement notre depart de cette ville mythique, il a fallu faire la tournee des boites, histoire de se dandiner un peu : 3 ambiances differentes, l'une salsa branchouille puis disco, l'autre trip hop latino populo et la troisieme carrement new yorkaise. On croyait que les gringos avaient quitte Cusco, mais en fait ils vivent la nuit, a la Mama Africa ! Ici on danse la salsa portoricaine et pas cubaine, et J a du mal a assurer avec ses danseuses peruviennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Direction Puno, ou souffle un air de Patagonie, avec le vent froid et la mer toute proche : il semble bien que la saison des pluies soit en train de prendre possession de l'altiplano. La ville nous parait un peu miteuse, surtout apres deux mois de Cusco... Seule la cathedrale, qu'on visite de loin pendant l'office, en meme temps que deux chiens qui se battent et aboient, detonne par son apect massif et baroque. Il y a aussi la casa du Corregidor, petite enclave charmante orange vif et fleurie qui abrite un magasin de commerce equitable. Les chulpas de Cutimbo (tombes incas et preincas en forme de tours monumentales) nous attirent l'espace d'une apres midi. On s'y promene seuls, au sommet d'un plateau volcanique isole au milieu d'une grande plaine, en essuyant un orage de grele memorable. A la base du plateau, quelques peintures rupestres figurant vaguement des lamas... pas du niveau de la grotte Chauvet !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, on se fait aguicher par les entraineuses de rue dans un restau "touristique" infect avec soupe en sachet, truite avariee et legumes congeles, ingredients qui dans la nuit se transforment en tourista petante dans l'estomac d'AJ. On regrette cette entorse a la routine ; d'habitude, on dine dans des restau populaires a plat unique, la cena, composee immanquablement d'une tres souvent delicieuse sopa et d'un segundo a base de frites et de riz, agremente de poulet ou d'une autre viande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgre tout, le lendemain, AJ se traine au port (en velo-taxi bien decore), ou on embarque en direction de la peninsule de Llachon. Il a fallu negocier dur car ce n'est pas la destination traditionnelle : le bateau, qui dessert les iles d'Amantani et de Taquile, doit faire un detour pour nous deposer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AJ, recroquevillee au fond du bateau, somnole pendant que les roselieres defilent ; escale obligee aux fameuses iles flottantes Uros. Elles abritent chacune plusieurs familles, et sont faites de couches superposees de roseaux (le totora), qui reposent sur un socle de tourbe, lui-meme accroche au fond du lac. Le tout est fort moelleux, tres agreable pour s'allonger et glandouiller au soleil. Vers midi, le bateau nous depose pres de Llachon, ou on trouve facilement un hebergement chez l'habitant : une bonne partie des maisons disposent d'une annexe a usage touristique, tres bien construite et tres agreable, avec petite cour, rosiers et vue sur la mer. Notre hote, qui voit bien qu'AJ va mal, nous sert d'office un mate de muña, fleur blanche des talus reputee soigner les maux de ventre. Au cas ou, il nous laisse aussi quelques feuilles de coca !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque trois jours se passent tranquillement, mais peu agreablement pour AJ dont l'etat ne s'arrange pas franchement. On reussit quand meme a se promener un peu ensemble, au ralenti, dans un univers tres mediterraneen : garrigue, terrasses, iles pelees, flots bleus a perte de vue. On s'imagine tout a fait au bord de l'Adriatrique, avec moins d'allemands. Quelques voiliers charges de totora effleurent les eaux du lac ; pas mal de petits bateaux a moteurs aussi, pour le transport de passagers. Le matin et le soir, les barques colorees sortent a la rame pour relever les filets. L'atmosphere est calme, detendue, la vie s'ecoule paisiblement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour a Puno par voie terrestre (une roue crevee, une !) ou on passe encore une nuit bien obliges car il faut aller voir le medecin magicien, qui guerit AJ en 10 pilules, et on se prepare a changer de pays. On s'attendait a des formalites penibles, a des douaniers grognons voire vereux... et pas du tout. Le passage de frontiere le plus agreable de notre vie. Le bus nous depose devant les douanes peruviennes, et nous recupere 200 m plus loin apres les douanes boliviennes. Entre les deux, c'est la fete, la foire internationale de Yunguyo, avec une multitude de vendeurs ambulants de n'importe quoi et des defiles. La route est bloquee un bon moment par la procession des transporteurs, qui defilent en fanfare et en grands habits, danse et musique. Beaucoup de danseurs, hommes et femmes, sont deguises de masques grotesques et de chaussures carnavalesques, et jouent d'une crecelle en forme d'autobus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'autre cote de la frontiere, c'est Copacabana (en Bolivie!) ; petit depaysement malgre la langue qui ne change pas, dans les details des rues, des batiments, des conversations, des vehicules et notamment les bus qui ont ici l'air tres debonnaire des vieux Dodge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Isla del Sol est la destination incontournable, a 2h en vedette depuis Copacabana. On s'y achemine a pied en longeant la peninsule, en traversant des collines seches parfois plantees d'eucalyptus, des petits villages de bord de mer, avec des barques en totora sur la greve et de jolies petites baies plantees de roseaux. Le relief est a la fois doux et brutal, on deniche un petit bout de camino Inca... Au bout de la presqu'ile, a Yampupata, un passeur nous amene a la pointe sud de l'ile a la rame, en insistant bien pour nous montrer que ca le fatigue et qu'il apprecierait 5 Bolivianos en supplement... Sur l'Isla del Sol, ambiance encore plus tranquille, les odeurs de maquis sont saisissantes, et depuis la crete, la vue est panoramique sur le lac, sa rive peruvienne, et les grands sommets de la Cordillere Royale de l'autre cote. Non loin, la petite Isla de la Luna a des allures de Scandola, avec son pan de falaise rouge vif. De gros nuages s'ammoncellent cependant toute la journee, et le soir vers 20h, c'est invariablement la pluie et l'orage. On en essuie notamment un effroyable en milieu de nuit, avec des deflagrations si proches que ca nous donne "les abeilles". Le Lac a un cote Dr Jekyll et Mr Hyde, tres calme, d'huile, chaud et ensoleille le jour, et bruyant, sombre avec des clapots quand vient le soir. On y passe trois nuits, en campant sur trois plages differentes, assez idylliques ; J arrive meme a piquer une tete dans l'eau assez fraiche, un soir. L'atmosphere est a la detente dans un univers vraiment attachant : les terrasses, les rochers, l'eau en contrebas, les ilots alentours, dessinent un camaieu de couleurs pastels, tres douces. Pas un insecte malfaisant. L'Ile a une forme de vaisseau spatial, avec des recoins tres sauvages, des pointes tres effilees, des baies profondes et sablonneuses, et tout un versant tres habite. Ses dimensions sont faibles, mais on y fait un petit bout de chemin, avec moultes montees et descentes entre la cote a 3800m et les cretes a 4100... Sur une plage du bout de l'ile, sous les ruines preincas du Labirinto, on rencontre un campeur solitaire flamand et voyageur au long cours, Ton, qui passe ici des jours tranquilles "a ne rien faire". Il se dirige comme nous vers la Patagonie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette escale ensoleillee avait des airs de vacances dans les vacances. L'arrivee pluvieuse et froide a La Paz est deboussolante, et fait quant a elle un peu rentree scolaire : bruit, foule, etendue urbaine, trafic dans les rues en pente.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-2969603067157614382?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/2969603067157614382/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=2969603067157614382' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/2969603067157614382'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/2969603067157614382'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/09/escale-mediterraneenne.html' title='Escale mediterraneenne'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-5077488746084894284</id><published>2007-08-31T11:28:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:04:46.805-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cusco'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ausangate'/><title type='text'>Plus beau tu meurs</title><content type='html'>On est rentre hier d'une de nos plus belles escapades en montagne, autour du massif de l'Ausangate. La beaute des lieux et l'altitude nous auraient presque rendus ascetes, presque plus faim ni soif, dans un univers apre qui nous propulse a mille lieux du quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La longue marche de 6/7 jours commence a Tinqui, a six heures de bus de Cusco. Sur la route deja, ca sent l'aventure quand le bus s'arrete pour panne d'eau... Incroyable, aucun bidon de flotte de secours n'est prevu dans le vehicule. On a donc recours aux reserves des passagers (dont deux litres offerts gracieusement par JAJ), et a une dizaine de litres trouves assez loin en contrebas par un des equipiers. Puis, c'est le chargement du toit (quelques tiges de fer a beton) qui tombe a la faveur des tressautements sur la piste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive bizarrement dans les temps a Tinqui, ou on retrouve Fred, un baroudeur francais croise a Cusco, avec qui on avait sympathise autour d'une carte au South American Explorer. Lui s'engage seul dans le tour de l'Ausangate (a l'endroit). Quant a nous, on a prevu d'entamer le tour a l'envers, de pousser jusqu'a un col qui surplombe la face Sud de cette monstrueuse montagne, puis de traverser la cordillere vers l'Est pour rejoindre le village de Phinaya, un des plus hauts du monde a plus de 4700 m. On espere donc se croiser trois jours plus tard, dans un fameux decor !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour nous, c'est la decouverte de l'altitude, car on ne descend jamais sous 4500 m, et on a meme campe deux fois a 5000... Meme apres plusieurs jours, le souffle est court ; quand on saute une ou deux respirations devant le paysage, on s'apercoit qu'on manque cruellement d'air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les decors sont extraordinaires et vivants malgre les conditions extremes. Un ciel froid et tres pur, souvent degage mais ou viennent parfois jouer des nuages venant d'Amazonie, en creant des jeux de lumiere frappants. Puis des sommets en bandes ou isoles, avec des masses de glace monstrueuses, formant des champignons ou des cannelures, parfois d'immenses plateaux blancs. A chaque col, il est d'usage de remercier l'Apu (la divinite tutelaire du nevado) pour sa clemence en rajoutant une pierre a un Apacheta (un cairn, on dit chez nous). Les nevados trainent des monceaux de moraines gigantesques, parfois roses, parfois gris, parfois verts, et surplombent de vastes vallees souvent humides, parsemees de lacs de toutes couleurs et de toutes tailles. Pas d'arbres, mais partout ou un peu d'herbe jaune et seche pousse (l'Ichu notamment, qui sert a couvrir les toits des cahutes alentours), paissent des milliers d'alpagas en troupeaux, souvent gardes par des chiens feroces et des berger(e)s plutot distant(e)s. Une drole de bestiole, l'alpaga, qui a l'air encore plus bete qu'un mouton, mais si craquant avec son abondante fourrure de peluche, qui tressaute quand il se met a courir. Aux confins de la vegetation et du desert mineral, on rencontre souvent sa version sauvage mais tres differente, la vigogne, qui vit sa vie en petites troupes. Un charmant animal tres delicat et gracile, qui porte la tete loin en avant quand il se met a courir, et qui se sent rassure quand il se campe sur une pente sablonneuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fonds de vallees sont souvent des "bofedales", marecages composes de sortes de mousses dures et epaisses, en mottes parfois spongieuses, a travers lesquelles l'eau s'ecoule un peu anarchiquement. Souvent, on ne reconnait plus le cours d'eau naturel tellement des canaux ont ete creuses a travers les ages. L'aspect sauvage de la montagne cache en fait des pratiques agricoles intenses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au dessus de 5000 m, le paysage devient vraiment lunaire, avec des successions de collines anthracite, orange, vertes, grenat, gris-bleu... On reste la plupart du temps bouche-bee, notamment au passage du col du condor, une veritable apotheose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s'aventure de temps en temps sur des sommets rocheux qui nous paraissent accessibles. A la faveur du retrait recent des glaciers, on atteint une antecime curieusement denudee au milieu d'un champ de glace, a environ 5500m, au Comercocha. Il nous manque 30 metres de neige dure et une paire de piolet pour vraiment etre au sommet... un peu rageant. Deux jours plus tard, on s'offre en extra une marche de crete a peu pres a la meme altitude, avec meme quelques pas d'escalade et franchement du gaz, face a une belle brochette de 6000 dont le chef inconteste reste le seigneur Ausangate. La plupart du temps, on marche ou on essaye de dormir dans la longue nuit, ou alors on flane dans l'herbe en buvant du mate de coca. On passe aussi une apres midi dans l'eau chaude des bains de Pacchanta, en plein air sous la face Nord de l'Ausangate !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nuits, etrangement, ne sont pas si froides, meme si les duvets et la tente sont bien givres au petit matin, et l'eau des bouteilles gelee. Les soirees sont plus difficiles, car le vent solaire souffle peniblement jusqu'a la nuit tombee. Une fois le soleil leve par contre, il fait bon a l'abri du vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'a 5000, des habitations isolees, en pierre et en ichu, etonnamment mimetiques, servent d'abris temporaires ou permanents (on ne sait pas si il y a une saison d'alpage) a des familles. Plus difficile ici de lier connaissance avec les habitants, qui gardent souvent leurs distance... et nous ne parlons pas un mot de Quechua ! Il nous semble incroyable de pouvoir vivre ici en permanence, d'autant que meme la patate ne pousse pas a cette altitude, et qu'il ne faut pas compter sur un feu de bois pour se rechauffer ou pour faire la cuisine... En fait, le seul combustible est le crottin (et il est excellent parait-il). Il est stocke en mottes sur le sol autour des habitations, seche et conserve a l'interieur de petits greniers de tourbe. Beaucoup de femmes revetent la tenue traditionnelle : grande jupe sombre de laine epaisse bordee de bandes de couleurs, multitude de jupons (on n'a pas eu l'occasion de les compter), grands bas de laines, veston assorti, mantas (une grande piece de tissu a tout faire) pour proteger du froid et pour porter des charges, tout cela surmonte d'un grand chapeau rond, colore, a frange. Les hommes sont plus rares (sauf les muletiers engages sur les treks), et plutot habilles de sombre. On en a croises a plus de 5000 m en bermuda-bas de laine... et un avec un gros sac a dos et vetements techniques : c'est Fred, qui descend du Paso Palomani alors qu'on y monte. Rencontre attendue, mais surrealiste tout de meme ! On casse la croute ensemble dans un decor de reve, en echangeant nos recettes de cuisine de trek.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bien nomme Yayamari ("sommet des douleurs"), aux flancs dechiquetes, trone seul au dessus de l'immense lagune Sabinacocha, parait-il "le plus grand lac du monde a cette altitude". On la longe sur son flanc nord, ou l'immense massif glaciaire du Chumpe l'alimente. Des milliers d'oiseaux s'y ebattent, dont deux flamants rose vif et des foulques geantes qui construisent des nids flottants geants. A cet endroit, les limons morainiques donnent a la lagune des allures de lagon tropical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La longue journee de retour a Phinaya commence par un soleil eclatant, puis a mesure que l'on progresse le long des lacs, sur un terrain plat et desole entre les massifs glaciaires puis des montagnes multicolores peut-etre volcaniques, les nuages s'ammoncellent. On essuie quelques trombes de neige avec heureusement le vent dans le dos. L'arrivee au soir dans ce village du bout du monde est memorable, dans un froid glacial. On nous installe dans l'hospedaje municipal, un dortoir sans eau ni electricite mais neanmoins confortable et bienvenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, retour tres progressif a Cusco... Un camion nous charge vers midi en compagnie d'une quarantaine d'habitants du coin, d'une demi douzaine de moutons, de quatre alpagas et deux lamas, pour nous amener encore plus haut, puis petit a petit vers la plaine, en 4 ou 5 heures. Evidemment, le vehicule plein a ras bord se remplit encore au cours du trajet ; il arrive meme a digerer une sono entiere, avec des hauts parleurs de deux metres arrimes tant bien que mal au dessus du betail. C'est drole trois heures, ensuite on a hate de s'enfuir... D'autant qu'au milieu du parcours, le chauffeur fait vaguement la course avec le camion de derriere qui menace de le rattraper et qu'il reussit a exploser un pneu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive epuises et morts de faim a Cusco, contents de retrouver les petits plaisirs simples de la ville et de respirer sans y penser !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-5077488746084894284?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/5077488746084894284/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=5077488746084894284' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/5077488746084894284'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/5077488746084894284'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/08/plus-beau-tu-meurs.html' title='Plus beau tu meurs'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-4633825143708919476</id><published>2007-08-22T14:38:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:05:33.425-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cusco'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Choquequirao - Salkantay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><title type='text'>15 jours sur les chemins des incas</title><content type='html'>Rentres hier a Cusco, on apprend seulement la nouvelle du terrible tremblement de terre qui s'est produit le 15 aout dans la region de Pisco. Dans la ville, les gens se mobilisent pour approvisionner les rescapes en ressources premieres et notamment en eau. Quant a nous, on etait tres loin de l'epicentre. Desoles de n'avoir pas pu poster plus tot pour rassurer les quelques inquiets...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partis le 6 aout de Cusco, ou on commence a se sentir chez nous, un bus a destination de Lima nous emmene au depart de la route de Cachora, en 4 longues heures tuees a regarder des DVD de series B americaines dont un magnifique panegyrique de la vie de motard romantique et un vraiment tres affligeant Eddie Murphy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laches au milieu de nulle part, vers 4000 m, on se sent un peu decales. Il faudra une heure et demi de descente a pied pour rejoindre le village de Cachora. Il parait qu'ici on cultive l'anis mais ce n'est pas la saison de la recolte. Le village est niche au milieu d'une plantation d'eucalyptus, arbres frequemment croises vers 3000 m dans les zones habitees, qui rendent le paysage un peu tristounet, debarrasse de sa vegetation naturelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dort dans une des nombreuses hospedajes sous un ciel bourgeonnant. On sent que le village se developpe et prend de l'ampleur ; l'ambiance pourrait vite tourner a l'aigre atmosphere d'Aguas Calientes, car ici on n'est qu'a 2 jours de marche de ruines incas fameuses, Choquequirao, dont la mise a jour a commence vers les annees 1980 et se poursuit encore aujourd'hui. Au petit dej au restau du coin, on nourrit un perroquet domestique qui semble beaucoup apprecier les "petit beurre" peruviens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En route pour Choquequirao, "berceau de l'or" ! On suit d'abord plus ou moins une piste, projetee initialement pour desservir le site mais heureusement abandonnee pour des raisons financieres. Au premier col, la piste se transforme enfin en chemin, tres bien trace, large et tres poussiereux, avec meme des bornes kilometriques et on decouvre une premiere vue des ruines, accrochees a une crete au loin. Tout en bas, il faudra franchir le torrent de l'Apurimac, qui s'est creuse un canyon digne de ceux du Colca.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rejoint ici aussi nos premiers touristes, des espagnols excites, avec la suite habituelle "muletier(s), cuisinier(s), mules, chevaux et guide". La descente est chaude et poussiereuse, surtout quand on croise les mules, et la vegetation est d'abord un peu desolee car le versant a subi des incendies. Plus bas, des arbres rigolos, sans feuilles ni fleurs, avec un fruit laissant echapper une touffe de simili coton et decores de lichens barbus et chevelus. Ils hebergent aussi des familles de bromeliacees, des sortes de petits agaves vert-rouge. En chemin, une oasis-campement donne de l'ombre, de l'eau et des gazeosas a volonte. L'atmosphere d'un coup devient tropicale : papayers, manguiers, bananiers, chirimoya, mouches piquantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au rio, il faut s'enregistrer au puesto de control. Un hotel est en construction a proximite. On se demande si bientot un "chemin de l'Inca" bis ne va pas naitre ici, vu l'affluence et les infrastructures. Apres nos 1500 m de descente et un enorme dejeuner (comme souvent sandwich thon- avocat- mayo), dans un elan de courage on entame la remontee tres chaude vers Santa Rosa, ou vivent quelques familles qui ont amenage des plate formes de camping et servent des cenas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on part assez tot pour monter (encore) a la fraiche jusqu'au site. L'arrivee a Choquequirao est somptueuse, les ruines mises a jour sont moins etendues qu'a Machu Picchu, mais le cadre est magique et sauvage : sur un col, a la frange d'un beau reste de foret primaire, trois terrasses monumentales plantees de venerables acajous servent de soubassement a une grande place bordee d'un groupe de maisons de plusieurs etages ; sur la gauche, une colline a ete arasee sur plusieurs metres pour jouer le role d'observatoire astronomique (dit-on) ; au dessus, des constructions plus basses, greniers et temple. Tres loin en contrebas de part et d'autre de la crete, de magnifiques terrasses agricoles sont en cours de restauration ; certaines sont curieusement decorees de llamas dessines avec des pierres blanches incrustees... On imagine assez bien le reste, noye dans la vegetation. Le tout est perche a pres de 2000m au dessus de l'Apurimac et du Rio Blanco, sur une pente vertigineuse, et sous le regard des glaciers, encore 2000m au dessus. Malgre l'impression de ne pas vraiment marcher tous seuls pour y arriver, le site est en fait peu visite : une trentaine de personnes ce jour la... On y passe donc une bonne partie de la journee, avant de repartir vers le Nord en direction de Huancacalle, a 4 jours de marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce faire, on redescend largement tout ce qu'on a monte, on se baigne encagoules au rio Blanco pour echapper a d'infectes minuscules mouches piquantes, on remonte dans une poussiere memorable en croisant des groupes de mules qui s'amusent a la remuer tant et plus. Ici, la foret est plus ou moins absente (soit c'est trop sec, soit ca a ete incendie), jusqu'a pres de 3200m ou elle reprend ses droits. Puis, on remonte jusqu'a un col majestueusement panoramique, vers 4500, mais on y voit surtout des nuages. Comme on en demande encore, on redescend vers le village de Yanama, magnifiquement isole et a deux jours de marche du premier moteur a explosion. La foret redevient genereuse, et les sommets se devoilent, notamment les presque 6000m du Pusimallo, dont on est en fait en train de faire gentiment le tour en 15 jours ! On est presque a Huancacalle, il suffit de remonter encore une fois a 4500, d'ou le paysage est somptueux (on s'offre un petit sommet en escalade particulierement panoramique, sous le vol des condors). Et bien sur de descendre par un incroyable chemin dalle, inca bien sur, la tres tres longue vallee qui nous ramene a ce village ou on etait passe il y a 15 jours pour aller a Espiritu Pampa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Huancacalle, on retrouve avec bonheur l'hospedaje des Cobos, la fameuse cuisine des Cobos, et un petit dejeuner memorable a base de crepes a la banane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s'apercoit d'ailleurs qu'on part au bout du monde pour echapper a la routine, et qu'on s'empresse de s'en inventer de nouvelles, comme monter et descendre, manger, dormir. Un vrai rituel... En arrivant a un camp le soir, quasiment a chaque fois entre 16h et 18h, on enchaine immanquablement la douche au torrent ou a la bouteille, le plantage de tente puis son ameublement, la preparation de la bouffe pas tres elaboree (du coup, on mange chez l'habitant des que possible), avec 1/2 l reserve au thermos pour le mate de coca du soir, ingestion du repas, rangement des affaires qui trainent, lavage de dents et au lit... Il est entre 19h30 et 20h...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Court repit, car on repart le lendemain pour trois jours de marche vers Santa Teresa, quasiment sans carte ni topo, et quasiment sans personne a croiser a priori. On se perd un peu sous le Pusimallo et ses abondants glaciers, mais c'est tellement beau qu'on ne regrette meme pas. Le lendemain, on se perd encore un peu sur les cretes, mais presque volontairement. Et on plonge dans la foret de nuages vers Santa Teresa, une spectaculaire descente de 2500m avalee dans la journee ou on passe des poles aux tropiques. La foret est superbe, et nous rappelle Espiritu Pampa ; on y observe meme le coq de roche, un peu grognon mais de pas tres loin. Gros comme une petite poule, noir et rouge, l'oeil bleu, une etrange tete bossue, c'est un des emblemes du Perou. Le rio Sacsara debite en gros bouillons, et il est alimente par quelques sources d'eau chaude. Arrivee un peu vannes a Santa Teresa, au milieu de magnifiques plantations de cafe, bananes, fruits de la passion, sous l'ombre de mimosas geants. On se sent vraiment du cote de la jungle ; les derniers kilometres de piste sont quasiment paradisiaques, si on fait abstraction des mechantes mouches piquantes dont meme les locaux portent les stigmates, et de nos plantes de pied qui demandent grace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, ambiance moins classe a Santa Teresa. Le village a ete totalement detruit il y a 9 ans par des crues torrentielles, et reconstruit un peu plus haut ; il est encore en travaux , fait d'adobe et de tole ondulee. Le tourisme commence a sevir, et en particulier quelques allemands bourres la nuit ou on a essaye d'y dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Santa Teresa est fort proche du Machu Picchu, et on y etait rapidement passe en taxi il y a quelques temps. Cette fois ci, on se lance a pied dans une traversee de 4 jours vers le Sud, a travers le Salkantay. On a le moral, car le temps est passe a la brumasse et sur les deux premiers jours, on est assures de croiser pas mal de caravanes car l'itineraire est classique, dans l'autre sens. Les campements sont en voie de se transformer en hotels, les gens ont l'air un peu ahuris de nous croiser avec nos sacs, a contre-sens, et les contacts avec les locaux ne sont pas faciles. En plus, les groupes ont tendance a laisser des dechets sur place. On monte donc a toute vitesse jusqu'a un campement tres sauvage et tres haut, ou les nuages se dechirent miraculeusement dans la nuit : on est en fait au creux de glaciers gigantesques, avec des sommets a plus de 6000m au dessus de la tete.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La journee suivante est gracieuse, exaltante, contemplative et neanmoins exigeante, puisqu'on enchaine deux gros cols qui nous font passer du cote sec des Andes, et qui defendent la pyramide glacee du Salkantay. Sus a la routine, on innove en se concoctant un mate de coca a midi, sur un col a 4900m d'ou on surplombe le bas du glacier. Apres le second col (qui permet en fait de rejoindre le fameux Camino del Inca, mais qui est peu emprunte), c'est l'aventure, seuls avec une trace censee nous accompagner jusqu'a Limatambo ou passent des bus. On s'en sort finalement bien grace au temps tres stable qui nous permet de naviguer a vue. On passe pres du col, vers 4700, notre nuit la plus froide avec gel meme avant le coucher du soleil ! Petite avarie pres du port pour J qui glisse ridiculeusement sur les graviers d'un vague sentier, dans les bras d'un joli mais peu accueillant cactus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour de la routine culturelle et urbaine a Limatambo, avec des ruines, un hospedaje, des repas chauds, etc. Le village est tres calme, assez residentiel et prospere, tres elegant avec ses maisons blanchies aux soubassements de pierres incas. On attrape un bus le lendemain pour rentrer a Cusco (80 km), a la maison, chez les soeurs dominicaines. Bus vide car il n'a pas pu aller jusqu'a Lima, la Panamericaine etant endommagee vers Pisco par le seisme...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-4633825143708919476?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/4633825143708919476/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=4633825143708919476' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4633825143708919476'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4633825143708919476'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/08/15-jours-sur-les-chemins-des-incas.html' title='15 jours sur les chemins des incas'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-4340643215518008897</id><published>2007-08-05T19:14:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:06:06.405-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cusco'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cordillere Vilcabamba'/><title type='text'>Boucler la boucle</title><content type='html'>La premiere boucle Ollantaytambo-Ollantaytambo par la jungle et le Machu Picchu etant achevee, il reste a rentrer a Cusco...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait l'essentiel du chemin a pied, et en faisant des detours, encore. D'abord par une magnifique foret primaire de montagne, dans une vallee peu peuplee qui s'enfonce dans la cordillere, avec le queñual, arbre emblematique au tronc orange et ecorche, qui pousse entre 3500 et 4500m. On campe entre les racines d'un specimen particulierement vieux et imposant, au bord de la riviere, avec a peine la place pour la tente. Le lendemain, on remonte la vallee jusqu'a un col a 4600m ; des lacs de toute beaute, des villages traditionnels aux toits de chaume et aux murs d'adobe jalonnent le parcours. Les maisons sont absolument mimetiques, on ne les voit qu'au dernier moment. Une harmonie subtile avec la montagne, mais que la vie doit etre dure avec les jours a cultiver des pommes de terre qui veulent bien pousser sur ce sol un peu ingrat et fort pentu, et des nuits glaciales de 12h en saison seche...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'autre cote, on descend jusqu'aux bains de Lares, les plus apprecies de la region parait-il, ou on se prelasse beatement entre une piscine froide, une piscine a 45 degres, et une piscine a temperature du corps. L'eau est jaune, elle sent le soufre et elle est epaisse. Une petite fille porte un masque, les enfants du coin y font etape en rentrant de l'ecole, et beaucoup de touristes-curistes peruviens s'y soignent ou s'y reposent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le lendemain, c'est reparti pour une traversee de deux jours, en sens inverse, pour rejoindre Calca et la vallee de l'Urubamba. Cete fois, c'est plus haute montagne avec un premier col a 4500 m, une echarpe de lagunes vertes emeraudes, des lamas, un ciel qui s'ennuage au fil des heures et qui se nettoie comme par magie au soleil couchant. Les sommets se devoilent (Sirhuani, Sawasiray).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe une nuit assez glaciale au dessus d'une lagune qui frole les 4600 m. A la nuit tombee, vers 20h, une lumiere tres haut sur le col, sans doute une caravane locale qui prefere la nuit au brouillard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, lever tres tot pour passer l'abra (le col) avec le beau temps et c'est une grande reussite ; on passe au pied des glaciers majestueux du Sawasiray, 5800 m de sucre glace. On se croirait presque dans les Ecrins. La principale difference de visu, c'est l'aspect beaucoup plus charge de glace des sommets, avec des cannelures presque verticales et des champignons de glace qui donnent du relief aux sommets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite escalade sur un sommet rocheux a droite du col, a presque 5000. La vue est geante sur l'ensemble des sommets de la cordillere, sur la mer de nuages flottant sur la jungle, et meme sur l'Ampato, un sommet pres d'Arequipa, a quelques centaines de km, qui nous a accompagne un moment par la bas. Deux colibris passent au sommet...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grand moment de contemplation en dessous du col, parmi les touffes vertes de poposa et duveteuses de puña, quasiment les seuls vegetaux remarquables aptes a pousser a ces altitudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On descend a regret vers la civilisation, la route, mais aussi la douche chaude et la biere fraiche, a quelques heures quand meme. Vaste descente donc, plus de 2000m de lagunes, de pampas, de forets, de chemin fort bien trace (car ici les chemins de montagne ne servent pas qu'aux randonneurs du dimanche).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etape a Calca fort agreable, ou on dort dans un patio fleuri avec en pot quelques emanations de la jungle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, un bus nous emene a 10 km de la, pour entamer la derniere traversee de 2 jours en direction de Cusco. Une chaude et seche grimpette de 3 h nous emmene a un site inca, le "Petit Cusco", ou on goute avec plaisir les retrouvailles avec ces sacres monuments aux pierres finement taillees, et les terrasses, habitations populaires et auberge qui inevitablement accompagnent les temples et demeure royale. Ici gravite un genre de touriste particulier, le touriste "mystique", qui, a l'entree du site prononce des incantations a la Pachamama et aux ancetres "Hola Papa, Hola Mamma, Hola Abuelita", et qui joue de la flute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On continue ensuite la montee le long du sentier inca, qui mene au prochain village traditionnel a travers un petit canyon a l'ombre duquel il fait bon ne pas suer. Une porte inca clot la gorge et le village, etrangement desert et silencieux, dispose lui aussi de quelques vestiges historiques. Un groupe de francais descend et s'esclaffe a la vue de nos bottes arrimees sur les sacs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On poursuit a travers la montagne seche et tres cultivee pour rejoindre le village plus vivant de Patabamba, ou le topo nous invite a faire etape chez un chef muletier et sa femme. On entre dans le village a la suite d'un troupeau melant indistinctement vaches, cochons, moutons, et leurs petits, conduits au bercail par deux charmantes petites filles et leur grand mere.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ambiance chez Mamerto est hyper rustique mais on a quand meme le luxe de disposer d'eau chaude et d'une chambre a part. Le soir, on dine dans la cuisine avec la famille (le papa est en trek). La cuisine est en fait une maison a part avec son atre en adobe et ses cuys qui couinent, les cochons d'Inde, ici un mets tres apprecie les jours de fete, qu'on retrouve invariablement quand on va chez l'habitant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, pour rejoindre la route de Cusco, il reste a traverser une sierra dessechee, avec un petit detour par une immense lagune, ou les canards, oies, vanneaux cotoient les vaches qui vont chercher dans l'eau jusqu'au cou leur pitance d'algues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la route, comme toujours, on attend moins de 5 minutes pour qu'un bus s'arrete et nous emmene a bon port.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-4340643215518008897?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/4340643215518008897/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=4340643215518008897' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4340643215518008897'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4340643215518008897'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/08/boucler-la-boucle.html' title='Boucler la boucle'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-7234841303808796966</id><published>2007-08-05T18:34:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:01:39.503-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cusco'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Machu Picchu'/><title type='text'>El Machu Picchu !</title><content type='html'>C'est decide, malgre les quelques vicissitudes touristiques qui s'annoncent, un pelerinage au Machu Picchu s'impose. Pour s'y rendre depuis Quillabamba, rejoindre Aguas Calientes par Hydro Electrica via Santa Teresa est le plus simple. On loupe le combi de 11 h et on s'entasse dans un taxi avec 3 peruviens qui vont aussi visiter les ruines en direction de Hydro electrica, une usine hydro electrique situee a 10 km de Aguas Calientes. En chemin, on croise nos premiers champs de coca.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Hydro, la plupart des gens prennent le train (tarif special pour les peruviens, mais ca reste cher...) Nous, on prefere aller a pied le long de la voie ferree, et on n'est pas vraiment les seuls.&lt;br /&gt;Il faut juste se pousser un peu des rails quand un train arrive, et bien calculer son coup pour les ponts et les tunnels. La promenade est en outre assez merveilleuse, a travers la foret humide peuplee de coqs de roche, au fond d'une gorge que dominent les fameuses ruines, orgueil national du Perou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive a Aguas Calientes au soir, un peu ambiance Deux Alpes, station touristique champignon tres desagreable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, lever a 4h30 pour monter a pied et arriver avant les premiers bus, pour le traditionnel lever de soleil sur le site. La encore, on n'est pas les seuls a avoir l'idee, et pourtant le brouillard est fort opaque, et de lever de soleil point. Dans la brumasse, la 4eme merveille du monde moderne n'est pas fantastique...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une petite queue de 1h sous la pluie pour acceder au Wayna Picchu, la montagne en pain de sucre qui domine Machu Picchu. Heureusement, vers 9h, la brume se dissipe et le ciel bleu ne nous quittera plus de la journee. On arpente les ruines en tous sens ; le site est assez etendu mais pas immense, et on y retrouve un concentre des constructions vues dans la vallee sacree, indemne des agressions espagnoles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, c'est en prenant un peu de recul par la porte du soleil, d'ou arrive le fameux Camino del Inca, que la vue est frappante. Une etrange harmonie se degage de l'ensemble, ces constructions qui font corps avec le dos de la montagne, 600 m au dessus de l'Urubamba, avec le Wayna Picchu si elance en arriere plan. Au bout d'une journee de contemplation, on tombe vraiment sous le charme (et ce n'etait vraiment pas gagne d'avance...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fin d'apres-midi, on observe longuement une bande de viscaches peu farouches qui s'ebattent dans les ruines d'habitations, a quelques metres. Et au coucher du soleil, le site est desert et on se fait un peu tirer l'oreille pour quitter le promontoire. On aura rarement passe 11 heures sur un site touristique !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour finir le pelerinage en beaute, 28 km a pied le long des rails vers Ollantaytambo en remontant le rio Urubamba. Eprouvant mais pas si difficile, on apprend a reconnaitre l'arrivee des trains, on frole l'ambiance peu ragoutante du Camino del Inca, on alterne entre la marche sur ballast et l'equilibre sur rail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit a petit, on sort de la foret de nuages pour retrouver la montagne seche de la Vallee Sacree ; les ruines incas jalonnent la marche, et on est recompenses de ns efforts par un site de campement magnifique, au milieu de constructions de defense en "dents de puma" comme a Sacqsaywaman, sous les sommets glaciaires de la cordillere qui se defont de leurs derniers nuages.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-7234841303808796966?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/7234841303808796966/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=7234841303808796966' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7234841303808796966'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7234841303808796966'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/08/el-machu-picchu.html' title='El Machu Picchu !'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-8764909833742480428</id><published>2007-08-04T06:29:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:07:03.315-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cusco'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Espiritu Pampa - Ivochote'/><title type='text'>Incursion dans la jungle</title><content type='html'>Depuis Ollantaytambo, et sa vallee aride et pleine d'histoire, nous rejoignons la selva de Quillabamba. Le bus nous fait traverser la cordillere en une journee, avec une petite heure a pied pour franchir un glissement de terrain : dans une chaleur moite, environ 200 personnes se croisent avec bagages et enfants sur un sentier de fortune qui relie deux bouts de piste... une scene assez surrealiste ; nos voisins de bus, comediens de rue, transportent une sono avec une grosse enceinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voyage est spectaculaire, on devale le versant Est des Andes, en foret vierge, les roues au bord du vide, pour arriver dans les plantations de cafe, de cacao, d'agrumes, de bananes, jusqu'a Quillabamba, porte de la jungle, a 1000 m d'altitude. Le petit dejeuner ici s'agremente de bananes grillees et de yucca : le cafe (c'est ici qu'il est le meilleur entend-on dans la rue) est servi comme a Lima avec une solution concentree a diluer dans de l'eau chaude, et cette fois ci c'est tres bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la, direction Huancacalle, petit village a 3000 m d'altitude, a 4 h de Quillabamba en combi. On quitte les moustiques et la chaleur, mais des mouches nous assaillent, qui piquent bien rond bien profond. La montagne est ici tres verte, couverte de grands arbres ou perchent des sortes de poules malhabiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y visite les ruines Incas de Vitcos, avant derniere ville construite a la va-vite par l'Inca fuyant les espagnols. C'est en fait un tout petit village, avec d'un cote les maisons des nantis, de l'autre les habitations populaires, et une grande maison de reunion pour discuter de la vie. Un peu plus loin, il reste des terrasses, quelques gros blocs soi disant tombeaux d'un chef et de sa femme, un cadran solaire, une guillotine. Tout proche, le site de la Nusta Hispana est centre autour d'un gros bloc sculpte, au sommet duquel les futures petites amies de l'Inca urinaient afin de prouver leur virginite...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La region essaye de developper un peu le tourisme, pour l'instant assez inexistant, en jouant sur les ruines incas, la jungle plus bas, et meme sur le Macchu Pichu, scandaleusement approprie par Cusco alors qu'on s'y rend encore plus vite depuis ce cote ci des Andes. A Huancacalle, on rencontre l'excellent Freddy, qui joue un peu le role d'animateur local, et qui nous met les idees en place sur certaines choses comme l'education (les difficultes d'envoyer les gamins a l'ecole, mais surtout de leur faire poursuivre a l'universite, payante), la precarite de la vie dans les montagnes loin des villages, les conditions de vie des paysans les moins bien lotis...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, des italiens tres catholiques sont la, et ont construit une mission au village au dessus ; ils animent des cours parascolaires, un atelier de menuiserie, de tissage, et donnent des cours de foot. Ils accueillent meme les voyageurs de passage comme nous, au depart de la marche quasi mystique de 4 jours qui mene a Espiritu Pampa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Espiritu Pampa, la plaine des esprits, est le dernier refuge du dernier Inca rebelle a la couronne d'Espagne. Le site est perdu dans la foret de nuages, a peine deflore de sa vegetation, a 1400m d'altitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Huancacalle, il faut rejoindre un col puis plonger vers l'Est, dans un magma vert qui s'epaissit peu a peu, ou les especes vegetales se succedent progressivement, ou la temperature monte... Des bromeliacees epiphytes, des fougeres, des mousses, des lichens croissent dans les arbres, qui parfois lancent des lianes ou des racines pour mieux s'accrocher au sol. Et puis, on decouvre dans leur milieu naturel toutes ces plantes qu'on expose en pot chez nous comme les philodendrons, specialises dans l'escalade des troncs, les begonias en fleur, les oiseaux de paradis et tant d'autres qu'on ne sait pas nommer. Certaines fougeres arborescentes deploient leurs feuilles en palmiers tres haut au-dessus du sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La marche est principalement en descente, mais pas si facile. Certaines fois, on joue les montagnes russes pendant des heures, avec des remontees eprouvantes, parfois en plein cagnard... Car la foret vierge n'est pas toujours vierge, et on y pratique un peu la culture sur brulis (bananes, yucca, cafe, cacao, achiote). D'autres fois, on se fraye un chemin dans une vegetation moite, un sous bois de bambous et de lianes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premiere etape sur le chemin a Ututu, ou des villageois sont en train de finir un petit hospedaje en bambous. On y passe la nuit sous tente, et le maitre des lieux, Edwin, nous emmene faire un tour a proximite, pour nous montrer des vestiges Incas non encore defriches, qu'il a lui meme decouverts et c'est sans doute vrai !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le deuxieme soir, on se pose sur deux metres carres de terre battue a proximite d'un groupe de maisons rustiques habitees a demeure par deux familles de campesinos, dans un isolement reellement effrayant, au milieu de pentes raides et noyees dans une foret un peu agressive...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par endroits, la foret est vraiment bien vivante, avec des cris et des chants d'oiseaux. On a parfois l'impression qu'ils nous appellent ou alors qu'ils se foutent de nous. De temps en temps on arrive meme a les voir, souvent tres colores mais toujours sombres pour se fondre dans la vegetation ; perroquets, toucans, coq de roche, cacique, rapaces divers, passereaux encore plus divers, et encore cette espece de poule debile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fin du troisieme jour, un peu extenues par la chaleur et les montees descentes, on atteint les ruines, desertes. On y descend par deux bons milliers de marches d'un escalier ceremoniel. Une esplanade herbeuse ou se dressent des arbres gigantesques, des cris d'oiseaux qui s'enervent pour le soir. On rejoint le palais royal a travers un tunnel vert ; la derniere demeure de l'Inca est fort modeste, mais l'ambiance est rendue fantastique par la foret impitoyable, qui prend possession ou qui protege les pierres. Dommage que les systemes hydrauliques n'aient pas tenu le coup, car il n'y a pas d'eau et on se rabat sur le stade de foot de l'ecole a 30 mn de la pour dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut encore une grosse journee de marche pour rejoindre le premier gros village, Chuanquiri, ou on attrape par grande veine un camion qui descend sur Kiteni, la premiere petite ville d'un Perou qu'on ne connaissait pas encore (basse altitude, chaleur et torpeur, un peu une ville pionniere, c'est une base d'exploitation de gisements de gaz).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Kiteni, on passe quelques heures a se restaurer et a tergiverser sur la suite. Finalement, on attend jusqu'a 23h le bus qui amene a Ivochote, a 30km et 3 heures de la, terminus des transports terrestres avant la foret amazonienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'arrivee a 2h du matin est assez surrealiste ; comme la route s'arrete avant l'entree du village, au niveau d'un pont suspendu sur l'Urubamba, le bus fait demi tour, remonte cent metres, se gare et eteint toutes ses lumieres. Tout le monde reste dans le vehicule et le chauffeur nous conseille de dormir ! On sort quand meme du bus pour rejoindre un hotel, mais comme la plupart des gens repartent en pirogue vers 7h du matin, pour eux c'est plus economique de rester dans le vehicule !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on se promene autour d'Ivochote en admirant encore la vegetation, aussi bien dans les plantations que dans la foret primaire assez proche du village. Il faudra encore attendre une nuit pour qu'on puisse embarquer a bord d'une pirogue, belle embarcation longue de 10 metres et tres fine, a moteur hors-bord, qui se dirige "adentro" et meme jusqu'a Pucallpa !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y navigue environ 3 heures et c'est assez impressionnant car la riviere est loin d'etre sage, avec des sections en rapides. Sur un des passages delicats, le capitaine fait debarquer tout le monde, et on rejoint la "lancha" par la rive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On debarque apres le Pongo de Manique, une section en canyon particulierement turbulente, et particulierement spectaculaire avec grosses vagues et cascades en voile de toutes parts. Rolando, dont on avait eu contact a Kiteni par l'intermediaire du beau frere de la soeur de son neveu, nous accueille avec sa famille dans ce qu'on appelle ici la maison d'Abel Ugarte. Un batiment sommaire au milieu de plantations qui ont vecus des jours meilleurs, un peu d'herbe pour la tente, une source. Tres rustique, mais on y passe une journee et une nuit tres agreables. Rolando nous explique la foret vierge environnante, particulierement magnifique, nous montre une mare aux caimans (tres discrets, les caimans) au dessus de laquelle s'ebattent un groupe d'Hoazin, un gros oiseau vraiment etrange, aux cris cacophoniques, a la huppe ridicule, au vol maladroit, qui broute les arums geants d'un air inquiet. On croise aussi avec un peu d'apprehension un serpent de plusieurs metres (pas mechant selon Rolando), on trouve un nid d'engoulevent, on regarde couler le fleuve, on mange poisson sur poisson avec du yucca et du riz...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malheureusement, il se met a pleuvoir et le voyage de retour en pirogue est un peu terne ; on voyage a cote d'un poisson chat de 20kg, peu bavard. Puis retour a Quillabamba avec le bus le plus lent du monde, et retour vers la montagne, ce sera pour le post suivant !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-8764909833742480428?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/8764909833742480428/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=8764909833742480428' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/8764909833742480428'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/8764909833742480428'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/08/incursion-dans-la-jungle.html' title='Incursion dans la jungle'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-546674549322709465</id><published>2007-07-15T18:17:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:08:27.134-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cusco'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vallee Sacree'/><title type='text'>Ici et la autour del Cusco</title><content type='html'>Apres Cusco ( El Cusco, meme) et ses merveilles urbaines, ses bieres fabuleuses et l'ambiance torride du couvent des Dominicaines, il nous vient des envies de campagne, voire de montagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme mise en jambes, on s'en va faire un tour de deux jours depuis les terrasses Incas de Tipon, dediees au culte de l'eau et aux experiences agronomiques precolombiennes. Peu de monde visite le site, mais on est bien les seuls avec des sacs de 15 kg ! Il pluviote gentiment et on s'engage sur un chemin pave en escalier, agremente d'un canal au milieu, pour rejoindre&lt;br /&gt;via quelques villages le sommet sacre de Cusco (le Pachatusan).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pose un camp en pleine pampa vers 4100m, au milieu des colibris et des caracaras (cherchez un peu ce que ca peut etre). Toilette dans l'eau glacee d'un torrent, au coucher du soleil soit vers 17h30. Diner rapide de pates a la chinoise saveur crustaces (totale reussite apres le fiasco des pates 3 minutes a 4200m au geyser). Coucher rapide car ca caille, on enfile nos couches&lt;br /&gt;et on rentre dans nos duvets. Au matin, ca ne s'arrange pas, la pampa est recouverte de neige. On atteint bravement le sommet (pauvrement 4850m) dans le brouillard. On apercoit&lt;br /&gt;Cusco et son aeroport mais c'est tout... Redescente sur Huasco, dans la vallee, greve des bus,&lt;br /&gt;de fil en aiguille on trouve a partager un taxi avec deux hollandais et on rentre chez les soeurs sans encombres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, on se faufile entre les defiles de profs en greve jusqu'au depart des bus de&lt;br /&gt;Chinchero, un petit village tout mignon au dessus de Cusco. La, on apprend que c'est la greve,&lt;br /&gt;et de nouveau de fil en aiguille on trouve un taxi pas cher partage avec 4 peruviens, qui nous amene a bon port. Le village est magnifique, mais haut (3800m) et en pente...&lt;br /&gt;On se retrouve a partager l'apres midi d'un atelier de tissage, ou on nous montre les differentes etapes du travail, depuis le lavage de la laine a l'aide d'une racine specifique, jusqu'au tissage proprement dit, en passant par le filage et la teinture en bains de plantes, de cochenilles, de lichens... On reste camper a l'atelier (www.chinchero.com), on partage le diner, et on y revient regulierement les jours suivants ! Pendant les journees, promenades aux alentours, visites du village pose sur des murs incas de belles dimensions. L'eglise, et surtout l'interieur, est magnifique, integralement peint de toutes les couleurs et de toutes les fleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dimanche matin, c'est le grand marche, les vendeurs sont pares de leurs costumes locaux, et on se promene entre les stands de plantes aromatiques, de fruits et legumes, de chicha, et&lt;br /&gt;d'artisanat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apres le marche, on prend un bus vers Maras (se acabo el paro), un petit village un peu endormi qui ne profite pas autant que Chinchero du tourisme, malgre la proximite de force ruines et sites&lt;br /&gt;naturels. On descend a pied, toujours avec nos 15 kg sur le dos, a travers une allee d'agaves et sous l'oeil de glaciers toujours un peu dans les nuages, vers les salineras. Une source chaude et salee est ici exploitee depuis plus de 700 ans ; elle alimente une myriade de petites bassins tailles dans la pente. Tout est blanc, avec des nuances ocres, vertes, roses, bleues, et des canaux drapes d'etranges concretions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu la pente, on y travaille a la main, et parfois pieds nus, mais il y a peu de travailleurs pour cause de repos dominical. Redescente vers le rio Urubamba, large et paisible, dont un bras mort est rempli de bouteilles en plastique. On rejoint la route, on hele un bus et on arrive dans le tres charmant village d'Ollantaytambo, a moins de 3000m et donc avec une temperature nocturne decente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des ruines Incas, terrasses, maisons et temples, surplombent le village, qui a lui meme garde&lt;br /&gt;la structure, les murs, les portes trapezoidales d'avant la conquete...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-546674549322709465?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/546674549322709465/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=546674549322709465' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/546674549322709465'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/546674549322709465'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/07/ici-et-la-autour-del-cusco.html' title='Ici et la autour del Cusco'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-7328332553425067623</id><published>2007-07-08T19:31:00.001-07:00</published><updated>2007-09-12T09:09:06.595-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cusco'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vallee Sacree'/><title type='text'>Dans la cite des Incas</title><content type='html'>Apres l'experience des villages de montagne (ou on a eu tres nettement le sentiment que les personnes qui y vivaient y etaient vraiment bien, particulierement heureux), on retrouve la ville, le bruit, les moteurs de taxis et les mouvements sociaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces derniers nous perturbent un peu le voyage vers Cusco. Les riverains d'une mine entre Puno et Cusco protestent contre les rejets de l'ouvrage et donc ils bloquent la route (on pourrait en prendre de la graine). Il est prevu aussi que les mineurs eux-memes incessamment se mettent en greve et bloquent eux aussi la route. Mais on decroche un ticket de bus qui passe par un chemin detourne, et en fait plus direct et a priori pas affecte par les barrages, et en route ! Au milieu du desert, un autre barrage est toutefois en train d'etre mis en place ; le chauffeur vire a droite comme un fou, a la barbe des grevistes qui accourent en rigolant, et on s'enfuit par un autre chemin de traverse. On en klaxonne de joie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrives a Cusco sans trop de retard finalement (2 h sur 9 h prevues), ce sont ici les professeurs qui sont en greve ; mais ils nous laissent rentrer en ville. Cusco, c'est il parait une des plus belles villes d'Amerique du Sud (et donc d'Amerique), une ville chic et bourgeoise dans son grand centre, bien nettoyee et bien fliquee, avec des touristes qui debordent de partout, et notamment les israeliens, qu'on n'avait pas encore croises jusqu'ici. L'ambiance est pourtant tres agreable, la ville degage une atmosphere detendue, assez branchouille, vaguement baba, un poil rasta, tres cosmopolite en tout cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se promene dans les rues bordees de maisons blanches en adobe, dont les premiers metres de murs sont souvent empruntes aux constructions incas : de fantastiques murs de pierres qui s'ajustent au milimetre, parfois carrees, mais parfois trapezoidales, parfois plus compliquees avec une dizaine de faces ou plus encore. De nombreuses eglises, qui rivalisent de grandeur, une immense Plaza qui fut plus immense encore, des rues pavees peuplees de taxis et de combis fumants, et quand on prend de la hauteur, on voit la ville qui gravit les pentes tout en couleurs surtout du bleu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les escapades aux alentours sont faciles : un coup de minibus nous amene a Pisac, un petit village colonial sur plans Incas, au bord du mythique rio Urubamba, au dessus duquel on s'eleve pour rejoindre les ruines incas de ce qui fut une forteresse, avec des terrasses impressionnantes, qui donnent le vertige tellement leur dessin est regulier et repetitif. Seules celles du bas, qui semblent representer deux seins au bord du rio, tranchent avec cette rigueur mathematique. Plus les monuments approchent les elites de la societe inca, plus leur construction est precise, malgre l'enormite des blocs de pierre utilises. On suit une partie de la visite avec un groupe d'apprentis guides en exercice et examen, avec professeurs. Il y a pas mal de touristes, vrais et faux gringos, mais aussi pas mal de peruviens, et beaucoup de cusqueños en couple car c'est samedi, et ils roucoulent derriere les pierres en attendant la soiree.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dimanche, c'est carrement la fete a la campagne ! Les sites incas sont non seulement de hauts lieux touristiques, mais aussi de grands jardins publics, tres vivants, ou on se retrouve en famille pour un pique nique, pour jouer au foot, dans une ambiance assez hilare. On randonne depuis Tambo Machay, bain ceremonial et site de repos de l'Inca jusque Saqsayhuaman, qui jouxte Cusco, un site impressionnant avec d'enormes murailles faites comme des milliers de menhirs juxtaposes, qui s'emboitent au milimetre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On traverse l'auberge defensive ou se restauraient les guerriers de l'Inca, un village ou tout le monde est reuni autour d'un match de foot, un temple de la lune avec une grotte toute polie et un autel dedie a la Pachamama qui s'eclaire a la lune certaines nuits d'aout, un temple du singe sans singe, un observatoire des equinoxes, pour arriver a un grand Christ tout blanc, replique de celui de Rio.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fait, hier c'etait la fete car le Macchu Picchu a ete declare par on ne sait qui la 4eme merveille du monde moderne. Tout le monde etait mobilise a fond par ici, vous suiviez le debat aussi ? Et ce soir c'est la deconfiture, defaite 4 a zero au moins contre l'Argentine... Ca va ca vient !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-7328332553425067623?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/7328332553425067623/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=7328332553425067623' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7328332553425067623'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/7328332553425067623'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/07/dans-la-cite-des-incas.html' title='Dans la cite des Incas'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-1658055895661458977</id><published>2007-07-03T18:52:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:09:49.454-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Colca'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Arequipa'/><title type='text'>de la vallee des canyons a la vallee des volcans</title><content type='html'>On est tout emus d'avoir vu un documentaire sur Francois Truffaut projete a Arequipa ou on est rentres ce matin apres une nuit eprouvante de bus. Le bus en question nous ramenait d'Andagua, un village un peu paume, certains diraient sinistre, mais quand meme bien chouette avec ses terrasses cultivees et ses cones de vieux volcans, avec au centre de certains crateres des offrandes a la Pachamama et des viscaches, ses canaux d'irrigation et ses coulees de lave dans lesquelles on trouve des ruines preincas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a fini la une jolie traversee de 5 jours, depuis Cabanaconde en descendant au fond du canyon du Colca, puis en remontant jusqu'a un col a 5100 m. La remontee etait un peu rude, au fond d'une gorge ensoleillee et chaude, sur un semblant de chemin fort caillouteux, qu'il faut retaper tous les ans a la fin de la saison des pluies. En passant, on a pu constater qu'ils ambitionnent d'y faire passer une route (les travaux avaient commence, a la pelle, a la pioche et au juge, de l'autre cote d'un pont suspendu), ce qui parait hallucinant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, on campe sur un terrain de foot a Choco ou l'accueil est si froid qu'on n'ose meme pas demander un repas chaud. Sinon c'est a proximite d'une maison, apres avoir demande la permission. C'est la qu'on rencontre le plus les gens, avec notamment la famille de Flora, une jeune fille qui vit a Miña une partie de l'annee avec ses parents, et qui etudie a Arequipa le reste du temps. On echange des cadeaux, des adresses, et on part a l'assaut de la montagne. On pensait faire une etape gentille de 4-5h pour un bivouac vers 4400m, mais en fait on a enchaine une grosse journee, 1500m de denivele et le fameux col tout d'un coup. C'est que le bivouac en question etait plus ou moins occupe par des vachers de Choco en qui on avait moyennement confiance. Du coup on a bivouaque de l'autre cote du col, parmi les lamas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe aussi au village de Chachas, ou on a droit a un terrain de jeu avec une vue magnifique de chaque cote, sur le village un peu enfume le matin, sur une lagune bloquee par une enorme coulee de lave figee.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans tous ces villages, la ferveur religieuse parait moins debridee que dans les grandes ciudades : les eglises sont fermees a double tour, et celle de Choco tombe carrement en ruines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ces cinq jours, on a l'impression d'avoir bien amuse les gens qui nous voyaient passer avec nos gros sacs.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-1658055895661458977?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/1658055895661458977/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=1658055895661458977' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1658055895661458977'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1658055895661458977'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/07/de-la-vallee-des-canyons-la-vallee-des.html' title='de la vallee des canyons a la vallee des volcans'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-1737389510761360637</id><published>2007-06-26T15:24:00.001-07:00</published><updated>2007-09-12T09:10:18.520-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Colca'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Arequipa'/><title type='text'>A pied dans les canyons</title><content type='html'>Nous voici arrives a Cabanaconde dans la vallee du rio Colca, soi disant le plus profond canyon de l'univers.On revient d'un trek de 3 jours a jouer au yoyo entre le fond des rios (2000 m) aux parois tres seches et roses ou jaunes et les villages alentour (jusqu'a 2800 m), seulement accessibles via des sentiers muletiers. La vegetation est luxuriante sur l'ubac, avec plethorede yuccas aux fleurs vert emeraude, des tumbe sans feuilles et parfois avec des fruits bizarres a la chair epaisse et aqueuse, au gout de papaye, des agaves, en fleur aussi et puis dans les endroits plus secs toutes sortes de cactus, des raquettes (les tuna ou...figuiers de barbarie) sur lesquelles sont elevees des colonies de grosses cochenilles blanches et velues, vendues cher pour teindre les tissus en un joli violet bordeaux, des candelabres, des cactus arborescents qui deviennent ligneux avec l'age.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a aussi des acacias, et toutes sortes d'arbustes dont les fleurs paraissent exactement taillees pour les colibris, avec une corolle tres longue pour sucer le nectar. Des lupins mauve embaument et de temps en temps, des eucalyptus, qui paraissent un peu exotiques ici. La region est assez peuplee, malgre son isolement ; pas de route, tout se fait en mules, et a coup de journees de marche. On va de village en village, tous construits d'adobe (mais avec des toits en tole). On s'arrete un soir a Llatica, ou on rencontre Benilda et sa famille ; elle nous propose le couvert, et c'est exquis. Puis on va poser la tente juste en dessous du village au bord du rio.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, arret du soir a l'oasis de Sangalle. Pendant le repas, une enorme etoile filante dechire le ciel ; on croit la fin du monde imminente, mais en fait on nous explique que ca arrive de temps en temps. Le dueño se met alors a nous raconter toute une histoire ou les meteorites sont censees tomber dans la mer, meme si des fois elles s'ecrasent sur des maisons, il nous fait un long rappel de l'histoire du Perou, et disserte sur le progres et la nature... On apprend a la fin quelques mots de Quechua, mais c'est bien trop difficile pour qu'on retienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les jours precedents, on a passe d'agreables journees a Chivay, a effleurer les 4500 m, avec des animaux nouveaux, les viscaches, sortes de lievres a longue queue souvent enroulee, aux postures de marmottes et des hardes de cerfs beige clair, qui fuient dans les falaises a notre approche. On decouvre aussi la yarela, cette mousse rigide dure comme du beton, qui pousse en motte parfois enorme, aux petites fleurs jaunes, et qui sert comme combustible accessoirement. Les arbres des altitudes sont les queñuales, aux troncs rouge et tortueux, mais ils sont menaces car eux aussi servent pour la cuisine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On croise aussi des tombes pre incas avec de vrais cranes dedans, on se baigne dans des eaux thermales au coucher du soleil, on discute avec Alberto le bedeau en ecoutant de la musique live a la fete de Chivay, ou des petites filles chantent et dansent des morceaux de folk local quand l'animateur qui rrroule les rrr leur laisse acceder au micro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis on decouvre la montagne la nuit, avec un vrai bivouac sous tente a 4200m direct, a deux pas d'un geyser et de marmites de boue. Le soir, un condor tourne juste au dessus de nous, au cas ou. Quand le soleil se couche, la temperature descend tout d'un coup de 20 degres. 5 minutes apres le coucher du soleil, AJ se tapit dans la tente sous ses edredons, a attendre que passe le soroche, et J concocte le repas le plus infame du monde, a base de pates pas cuites et toutes collees entre elles, sans sel. Ca doit etre l'altitude que les pates ne supportent pas...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, la nuit il gele bien dehors, mais pas dedans. Le lendemain, balade pour flirter avec les 5000m, mais sans carte ni altimetre, on ne peut pas vraiment le valider. On retrouve yarela, viscaches, cerfs et condors. Les montagnes sont rouge volcan, on marche comme sur la lune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain on s'en retourne pour 8 jours dans la nature, on vous racontera !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-1737389510761360637?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/1737389510761360637/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=1737389510761360637' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1737389510761360637'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/1737389510761360637'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/06/pied-dans-les-canyons.html' title='A pied dans les canyons'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-4363877734365142259</id><published>2007-06-19T19:35:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:10:53.878-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Colca'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Arequipa'/><title type='text'>Enfin a la montagne !</title><content type='html'>Ca y est, on est dans les immenses andes, arrives a Chivay, 3700 m, ou demain ce sera la fete du village toute la journee et toute la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depart ce matin d'Arequipa, dans un vieux bus clinquant avec les sieges bien moelleux, sans audio ni video et les paysages arides qui defilent. On est les seuls gringos du bus !! Le bus traverse la banlieue un peu bidonville d'Arequipa, tres loin desquartiers coloniaux du centre. La ville (1 million d'habitants) s'etend au pied des montagnes du volcan Misti et du "6000 m" Chachani, dans un univers hyper aride (meme pas un cactus!), ingrat et poussiereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, c'est l'Altiplano avec ses touffes d'herbes seches, ses vigognes blanc caramel aupres des points d'eau.De temps en temps, le bus s'arrete pour prendre ou deposer quelqu'un au milieu de ce qui pour nous est nulle part.Souvent, des femmes a la peau tannee et aux robes rondes colorees et archi brodees. A 4000 m, l'une d'entre elles en tongues, accompagnee d'un homme et d'un enfant, s'engage en boitant sur une piste dans le grand vent et le grand desert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A chaque arret, le bus en profite pour couler une bielle jusqu'a une ultime pause a 4800 m. La, les passagers s'impatientent, tapent aux vitres, alors que le conducteur repare tranquillement les mains au fond du moteur. Miraculeusement, le bus redemarre et plonge sur Chivay, village tranquille et rural, avec du vert et des petits oiseaux !!! au bord du canyon du Colca.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait un tour a pied, 150 m de denivelee tout essoufles au coucher du soleil. Ce soir, a Chivay, concours de chants et nuit glaciale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Flash Back juste pour dire 2 mots d'Arequipa (2300 m) ou on a passe les nuits du 17 et du 18 juin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'un des coeurs de la ville est comme a Lima la Plaza de Armas, tres arboree et frequentee en permanence. Beaucoup d'architecture coloniale ici, en gros blocs de sillar (lave de tuf), blanc le plus souvent, rose parfois, pour des eglises, beaucoup, des monasteres, et quelques demeures qui ont plus ou moins survecu aux tremblements de terre. Beaucoup ont ete renoves recemment. On voit quand meme tres nettement ou finit la ville touristique ; tres vite, en quittant les monuments et les restaurants expres, les agences de voyage... Au dela, plusieurs rues concentrent les echoppes, les marchands ambulants, les ptits restaus cantine, et des milliers de tacos, les taxis tous les memes, comme une demi twingo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit, ca n'a pas l'air d'etre l'eclatte, on a un peu l'impression que c'est plus la messe que le troquet qui rythme la vie, par ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur une des rues du centre, un petit camion stationne, ce sont des patagoniens qui veulent rejoindre Mexico... Ils ont besoin de carburant, alors ils font des photos promotionnelles du Perou affichees sur la caisse, des expos ici ou la, et draguent l'administration qui adore ca !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sent ici beaucoup plus que dans les quartiers limeños ou on a traine la presence des gringos... les tarifs augmentent, des plats "continentaux" sont servis, notamment les petits dej. On a meme bu du vrai cafe alors qu'a Lima c'etait ou une etrange solution concentree a diluer dans de l'eau chaude, ou bien du nescafe. On arpente les cuadras tranquillement sans s'evader trop loin du centre car on est un peu fatigue, sutout AJ qui n'a d'ailleurs plus faim du tout. Il y a des petits jardins avec des droles d'arbres qui font tomber des grappes de breloques sechees. Les eglises sont tres differentes de celles de Lima, beaucoup plus sobres, et les voutes revetues de briques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le clou des visites est celle du monastere de Sta Catalina (Ste Catherine de Sienne), qui forme une petite ville dans la ville, et abrite encore une vingtaine de nonnes.On se perd dans ses ruelles, dans ses salles, dans ses cloitres, dans ses cuisines, et on passe de suite en suite (car ces soeurs avaient des suites, des servantes et meme des invites a une certaine epoque) ; l'eveque de Cusco est venu mettre de l'ordre, sans completement y arriver... Beaucoup de murs du monastere sont repeints en bleu profond et en orange mode comme nos polaires, ce qui donne des contrasteschoc mais un peu toc. On entend quand meme un francais dire qu'il a pris plein de photos des murs colores pour suggerer a l'Abbaye de Hautecombe de faire pareil...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois villes trois monasteres, on va faire une pause et on ne rentrera plus que dans des ruines precolombiennes !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-4363877734365142259?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/4363877734365142259/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=4363877734365142259' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4363877734365142259'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4363877734365142259'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/06/enfin-la-montagne.html' title='Enfin a la montagne !'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-3451176497440103616</id><published>2007-06-15T19:06:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:11:18.859-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lima'/><title type='text'>Lima le jour</title><content type='html'>Lima est-elle une escale gastronomique ?&lt;br /&gt;Lima serait-elle moins invivable qu'on le croyait avant d'y atterrir?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l'instant, les Limeños rencontres sont bien plus gentils que les madrileños, et ce n'est pas peu dire... excepte quelques individus louches sortant d'une voiture cabossee et noire. A notre grande surprise, ce n'est pas la cite grouillante qu'on attendait. Immense, peu dense, fliquee, mais on y respire !&lt;br /&gt;&lt;u&gt;&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;On passe quelques heures avec Isabel, une amie de Zarella, notre voisine de St Jeoire. Elle nous montre la releve de la garde presidentielle sur la Plaza de armas, avec une fanfare militaire incroyable, en uniforme du XIXeme, qui joue entre autres des standards gipsy.&lt;br /&gt;Miracle, la lourde brume humide qui nous collait de partout depuis le matin, et qui est la norme ici en hiver, s'est dissipee. Un grand ciel bleu se devoile, et les montagnes au loin se decouvrent. Il fait trop bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'ermita San Francisco, encore habite par 25 Franciscains, on a l'impression d'etre revenu a Madrid, au monastere des Descalzos. Normal, c'est le meme ordre ! Meme ambiance baroque et assez chargee en oeuvres d'art. Memes magnifiques azulejos. Meme patio, mais ici avec d'enormes avocatiers et un curieux arbre au tronc herisse d'epines avec des ballons de rugby qui pendouillent (un tumbe ?). Ici l'espace visitable est bien plus grand et labyrinthique et il y a des catacombes remplis d'os disposes esthetiquement, en cercles, en rangs serres, par type, les femurs avec les femurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sortant, premier dejeuner luxueux au "Machu Pichu" : ceviche (la specialite du bord de mer au Perou, poisson cru marine dans du jus de citron avec des epices, l'ensemble du jus c'est le leche de tigre, souverain contre les cuites), et Chicharon de camarones pour AJ (beignets de calamars, en quelque sorte).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arpente donc Lima assez agreablement, les mains serrees sur le portefeuille en kangourou pour Gero. Des constructions basses (tremblements de terre obligent), des balcons de bois, de vieilles demeures coloniales qui ont tenu le choc, cotoient des cubes de beton plus neufs. Des galeries de petites echoppes, des coups de klaxon, et les Limeños qui marchent, discutent, se signent devant les eglises ou ils prient abondamment a toute heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La visite d'un musee (prive, cher) d'art precolombien est un pretexte a une viree en collectivo. Impossible de savoir quel bus va ou. Alors on demande de l'aide et un hombre, charmant, nous arrete le bon. Evidemment, les bus se tirent la bourre, deboitent, pilent, redemarrent, le moteur appuye par de grands coups de klaxons et les appels des receveurs qui informent sur les destinations. Le musee Larco, abrite dans un joli jardin de bougainvillees ou viennent laper les colibris, est exceptionnel. On voit l'evolution de l'art ceramique a travers les ages peruviens, avec les melanges entre les differents styles, les innovations. Une expo temporaire accueille une collection de bijoux et de masques funeraires scintillants, en or le plus souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;18h, la nuit tombe, il est temps de prendre le bus pour Arequipa (14h de voyage de nuit si tout va bien).&lt;br /&gt;On n'aura meme pas pris le temps d'aller deguster le famoso Pisco Sour de l'Hotel Bolivar, ni de visiter le quartier branche de Miraflores.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-3451176497440103616?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/3451176497440103616/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=3451176497440103616' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/3451176497440103616'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/3451176497440103616'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/06/lima-le-jour.html' title='Lima le jour'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-842586934920307917</id><published>2007-06-14T19:15:00.000-07:00</published><updated>2007-09-12T09:11:41.661-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Perou'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lima'/><title type='text'>Depuis Lima</title><content type='html'>Ca y est, on a change de continent, et face a l'impatience de Jean Marc, on se prepare a faire fonctionner le blog !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est quand meme notre troisieme pays etranger de la semaine apres la Suisse et l'Espagne ; de mauvaises langues pourraient meme dire le quatrieme avec la Corse. C'est toujours un bonheur de discuter gaiement avec les douaniers, toujours tres affables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fait une temperature agreable, dans les 15 degres. On a meme sorti les polaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois les 12 h de vol tres ensoleillees passees tres agreablement comme au cinema, on recupere les bagages apres une attente moderee. On sent quand meme une certaine apprehension des voyageurs autour du tapis roulant et les adresses et "nombres" sont ecrits en grand sur les bagages des Peruviens. La prochaine fois on fera pareil...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dehors, il fait nuit ; il est 19 h...les tropiques. On rentre dans le coeur de la ville avec un taxi envoye par l hotel, la voiture verrouillee. L'ambiance autour de l'aeroport est un peu louche, mais on est drives en toute confiance !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A chaque jour suffit sa peine. On ose quand meme quelques pas dans les cuadras autour de l'hotel. Le standing ici est bien meilleur qu'a Madrid : une jolie chambre tres haute de plafond avec une fenetre suspendue qui ouvre sur la terrasse, dans une vieille demeure du vieux Lima du nouveau continent, aux espaces ouverts, avec des petits patios fleuris de geraniums.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J monte la garde, AJ s'endort, tout va bien.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-842586934920307917?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/842586934920307917/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=842586934920307917' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/842586934920307917'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/842586934920307917'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/06/depuis-lima.html' title='Depuis Lima'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6680831702741886134.post-4109992829746383673</id><published>2007-04-15T09:16:00.000-07:00</published><updated>2007-04-15T09:18:44.939-07:00</updated><title type='text'>Création</title><content type='html'>Aujourd'hui c'est le 15 avril et Jean-Marc, qui vient de nous créer un blog nous dit que ce n'est même pas la peine d'y mettre la date sur le message.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6680831702741886134-4109992829746383673?l=toutaupif.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://toutaupif.blogspot.com/feeds/4109992829746383673/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6680831702741886134&amp;postID=4109992829746383673' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4109992829746383673'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6680831702741886134/posts/default/4109992829746383673'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://toutaupif.blogspot.com/2007/04/cration.html' title='Création'/><author><name>jaj</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12687227427137355564</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry></feed>
